22/10/2023
⚠️⚠️⚠️ MYOPATHIE ATYPIQUE ⚠️⚠️⚠️
C’est une maladie musculaire causée par l’ingestion d’une toxine contenue dans les graines et dans les jeunes pousses de l’érable sycomore. Elle se caractérise par une dégénérescence sévère de différents groupes musculaires, dont les muscles intervenant dans la respiration, la posture, ou encore le muscle cardiaque.
La toxicité des érables responsables de la myopathie atypique s’explique par la présence de toxines dont l’hypoglycine A et la methylenecyclopropylglycine. Celles-ci sont davantage concentrées dans les graines, appelées samares (« hélicoptères »), qui tombent au sol vers l’automne et sont dès lors susceptibles d’être ingérées par un équidé qui risque ainsi d’être intoxiqué. Au printemps, ces graines germent et se transforment en plantules dont l’ingestion est à l’origine des cas recensés aux alentours du printemps. Tous les érables ne sont pas toxiques ! Il existe plusieurs variétés d’arbres et les fruits de ceux-ci, les Samares (« hélicoptères »), peuvent se présenter sous diverses formes. Si les deux branches des samares forment un angle d’environ 90°, ils sont toxiques. 🍁
Les équidés sont touchés le plus souvent durant l’automne. Cela est probablement lié à des conditions météorologiques prédisposantes. En effet, les vents et les pluies plus intenses en cette saison font migrer les graines et les feuilles plus facilement, rendant même vulnérables les chevaux se trouvant dans des prairies dépourvues d’arbres sycomores. Le degré de toxicité des samares varie chaque année et l’ingestion d’une quantité de samares variables, peut entrainer les signes cliniques.
Bien qu’il y ait plus de toxine dans la graine, les feuilles d’Erable sont toxiques aussi.
Il semblerait que les jeunes chevaux soient les plus touchés, mais les chevaux peuvent en être atteints à tout âge.
🌳 Les graines contiennent une toxine qui va détruire le métabolisme des cellules musculaires provoquant une myopathie et une nécrose des cellules.
Les premiers signes se présentent sous forme de raideur, faiblesse, muqueuses claires et tremblements musculaires. Les chevaux sont couchés et refusent ou sont incapables de se relever.
La fréquence cardiaque est généralement élevée (tachycardie) et les chevaux atteints ont une urine brunâtre (voire noire) puis rouge.
Le cheval présentera également une détresse respiratoire.
Un diagnostic différentiel reprend d’autres myopathies, coliques, choc, fourbure, maladies neurologiques et dysautonomie équine. Le plus important diagnostic différentiel est la colique.
Le diagnostic est donné par un vétérinaire. Un échantillon sanguin est pris et révélera un taux d’enzymes musculaires très élevé (CK, AST, LDH), potentiellement des valeurs rénales élevées (créatinine et urée), et une augmentation de l’acide lactique. Une hyperglycémie et une hypertriglycéridémie sont souvent présentes.
Aucun antidote de la toxine n’existe actuellement. Le traitement conseillé est l’administration de vitamines, d’antioxydants et de carnitine qui soutiennent la fonction musculaire et le métabolisme énergétique. Le traitement d’un cheval atteint de myopathie atypique est très intense et les chevaux nécessitent des perfusions. L’administration de fluides est la composante la plus importante du traitement. Puisque les enzymes musculaires peuvent endommager les reins, il est très important de diluer le sang afin de supporter la fonction rénale.
Malgré ce traitement, la plupart des chevaux développent des problèmes respiratoires ou cardiaques et meurent dans les 72 heures.
En effet le taux de survie est bas, se situant à plus ou moins 25% pour un cheval ayant reçu le traitement adéquat.
Au vu de l’agressivité de cette intoxication, il est important de rester vigilant.
Si un cheval du troupeau est malade, il est très probable que les autres chevaux soient aussi entrés en contact avec les samares. Dans ce cas, tous les chevaux doivent être remis au box. Des vitamines peuvent être données en prévention et une prise de sang peut être réalisée afin de contrôler ces chevaux.
Si une prairie est identifiée comme étant « infectée » (de manière directe ou indirecte), il est recommandé de ne plus l’utiliser d’octobre jusqu’à mai. Cette période est la période la plus à risque pour la myopathie atypique car c’est durant cette saison que les graines et les jeunes pousses d’érables sont présents.
Il est conseillé de nourrir les chevaux en prairie en automne si peu d’herbe. Le manque d’herbe va les pousser à manger des samares, glands, racines qui risquent de les intoxiquer.
NB : Le foin aussi peut être toxique : sécher une plante n’enlève pas sa toxicité. Il faut donc éviter de faire du foin à proximité d’érables sycomores.