VETE, Vétérinaires Eleveurs Tous Ensemble

VETE, Vétérinaires Eleveurs Tous Ensemble L'objectif de cette page est de donner des conseils pour les éleveurs de ruminants.

19/08/2023

🧐 L'utilisation de tampons alimentaires chez les ruminants est importante pour éviter l'acidose que ce soit lors d'un stress thermique 🥵 ou lors d'un changement de régime alimentaire.
Une étude a fait une comparaison entre l'oxyde de magnésium et le bicarbonate de sodium en augmentant progressivement la proportion de concentrés dans l'alimentation. Il apparaît que l'oxyde de magnésium (62g/jour/vache) semble mieux maintenir le pH et l’ingestion que le bicarbonate de sodium (200g/jour/vache). Le seul bémol serait l’appétence.
✅ Encore une piste pour améliorer la réponse au stress oxydatif des bovins lors des fortes chaleurs ☀️☀️☀️.
✍️ Alex Bach et al., Journal of Dairy Science, May 2023.

09/08/2023

🧐 Une récente étude a montré que la supplementation en butyrate dans l’alimentation de veaux laitiers a eu des effets positifs sur les risques de diarrhée 💩.
💪🏼 En effet les animaux supplémentés ont un système digestif plus développé, une réduction de l’apparition de la diarrhée mais aussi des épisodes de diarrhée moins graves et moins de récidive.
⌛️La supplementation en butyrate de sodium a été faite pendant les 3 premiers mois du veau, jusqu’au sevrage.
✍️ M.S. Nicola et al., Journal of Dairy Science, Juin 2023.

Une solution qui se développe de plus en plus et qui permet d’éviter d’utiliser les stocks de fourrage l’été
29/07/2023

Une solution qui se développe de plus en plus et qui permet d’éviter d’utiliser les stocks de fourrage l’été

À l’approche de l’été ☀️ il est important de s’intéresser au stress thermique. Cette notion peut être un peu large et dé...
05/06/2023

À l’approche de l’été ☀️ il est important de s’intéresser au stress thermique.

Cette notion peut être un peu large et dépend de la chaleur, mais aussi l’humidité relative, c’est pourquoi il est plus simple de parler de THI : indice de température - humidité. À partir de 68, on peut parler de stress thermique 🥵 (voir photo)

🐄 Les vaches laitières hautes productrices sont très sensibles, car elles possèdent une grande ingestion et donc une grosse activité ruminale qui produit de la chaleur 🌡.

En règle générale, le stress thermique diminue l’ingestion, l’exercice, la production laitière ou viandeuse, la reproduction, augmente le risque de pathologies métaboliques et peut se répercuter sur plusieurs générations.

✅ Signes :

T° rectale > 39 °C sur un nombre important d’animaux 🤒.
Respiration augmentée (> 60 battements/minute, respiration gu**le ouverte dans les cas extrêmes).
📉 Diminution de l’ingestion.
📉 Chute de production laitière et de la reproduction.
📈 Augmentation de la consommation d’eau (pour une température extérieure de
30 °C, une vache laitière boit en moyenne 80L alors qu’à
35 °C, on est plutôt sur 120L d’eau)
📈 Augmentation du temps debout (meilleur refroidissement et favorise les problèmes locomoteurs).
Regroupements dans les parties sombres du bâtiment ou les plus ventilées

✅ Solutions :

Augmenter la quantité d’ombre : couvrir les translucides du toit avec une bâche ou un lait de chaux.

Ventilation 💨:
Mécanique : entre 5 et 8 km/h, plusieurs types. Double avantage, car la ventilation diminue le nombre de mouches sur les animaux 🪰.
Naturelle : ouvertures sur les murs/bardages.

Brumisation 💦 : plus efficace en association avec la ventilation. Permet de diminuer la température corporelle par l’évaporation.

✅ Alimentation :

Distribution de la ration le soir, car les animaux vont plus s’alimenter la nuit quand la température baisse et ceci évite que la ration ne chauffe pendant la journée 🌙.
Augmenter la fréquence de repousse de la ration 🧹.

