28/05/2026
Swimming Biomechanics.
This is a translation but doesnât loose the gist of it. It is important for us all to know.
There are certain conditions for dogs where swimming is contra-indicated for eg. lumbar sacral disease, spondylitis and others mentioned in the article.
Swimming is an open kinetic movement and causes instability where we would like to protect stability for compromised dogs.
The article contains a wealth of information and is well referenced and researched. Worth spending your time to read and digest.
On mâa demandĂ© de rĂ©agir Ă une publication concernant la nage canine.
Et finalement, ce que je retiens de cette publication, câest surtout une idĂ©e intĂ©ressante : la nage nâest pas toujours la meilleure façon de muscler un chien. Dans certains cas, elle peut mĂȘme renforcer certaines stratĂ©gies compensatoires dĂ©jĂ prĂ©sentes.
Pour le coup⊠oui, câest vrai.
La nage nâest pas un exercice anodin. Dans certaines problĂ©matiques de tendinites de lâĂ©paule, de douleurs de lâavant-main ou lors des phases inflammatoires et de cicatrisation, la nage peut ĂȘtre dĂ©conseillĂ©e car elle augmente les contraintes sur des structures dĂ©jĂ fragilisĂ©es. Le problĂšme nâest donc pas la nage en elle-mĂȘme, mais plutĂŽt le fait de proposer cette activitĂ© sans rĂ©elle connaissance de lâĂ©tat locomoteur du chien au moment oĂč il entre dans lâeau.
Et câest loin dâĂȘtre simple, car le chien est une vĂ©ritable machine Ă compenser. GrĂące Ă sa quadrupĂ©die, il peut redistribuer les contraintes entre les membres, mais aussi Ă travers le dos et les chaĂźnes abdominales. Une locomotion qui paraĂźt fluide pour un Ćil non averti peut parfois ĂȘtre fortement compensatoire lorsquâon lâanalyse plus finement.
Câest un peu comme commencer une sortie Ă vĂ©lo avec une roue lĂ©gĂšrement voilĂ©e. Au dĂ©part, cela semble fonctionner normalement. Puis, avec les kilomĂštres, le poids, les irrĂ©gularitĂ©s du terrain et la rĂ©pĂ©tition des contraintes, lâensemble du systĂšme finit progressivement par se dĂ©sorganiser.
La nage canine induit effectivement un patron locomoteur trĂšs diffĂ©rent de la locomotion terrestre. Contrairement au trot ou Ă la marche, le chien Ă©volue dans un environnement non portant, sans vĂ©ritable phase dâappui stable et sans forces de rĂ©action du sol. La propulsion ne repose plus sur un contact avec le substrat, mais sur des mĂ©canismes hydrodynamiques spĂ©cifiques parfois dĂ©crits dans la littĂ©rature comme un âdog paddleâ.
Cette diffĂ©rence de locomotion entraĂźne des adaptations biomĂ©caniques importantes. Plusieurs Ă©tudes montrent une augmentation significative des amplitudes articulaires pendant la nage, notamment au niveau du carpe et du tarse. Dans lâĂ©tude de OâRourke et Wills (2021), le range of motion (ROM) du carpe augmente significativement pendant la nage comparativement au trot terrestre, principalement en raison dâune augmentation de la flexion articulaire.
Par exemple, le ROM du carpe passe dâenviron 115° au trot Ă plus de 136° pendant la nage, tandis que celui du tarse passe dâenviron 59° Ă plus de 90°.
Les auteurs soulignent Ă©galement que la nage ne reproduit pas simplement une locomotion terrestre âallĂ©gĂ©eâ, mais bien un patron moteur spĂ©cifique au milieu aquatique.
Ces donnĂ©es permettent donc dâaffirmer que la nage nâest pas biomĂ©caniquement neutre. Elle modifie les amplitudes articulaires, les coordinations locomotrices, les stratĂ©gies de propulsion, les contraintes musculaires ainsi que les mĂ©canismes de stabilisation.
Cependant, il est essentiel de rappeler quâune adaptation biomĂ©canique nâest pas automatiquement synonyme de lĂ©sion ou de mĂ©canisme pathologique. Câest probablement ici que certaines communications grand public vont plus loin que ce que les donnĂ©es scientifiques permettent rĂ©ellement dâaffirmer.
à ce jour, aucune étude ne démontre que la nage :
âdĂ©grade les schĂ©mas moteursâ ;
âcrĂ©e des compensationsâ chez tous les chiens ;
âabĂźme les Ă©paulesâ ;
âamplifie systĂ©matiquement les dĂ©sĂ©quilibresâ.
En revanche, certaines hypothÚses biomécaniques paraissent tout à fait plausibles. Les amplitudes articulaires importantes observées pendant la nage pourraient devenir problématiques chez certains chiens présentant déjà une instabilité articulaire, une douleur, une faiblesse musculaire, un déficit de contrÎle moteur ou une récupération post-chirurgicale précoce.
Les auteurs Ă©voquent mĂȘme lâhypothĂšse selon laquelle certains chiens pourraient atteindre pendant la nage des amplitudes dites âsupraphysiologiquesâ, câest-Ă -dire supĂ©rieures Ă celles rencontrĂ©es lors des locomotions terrestres habituelles.
