11/04/2023
Après les parasites externes, parlons parasites internes et plus particulièrement gestion du parasitisme interne 🔬 des ruminants.
Une phrase résume la gestion médicamenteuse 💉💊:
👍🏼« Traiter moins, mais autant que nécessaire. » 👍🏼
Les parasites 🪱 peuvent être divisés en 4 classes :
- Nématodes = vers ronds = strongles.
- Cestodes = vers plats .
- Trématodes = Douves (Fasciola et Paramphistome).
- Protozoaires (coccidiose, Giardia, Cryptosporidium).
Ici, nous parlerons des parasites de pâturage : nématodes (Ostertagia, Haemochus), cestodes (taenia) et trématodes (douve du foie et du rumen).
Important pourquoi ?
Dans certains pays, de nombreux antiparasitaires n’ont plus l’efficacité recherchée à cause des résistances. De plus, le traitement systématique représente un coût 💵 pour l’élevage et peut être largement économisé dans CERTAINES conditions. ⚠️ Il n’est pas question de ne plus traiter, mais de mieux le faire. Aussi, de nombreuses solutions existent pour réduire la pression parasitaire et augmenter la résistance des animaux.
Comment confirmer une parasitose ?
Il existe différents tests de laboratoire :
- Le plus courant : la Coproscopie 🔬, permet de quantifier la quantité d’œufs de chaque classe de parasites, à partir de matières fécales en mélange ou individuelles. Souvent réalisée au cabinet vétérinaire ou dans les laboratoires 🏥.
- Pour les élevages laitiers 🐄 : la densité optique sur le lait de tank 🥛, permet d’évaluer une tendance d’infestation en strongles (Ostertagia) des adultes.
- Prises de sang 💉:
• Sérologies douves sur certains animaux représentatifs d’un lot (ne pas prendre les extrêmes)
• Mesure du pepsinogène sur les 1res et 2es années de pâturage (évalue l’infestation en strongles).
- Et enfin pour les petits ruminants la méthode FAMACHA (voir photo) qui permet de juger l’anémie, principalement engendrée par Haemonchus.
Qui traiter ?
- La population à privilégier est les jeunes en première année de pâturage . Cette catégorie d’âge (> 4 mois) ne peut déroger au(x) traitement(s). Ces animaux n’ont jamais rencontré les parasites et donc leur première année est cruciale. L’important est qu’ils soient en contact le plus longtemps possible avec des strongles digestifs sans en ressentir les effets négatifs (ralentissement de la croissance, diarrhée, baisse de l’immunité…).
- Les animaux en deuxième année de pâturage peuvent être traités mais la décision doit être prise selon plusieurs conditions (performance, état général, traitement de l’année précédente, coproscopie, type de pâturage, conditions météorologiques…).
➡️ Pour ces 2 classes d’âge, il est important de parler de TCE (Temps de Contact Efficace) : temps durant lequel l’animal est exposé à des parasites, il doit être de 9 mois sur les deux premières années de pâturage pour permettre un développement adéquat de l’immunité de celui-ci. Ce temps doit être calculé en fonction des traitements et de leur rémanence.
- Concernant les adultes le traitement doit intervenir au cas par cas, selon l’état général, des signes cliniques (diarrhée, amaigrissement, toux en début d’automne, baisse de production…) et selon les résultats de coproscopie et donc en fonction du parasite présent.
Quand traiter ?
Pour les jeunes, le schéma le plus simple serait 4 semaines après la mise à l’herbe (permet une légère infestation des premières populations parasites) et 12 semaines après la mise à l’herbe.
Pour les traitements à la rentrée à l’étable, il est important d’attendre quelques semaines après l’allotement avant de faire des analyses et donc un traitement.
L’idéal pour toutes les catégories serait de ne pas laisser les animaux plus de 2-3 jours sur la pâture ou le même fumier après un traitement.
Concernant la douve ou le paramphistome on conseille souvent d’attendre le mois de décembre pour faire des coproscopies et traiter, car c’est la période où les adultes pondent le plus 🥚.
Solutions alternatives ?
- Pâturage tournant dynamique ♻️: les animaux ne restent pas plus de 2 semaines sur la même parcelle et n’y reviennent pas avant 4 à 6 semaines.
- Pâturage mixte 🐄🐑🐐, casse les cycles parasitaires de chaque espèce ou fauche entre deux périodes de pâturage.
- Pâtures réservées aux jeunes où les adultes ne pâturent jamais.
- Éviter le surpâturage (la majorité des larves de parasites se trouve dans les 5 premiers centimètres au-dessus du sol).
- L’aménagement des zones humides et d’abreuvement (avec l’humidité, il y a les petits escargots 🐌 qui permettent de véhiculer la douve ou le paramphistome).
- Sélection d’animaux plus résistants 💪🏼 (se fait déjà dans certaines stations de sélections de petits ruminants).
- Quid de l’utilisation de l’ail 🧄 ou de tanins (peu d’études montrent une efficacité significative), ne pas hésiter à faire une coproscopie 🔬 avant et après traitement pour avoir une preuve d’efficacité.
Les bonnes pratiques :
- Bonne appréciation du poids de l’animal et avoir plutôt tendance à surdoser que l’inverse ⚖️.
- Changement de molécules assez fréquemment et utilisation de produits injectables plutôt que pour on (léchage) 💉.
- En traitement pour on, traitement de tous les individus d’un même lot.
- Respect des posologies indiquées et de la voie d’administration.
- Contrôler l’efficacité post traitement surtout chez les petits ruminants pour se rendre compte des résistances dans l’élevage 🔬.
Pour le calcul du TCE, la stratégie antiparasitaire et les prélèvements/analyses n’hésitez pas à demander conseil auprès de votre vétérinaire 👨🏼⚕️⚕️.