➕ Comme les animaux mangent moins, il est important de densifier la ration pour les périodes de stress thermique : ajout de matière grasse protégée, levures (améliore l’efficacité alimentaire et réduction de l’acidose).
➕ Il est nécessaire d’augmenter la part de potassium qui est perdue en grande quantité via la sudation des bovins 🥵.
➕ De plus un animal en stress thermique rumine moins donc la quantité de bicarbonate est plus faible, il est donc nécessaire d’en rajouter
➕ Avec la chaleur, les ensilages ont leur MS qui augmente, il peut donc être intéressant de rajouter de l’eau directement dans la mélangeuse pour rendre la ration plus appétente.

👀L’observation de la flore 🌱 d’une prairie permet de juger l’état du sol ! Article intéressant pour comprendre la présen...
15/05/2023

👀L’observation de la flore 🌱 d’une prairie permet de juger l’état du sol !
Article intéressant pour comprendre la présence de certaines plantes.

"Dis moi quelles sont tes adventices, et je te dirai l'état de ta prairie", tel est le principe des plantes bio-indicatrices. Pissenlit, lam...

24/04/2023

La Tétanie d’herbage

Cette pathologie, qui survient principalement au printemps, est la conséquence d’une carence en magnésium. On l’observe surtout sur les vaches laitières 🐄 hautes productrices, en début de lactation, et plus rarement se rencontrer chez des vaches allaitantes.

Pourquoi cette pathologie apparaît elle surtout au printemps ?

L’herbe printanière 🌱 est très riche en eau, en potassium, en azote soluble et pauvre en cellulose et en magnésium. Par des relations entre l’absorption du potassium et du magnésium une possible carence peut se mettre en place provoquant la tétanie.
De plus cette pathologie est aggravée par le stress du changement alimentaire sans transition et la température basse de l’herbe 🥶 va être un facteur prédisposant ainsi que le jeûne.

Quels sont les symptômes ?

Les symptômes sont variables suivant l’importance de la carence.
En fait, comme chez l’homme qui est en manque de magnésium et qui a la paupière qui « saute involontairement », les bovins peuvent avoir une démarche ébrieuse (chancèlement comme lors d’hypocalcémie).
Cela peut entraîner de l’hyperexcitabilité, des tremblements et dans les cas les plus graves des convulsions puis finalement la mort.
Le décubitus est présent dans la majorité des cas (pouvant faire penser à une fièvre de lait), on remarque du nystagmus 👀 (va-et-vient involontaire des yeux horizontalement ou verticalement), une mydriase (pupille dilatée), une transpiration importante et une vache qui bave beaucoup 🤤.
Enfin, un changement de comportement peut être observé avec de l’agressivité.

Alors on donne du chocolat aux vaches 🍫?

Le traitement consiste en une administration intraveineuse 💉 de calcium et de magnésium. Ce dernier doit être administré avec une extrême précaution, puisqu’une administration trop rapide peut entrainer la mort de l’animal.
Des injections de magnésium sous-cutané peuvent être plus sûres.
Enfin, le magnésium peut être pris par voie orale en relais des injections💉.

Comment éviter cela ?

✅ Il est important de commencer par faire une transition progressive pour la mise à l’herbe. Sortir les animaux pas plus de 2h30 ⏱ dans les premiers jours et au moment le plus chaud de la journée 🌡.
✅ Éviter de sortir les animaux le rumen vide.
✅ Éviter les parcelles ayant reçu un amendement important et plus particulièrement du lisier 💩.
✅ En préventif, le magnésium par voie orale peut être administré sous forme d’oxyde de magnésium (50-60 g/jour/animal) directement à l’auge, dans l’eau de boisson ou sous forme de bolus.

Est ce que ça ne serait pas l’avenir ? 🤔Repenser la gestion des « déchets » qui sont un poids et peuvent devenir une for...
15/04/2023

Est ce que ça ne serait pas l’avenir ? 🤔Repenser la gestion des « déchets » qui sont un poids et peuvent devenir une force !
Beaucoup d’éleveurs 🐑 ne savent plus quoi faire de la laine, une solution qui gagne à être connue 👌🏼.

Une famille d'agriculteurs de l'Aveyron a décidé d'utiliser la laine de ses moutons pour fabriquer un engrais. Une campagne de financement est lancée pour soutenir le projet.