Cela ne signifie pas que la nage soit délétÚre par nature. Cela signifie surtout que ses effets dépendent fortement du contexte clinique et du chien concerné.
Un autre point intĂ©ressant concerne la posture du chien dans lâeau. Certaines publications grand public affirment que le chien âcreuse le dosâ pour maintenir sa tĂȘte hors de lâeau. Pourtant, la littĂ©rature scientifique actuelle ne dĂ©montre pas lâexistence dâune hyperlordose thoraco-lombaire systĂ©matique pendant la nage. Bien que certains chiens prĂ©sentent effectivement une augmentation visible de lâextension cervicale, les adaptations posturales semblent surtout dĂ©pendre de lâindividu, de sa technique de nage, de son niveau de stress et de sa qualitĂ© locomotrice.
Câest dâailleurs dans ce contexte que le gilet de flottaison peut avoir un rĂ©el intĂ©rĂȘt, notamment chez les chiens nageant rĂ©guliĂšrement, les chiens peu efficaces dans lâeau ou les mauvais nageurs. Mais au-delĂ du matĂ©riel, la vĂ©ritable clĂ© reste surtout le thĂ©rapeute prĂ©sent avec le chien. La qualitĂ© de lâaccompagnement, lâobservation du mouvement, la gestion de la fatigue et le contrĂŽle des compensations sont probablement bien plus importants que lâactivitĂ© elle-mĂȘme.
Finalement, la vraie question nâest probablement pas de savoir si la nage est âbonneâ ou âmauvaiseâ, mais plutĂŽt de comprendre quâil sâagit dâun outil biomĂ©canique complexe. Comme tout exercice, elle peut ĂȘtre pertinente dans certains contextes et inadaptĂ©e dans dâautres. Ce nâest donc pas lâeau qui est problĂ©matique, mais lâabsence dâĂ©valuation individuelle, de contrĂŽle du mouvement et de rĂ©flexion clinique autour de son utilisation.
Mais finalement⊠nâest-ce pas le cas pour toute activitĂ© physique ?
La vraie diffĂ©rence est probablement que la nage est extrĂȘmement accessible et souvent perçue comme naturellement bĂ©nĂ©fique. Beaucoup de propriĂ©taires voient leur chien aimer lâeau, se dĂ©penser et rentrer fatiguĂ©, ce qui donne rapidement lâimpression dâun exercice idĂ©al et sans risque.
Pourtant, dans la pratique, le problĂšme nâest souvent pas lâactivitĂ© elle-mĂȘme, mais la maniĂšre dont elle est introduite. Je retrouve dâailleurs exactement les mĂȘmes problĂ©matiques chez des chiens qui dĂ©butent le frisbee, lâagility ou certaines activitĂ©s sportives intensives sans prĂ©paration physique ni encadrement adaptĂ©s.
Le chien a cette capacitĂ© impressionnante Ă compenser, Ă continuer malgrĂ© lâinconfort et Ă masquer longtemps certaines difficultĂ©s locomotrices. Et souvent, câest lâhumain qui dĂ©cide du jour au lendemain que son chien devient un athlĂšte, sans rĂ©elle progression, sans conditionnement prĂ©alable et sans rĂ©flexion sur les capacitĂ©s physiques rĂ©elles de lâanimal.
Ă lâinverse, lorsquâun humain dĂ©marre un sport, il accepte gĂ©nĂ©ralement lâidĂ©e dâune prĂ©paration progressive, dâun apprentissage technique, dâun renforcement musculaire et parfois mĂȘme dâun suivi mĂ©dical. Chez le chien, cette logique est encore trop souvent oubliĂ©e.
La nage nâĂ©chappe donc pas Ă cette rĂšgle. Bien utilisĂ©e, rĂ©flĂ©chie et adaptĂ©e au chien concernĂ©, elle peut ĂȘtre un outil intĂ©ressant. UtilisĂ©e sans Ă©valuation, sans progressivitĂ© ou sur un chien dĂ©jĂ en difficultĂ© locomotrice, elle peut au contraire participer au maintien de certaines compensations dĂ©jĂ prĂ©sentes. Logique n'est il pas ?
Sources :
OâRourke S., Wills A.P. (2021). âA comparison of stride parameters and carpal and tarsal joint angles during terrestrial and swimming locomotion in domestic dogs.â Comparative Exercise Physiology, 17(5), 447â455.
Bliss M., Terry J., de Godoy R.F. (2022). âLimbs kinematics of dogs exercising at different water levels on the underwater treadmill.â Veterinary Medicine and Science, 8, 2374â2381.
Fish F.E., DiNenno N.K., Trail J. (2020). âThe dog paddle: stereotypic swimming gait pattern in different dog breeds.â The Anatomical Record.
Marsolais G.S., McLean S., Derrick T., Conzemius M.G. (2003). âKinematic analysis of the hind limb during swimming and walking in healthy dogs and dogs with surgically corrected cranial cruciate ligament rupture.â Journal of the American Veterinary Medical Association, 222(6), 739â743.