01/12/2021
Trois ans de soins pour cette trotteuse dans le but de devenir mère...
Cette jument est arrivée à la clinique en 2018 pour une plaie profonde avec section complète des deux tendons fléchisseurs du membre postérieur gauche. Cette blessure grave survenue à l'entraînement a condamné sa carrière de course, pourtant
très prometteuse. Cela aurait pu aussi lui coûter la vie car de tels soins sont très lourds à mettre en œuvre et nécessitent une patience sur le long terme. La prise en charge de cette plaie a représenté un vrai challenge pour l'équipe vétérinaire qui a dû faire face à la fois à l'infection liée à une telle lacération mais aussi à la faiblesse de ce membre tout à coup dépourvu de son système de soutien tendineux.
La jument a donc été plâtrée afin de permettre un appui correct et sans douleur ainsi que de maintenir un axe physiologique au membre. Pour continuer à soigner la plaie et maîtriser l'infection,
incompatible avec toute cicatrisation, le plâtre a été ouvert et refermé chaque jour. Il a finalement fallu plusieurs mois pour que les abords tendineux se rejoignent et que la peau se referme en un épais tissu fibreux.
Ce succès n'a été que temporaire puisque la cicatrisation tendineuse a continué sa progression et amené une rétraction tendineuse, au début légère : des ferrures orthopédiques et des
manipulations mécaniques ont su contenir un temps cette rétraction tendineuse qui gagnait cependant du terrain de jour en jour. Malgré tous les soins la jument s'est retrouvée en position de
flexion permanente, appui en pince, incompatible avec une vie normale. Il a été donc décidé, à plus d'un an de soins, de procéder à une chirurgie invasive consistant à sectionner les tendons devenus trop courts et à fixer le boulet dans une position d'extension permanente (arthrodèse). Placée sous plâtre à nouveau, la jument a entamé une nouvelle période de cicatrisation tendineuse, osseuse, ligamentaire et cutanée qui a duré à nouveau huit mois.
Désormais solide sur ses tendons (dont la cicatrisation a été suivie régulièrement par échographie) et sur son boulet (dont la fusion osseuse a été suivie régulièrement par radiographie), la jument a entamé une période de rééducation douce et progressive qui consiste à lui enlever son plâtre plusieurs heures par jour afin de réhabituer ce membre à prendre un appui confortable dans sa
nouvelle forme. Les premières étapes se sont bien déroulées : elle est aujourd'hui à l'aise sur ce membre et poursuit tranquillement sa future sortie au champ vers sa carrière de reproductrice.