Après les parasites externes, parlons parasites internes et plus particulièrement gestion du parasitisme interne 🔬 des r...
11/04/2023

Après les parasites externes, parlons parasites internes et plus particulièrement gestion du parasitisme interne 🔬 des ruminants.
Une phrase résume la gestion médicamenteuse 💉💊:

👍🏼« Traiter moins, mais autant que nécessaire. » 👍🏼

Les parasites 🪱 peuvent être divisés en 4 classes :
- Nématodes = vers ronds = strongles.
- Cestodes = vers plats .
- Trématodes = Douves (Fasciola et Paramphistome).
- Protozoaires (coccidiose, Giardia, Cryptosporidium).

Ici, nous parlerons des parasites de pâturage : nématodes (Ostertagia, Haemochus), cestodes (taenia) et trématodes (douve du foie et du rumen).

Important pourquoi ?

Dans certains pays, de nombreux antiparasitaires n’ont plus l’efficacité recherchée à cause des résistances. De plus, le traitement systématique représente un coût 💵 pour l’élevage et peut être largement économisé dans CERTAINES conditions. ⚠️ Il n’est pas question de ne plus traiter, mais de mieux le faire. Aussi, de nombreuses solutions existent pour réduire la pression parasitaire et augmenter la résistance des animaux.

Comment confirmer une parasitose ?

Il existe différents tests de laboratoire :

- Le plus courant : la Coproscopie 🔬, permet de quantifier la quantité d’œufs de chaque classe de parasites, à partir de matières fécales en mélange ou individuelles. Souvent réalisée au cabinet vétérinaire ou dans les laboratoires 🏥.

- Pour les élevages laitiers 🐄 : la densité optique sur le lait de tank 🥛, permet d’évaluer une tendance d’infestation en strongles (Ostertagia) des adultes.

- Prises de sang 💉:

• Sérologies douves sur certains animaux représentatifs d’un lot (ne pas prendre les extrêmes)
• Mesure du pepsinogène sur les 1res et 2es années de pâturage (évalue l’infestation en strongles).

- Et enfin pour les petits ruminants la méthode FAMACHA (voir photo) qui permet de juger l’anémie, principalement engendrée par Haemonchus.

Qui traiter ?

- La population à privilégier est les jeunes en première année de pâturage . Cette catégorie d’âge (> 4 mois) ne peut déroger au(x) traitement(s). Ces animaux n’ont jamais rencontré les parasites et donc leur première année est cruciale. L’important est qu’ils soient en contact le plus longtemps possible avec des strongles digestifs sans en ressentir les effets négatifs (ralentissement de la croissance, diarrhée, baisse de l’immunité…).

- Les animaux en deuxième année de pâturage peuvent être traités mais la décision doit être prise selon plusieurs conditions (performance, état général, traitement de l’année précédente, coproscopie, type de pâturage, conditions météorologiques…).

➡️ Pour ces 2 classes d’âge, il est important de parler de TCE (Temps de Contact Efficace) : temps durant lequel l’animal est exposé à des parasites, il doit être de 9 mois sur les deux premières années de pâturage pour permettre un développement adéquat de l’immunité de celui-ci. Ce temps doit être calculé en fonction des traitements et de leur rémanence.

- Concernant les adultes le traitement doit intervenir au cas par cas, selon l’état général, des signes cliniques (diarrhée, amaigrissement, toux en début d’automne, baisse de production…) et selon les résultats de coproscopie et donc en fonction du parasite présent.

Quand traiter ?

Pour les jeunes, le schéma le plus simple serait 4 semaines après la mise à l’herbe (permet une légère infestation des premières populations parasites) et 12 semaines après la mise à l’herbe.
Pour les traitements à la rentrée à l’étable, il est important d’attendre quelques semaines après l’allotement avant de faire des analyses et donc un traitement.
L’idéal pour toutes les catégories serait de ne pas laisser les animaux plus de 2-3 jours sur la pâture ou le même fumier après un traitement.
Concernant la douve ou le paramphistome on conseille souvent d’attendre le mois de décembre pour faire des coproscopies et traiter, car c’est la période où les adultes pondent le plus 🥚.

Solutions alternatives ?

