17/02/2026
Oh oui, vivement les beaux jours.... ☀️
Être gérant d’écurie, ce n’est pas seulement nourrir, sortir et rentrer des chevaux. C’est surtout décider, chaque jour, dans des conditions parfois intenables, de ce qui semble être le moins mauvais choix.
Depuis plus d’un mois, la pluie ne nous laisse aucun répit. Des terrains détrempés, des chemins impraticables, des carrières gorgées d’eau, parfois même dangereuses pour le travail. Et malgré tout, il faut continuer. Observer, réfléchir, trancher.
Sur le papier, le bien-être animal est clair : un cheval dehors, qui marche, qui bouge, c’est mieux. Et en temps normal, on est tous d’accord là-dessus.
Mais quand cela fait un mois et demi qu’ils ont les pieds dans la boue, qu’ils ne mangent même plus le foin à disposition, qu’ils restent immobiles sous la pluie, le dos contracté, les muscles crispés, attendant une éclaircie qui ne durera que quelques minutes… alors la question devient beaucoup moins évidente.
Les chevaux ne parlent pas.
Et nous, on doit décider pour eux.
Décider de les laisser dehors malgré les intempéries, ou de les rentrer au boxe en sachant que ce sera critiqué. Décider de préserver un pré destiné à l’été, même si cela suscite des incompréhensions
Décider en pensant au long terme, alors que tout le monde regarde le court terme.
Et non, les laisser au boxe n’est pas la facilité.
Les litières se salissent deux fois plus vite.
Les chevaux mangent deux fois plus de foin.
Le travail est doublé, parfois triplé.
Les carrières demandent un entretien constant.
Les travaux extérieurs continuent, qu’il vente, qu’il pleuve, qu’il fasse froid.
Il faut aller remettre de l’eau aux chevaux ,réparer des clôtures, faire des soins dehors, sous les averses, les voir encaisser tempête après tempête.
Ce métier, dans ces conditions, use. Physiquement. Mentalement.
Et pourtant, on tient.
Parce qu’on aime ces chevaux.
Parce qu’on veut faire au mieux, malgré tout.
Parce qu’on essaie de répondre aux attentes des propriétaires sans jamais perdre de vue le bien-être animal, même quand nos décisions sont mal comprises.
Alors oui, parfois, on craque.
Et parfois, on serre les dents.
Heureusement, au milieu de tout ça, il y a aussi du positif.
Il y a ces propriétaires précieux, ceux qui voient, qui comprennent, qui ne jugent pas. Ceux qui arrivent et qui disent simplement : « Attends, je t’aide ». Une heure, une matinée, parfois juste un coup de main pour rentrer les chevaux dans une boue impossible… et soudain, on respire un peu. Ce sont des moments qui soulagent autant le corps que la tête.
Il y a aussi ceux qui comprennent que, oui, par ce temps-là, ça ne sert à rien d’insister, que les chevaux seront mieux au boxe, au sec, au calme. Ceux qui font confiance, qui savent que les décisions sont prises avec bon sens et bienveillance, pas par confort.
Alors merci.
Merci à tous ces propriétaires-là.
Votre aide, votre compréhension et votre présence font une vraie différence. 💛
Vivement le printemps. 🌱☀️