- Pâturage tournant dynamique ♻️: les animaux ne restent pas plus de 2 semaines sur la même parcelle et n’y reviennent pas avant 4 à 6 semaines.
- Pâturage mixte 🐄🐑🐐, casse les cycles parasitaires de chaque espèce ou fauche entre deux périodes de pâturage.
- Pâtures réservées aux jeunes où les adultes ne pâturent jamais.
- Éviter le surpâturage (la majorité des larves de parasites se trouve dans les 5 premiers centimètres au-dessus du sol).
- L’aménagement des zones humides et d’abreuvement (avec l’humidité, il y a les petits escargots 🐌 qui permettent de véhiculer la douve ou le paramphistome).
- Sélection d’animaux plus résistants 💪🏼 (se fait déjà dans certaines stations de sélections de petits ruminants).
- Quid de l’utilisation de l’ail 🧄 ou de tanins (peu d’études montrent une efficacité significative), ne pas hésiter à faire une coproscopie 🔬 avant et après traitement pour avoir une preuve d’efficacité.

Les bonnes pratiques :

- Bonne appréciation du poids de l’animal et avoir plutôt tendance à surdoser que l’inverse ⚖️.
- Changement de molécules assez fréquemment et utilisation de produits injectables plutôt que pour on (léchage) 💉.
- En traitement pour on, traitement de tous les individus d’un même lot.
- Respect des posologies indiquées et de la voie d’administration.
- Contrôler l’efficacité post traitement surtout chez les petits ruminants pour se rendre compte des résistances dans l’élevage 🔬.

Pour le calcul du TCE, la stratégie antiparasitaire et les prélèvements/analyses n’hésitez pas à demander conseil auprès de votre vétérinaire 👨🏼‍⚕️⚕️.

Retour sur une innovation d’éleveurs avec qui j’ai pu travailler 💡. ✅Une méthode qui dans cet élevage a porté ses fruits...
05/04/2023

Retour sur une innovation d’éleveurs avec qui j’ai pu travailler 💡.
✅Une méthode qui dans cet élevage a porté ses fruits et a permis de réduire drastiquement les problèmes d’affections traumatiques des membres 🦴. Une installation de balais-brosses 🧹 devant le racleur a donné de bons résultats concernant la conservation d’un rainurage profond et moins gras et ainsi garantir une meilleure stabilité des animaux sur leurs membres.

💵 Petit investissement, 🛠 petit bricolage mais, 👍🏼 grands bénéfices.
Toute innovation, aussi simple soit elle ne demande qu’à être partagée pour permettre à d’autres de s’améliorer.
N’hésitez pas à partager les vôtres ou celles de vos clients/collègues.

Dans l’Eure. Samuel Vaudron a fixé des brosses de balais sur son racleur hydraulique. L'idée a été primée au concours « Trucs et astuces » 2017 organisé par les chambres d'agriculture de Normandie. (1) Vidéo sur www.chambre-agriculture-normandie.fr ...

Avec le retour des beaux jours ☀️les insectes et plus particulièrement les mouches et moucherons réapparaissent. Avec ce...
02/04/2023

Avec le retour des beaux jours ☀️les insectes et plus particulièrement les mouches et moucherons réapparaissent. Avec ces insectes dits vecteurs, de nombreuses maladies peuvent toucher vos animaux. La prévention est la méthode de lutte la plus efficace, toutefois il est impératif de s’y prendre tôt.
En effet lorsqu’on comprend la vitesse du cycle de reproduction d’une mouche on se rend compte qu’il faut agir vite (voir schéma).

🪰Les mouches sont les principaux vecteurs de la kératoconjonctivite infectieuse , plus communément appelée « œil blanc », les mammites d’été et les myiases. Les culicoïdes (petits moucherons) 🦟 sont les vecteurs de la fièvre catarrhale ovine (FCO) 🤒 ou de la maladie de Schmallenberg.

- Kératoconjonctivite infectieuse 👁
Cette pathologie correspond à une infection de la cornée par Moraxella bovis, 🦠bactérie transportée par les pattes des mouches. Les symptômes commencent souvent par une conjonctivite plus ou moins importante, un larmoiement excessif, un œil fermé à cause de la douleur et en cas de complication la cornée peut s’opacifier et aller jusqu’à la perforation de l’œil.

- Mammite dite d’été 🐄
Ces mammites interviennent particulièrement lors de la saison estivale et sont corrélées à la présence des mouches qui véhiculent différentes bactéries 🦠(staphylocoques, streptocoques…). Elles touchent plus particulièrement les génisses, vaches allaitantes ou laitières taries. Ces infections passent souvent inaperçues avec les animaux au pâturage. Une fois le vêlage suivant arrivé, l’éleveur se retrouve avec une vache qui « a perdu » un quartier ou plusieurs.

- Myiases 🐛
Certaines mouches peuvent causer des myiases en pondant dans des zones propices (plaies, ombilic, vulve, arrière-train souillé de diarrhée…), les larves se développent et creusent des galeries dans les chairs.

Hormis les mouches nous pouvons aussi parler des moucherons plus précisément les culicoïdes qui sont vecteurs de maladies plus ou moins répandues et assez bien connues. Les principales étant la FCO et Schmallenberg.

Toutes ces pathologies ont des répercussions sur vos animaux et ont un coût assez important (traitements pour soigner l’animal, avortements) mais une partie est difficilement palpable. En effet il est difficile de mettre une valeur économique sur les pertes engendrées par la diminution du GMQ, l’allongement de l’intervalle vêlage-vêlage, la perte d’un quartier sur une femelle…📉

Pour éviter ou réduire tous ces problèmes, des mesures prophylactiques sont grandement conseillées :

👍🏼Anti-parasitaire externe avant l’apparition des mouches (mars-avril) et à intervalles réguliers (traiter une fois dans l’été est illusoire)🗓.

👍🏼 Abords des bâtiments propres et secs (la mouche aime l’humidité, la chaleur et la matière organique)💩.

👍🏼 Éliminer les adultes et les larves dans les locaux, fumières, fosses à lisier, zones paillées non piétinées, murs. 🚫🦟🪰🐛

👍🏼 Utilisation de prédateurs des mouches : acariens qui mangent les œufs ou lâché de mini guêpes sans dard 🐝 qui consomment le dernier stade avant la mouche adulte.

👍🏼 Méthodes mécaniques : pièges collants, ventilateurs, brumisateurs 🌬💦.

Toutes ces mesures ne sont pas forcément applicables dans toutes les situations mais la combinaison de plusieurs permet de réduire fortement l’impact des mouches sur votre cheptel et sur vous !

➕ Pour plus d’informations concernant les protocoles ou produits à utiliser, n’hésitez pas à demander conseil à votre vétérinaire 🩺.

29/03/2023

Le sel

🧂Autre élément fondamental de l’alimentation animale qui est composé de Sodium à 40% (Na) et de Chlore à 60% (Cl). Il intervient dans toutes les fonctions de la vie telles que les entrées et sorties d’éléments nutritifs de la cellule .
Le sel fait partie de la triade indispensable à tous ruminants :

⚠️SEL - EAU - FIBRE⚠️

✅ Comment savoir si les animaux ont une carence en sel :

- Pica : les animaux mangent les excréments, boivent de l’urine (animaux avec le dessus du mufle sale : typique), mangent de la terre, lèchent les murs/barrières…
- Baisse de santé 🤒 (diarrhée néonatale), d’ingestion, production.

✅ Pourquoi le sel est important ?

Comme énoncé plus haut, au niveau cellulaire le sodium et le chlore ont un rôle élémentaire.
De plus, le sodium entre dans l’utilisation de l’énergie et des protéines mais aussi l’absorption des vitamines hydrosolubles. Une ration sans sel ne peut être valorisée au maximum.
L’ajout de sel est important car les végétaux qui nourrissent les ruminants n’en contiennent pas assez pour satisfaire les besoins.
La teneur en sodium et chlore diminue avec la maturité des végétaux 🌽, mais peut aussi varier en fonction des amendements et des conditions météorologiques 🌧.
Le sel augmente la boisson et par la même occasion la salivation qui est chez les ruminants la première source de bicarbonate et donc de tampon.

✅ Combien ?

Le sodium est un élément qui n’est pas très échangeable, en effet contrairement au calcium le seul stock de sodium des bovins se trouve au niveau osseux 🦴 (seulement 1,2 kg/adulte), ceci explique l’importance d’un apport constant.
En matière de quantité, le sel peut être laissé à volonté (seulement si les animaux sont habitués, pour éviter une consommation excessive). Été comme hiver des pierres de sel peuvent être mises à disposition des animaux.
Si la distribution se fait individuellement ou via la mélangeuse alors on peut parler de quantité précise : 4 - 5 g de sel/kg de MS.
Si le sel est ajouté directement dans le minéral il faudra alors viser des quantités de sodium autour de 23 mg/kg de poids corporel.

✅ La place idéale :

- Éviter le cornadis par souci de dominance et aussi « jeu » des animaux qui vont pousser la pierre.
- Préférer un endroit dédié et même règles que l’eau, au moins 2/stabulation ou case.
- Éviter de le placer à côté du point d’eau, risque d’augmenter la consommation des deux.
- Pour l’extérieur le mieux étant de pouvoir protéger le bloc des intempéries.

Le sel ça ne coute pas cher mais c’est très important alors il serait dommage de s’en passer !

📋Ce qu’il faut retenir :

- Sel toute l’année, été comme hiver 🌦☀️🌧 ❄️.
- ⚖️ Entre 50 et 70 g de sel par vache et par jour, entre 7 et 10 g par brebis/chèvre et par jour .
- Si bloc de sel, en mettre plusieurs à disposition par lot d’animaux.
- Sur des rations acidogènes, le sel va permettre d’augmenter la production de tampon « naturel » par la salive 🤤.

27/03/2023

Le premier article porte sur l’eau!

L’eau est l’élément le plus important à la vie mais souvent sous-estimé en élevage.
Passé tous les rôles de l’eau dans l’organisme voici quelques recommandations permettant d’améliorer les conditions et performances des ruminants.
Comme dans beaucoup de cas la règle est simple :

⚠️QUANTITE, QUALITE, DISPONIBILITE⚠️

✔️Quantités :

👍🏼 En moyenne

- Vache laitière : 70 - 150 L/jour
- Vache allaitante + veau : 50 - 60L/jour
- Vache tarie/génisse gestante : 40L/jour
- Troupeau de renouvellement : 25 L/jour
- Veau (en plus du lait) : 4 - 12 L/jour.
- Brebis en production : 9 - 11 L/jour
- Brebis tarie : 4 -6L/jour
- Agneau à l’engraissement : 5L/jour
- Chèvre en lactation : 4 - 8 L/jour
- Chèvre tarie : 2 - 3 L/jour

Ces valeurs augmentent avec les températures ☀️(x2) mais aussi la composition de la ration 🌾 (il faut environ 3-4L d’eau pour digérer 1 kg de MS).

✔️Qualité :

- Une étude a montré que la contamination de l’eau de boisson par 1 g de fumier frais par litre d’eau diminue la consommation de 28% sur des vaches laitières (Schütz & al. Applied Animal Behaviour Science, 2019).
👍🏼 Un nettoyage par semaine semble être le minimum.

- Il est important de s’assurer de la qualité physico-chimique et bactériologique de l’eau d’abreuvement.
👍🏼 Une analyse est indispensable.

- Température optimale : 8 - 14°C.

✔️Disponibilités :

La taille des abreuvoirs est très importante à cause de la dominance (souvent sous-estimée).
En effet vos animaux ne boivent pas plus de quelques minutes à chaque fois et donc plus le débit est important mieux c’est (15-20 secondes d’abreuvement/chèvre à chaque buvée)⏱.

👍🏼 En termes de normes il est conseillé :

- 1 point d’eau pour 12 vaches, 2 abreuvoir/40 brebis, 1 abreuvoir/25 chèvres (minimum 2/stabulation pour éviter la dominance).
- Débit minimum 12L/min (il faut remplir un seau d’aliment en moins d’une minute).
- Privilégier les abreuvoirs à niveau constant plutôt que les abreuvoirs type bols (essayez de boire une grande quantité d’eau dans le creux de vos mains).
- Ne pas placer les points d’eau dans des coins et permettre une zone de dégagement autour.
- Au pâturage un abreuvoir doit se situer à 200 m de la zone de pâturage la plus éloignée, sinon ça risque de diminuer la durée de pâturage des animaux.
- Éviter de mettre l’abreuvoir dans une zone ombragée au risque que les dominants soient les seuls à avoir accès à l’eau.

👍🏼 Hauteurs de fixation des abreuvoirs :

- Adultes 🐄: 70 - 75 cm
- Jeunes 🐄: 55 - 70 cm
- Veaux 🐄 : 50 - 55 cm
- Brebis 🐑 : 70 - 80 cm
- Agneaux 🐑: 40 cm
- Chèvre 🐐: 1 m (avec marche pied de 60 cm)

⚠️ Ne pas oublier les jeunes qui même s’ils boivent du lait ont besoin d’eau. L’eau doit être à disposition du veau dans la première semaine de vie.

Pour toutes questions n’hésitez pas à demander conseil auprès de votre vétérinaire ou organisme de conseil.👨🏼‍⚕‍🤝👨🏽‍🌾

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