08/05/2026
🚨 ASTREINTE DU 8 MAI — 6H DU MATIN 🚨
Les jours fériés n’arrêtent ni les urgences… ni les patients attachants.
Ce matin encore, l’astreinte nous a rappelé une règle simple : en médecine d’urgence, tout est question d’ordre, de priorités et d’anticipation.
🐶 Premier patient : un tout petit chiot arrivé en état de choc hypoglycémique et hypovolémique.
Une situation classique chez les races naines, où quelques heures de décompensation digestive peuvent suffire à provoquer un effondrement métabolique majeur.
La prise en charge suit toujours la même logique :
• évaluation immédiate des fonctions vitales,
• oxygénothérapie,
• réanimation liquidienne et électrolytique,
• correction de l’hypoglycémie,
• puis soutien nutritionnel précoce dès stabilisation.
Dans ce contexte, il reste toujours important d’écarter une cause sous-jacente, notamment un shunt portosystémique congénital, malformation hépatique pouvant favoriser les hypoglycémies sévères chez les jeunes animaux.
🐕 Deuxième patient : un Jack Russell particulièrement courageux, atteint d’une cholécystite associée à un mucocèle biliaire.
Autrement dit : une infection et une obstruction progressive de la vésicule biliaire, pathologie pouvant évoluer vers une rupture biliaire et une péritonite grave.
Là encore, la hiérarchie thérapeutique compte :
• stabilisation générale,
• correction des désordres hydro-électrolytiques,
• prise en charge de l’encéphalose hépatique, conséquence de la défaillance hépatique,
• antibiothérapie,
• puis discussion chirurgicale.
La chirurgie de la vésicule biliaire reste une procédure lourde et risquée. L’enjeu est donc toujours de trouver le bon timing : ni trop tôt sur un patient instable, ni trop t**d avant la rupture.
🐱 Enfin, un jeune chat présenté pour fièvre et insuffisance rénale aiguë.
Le diagnostic initial évoquait une pyélonéphrite, mais une échographie abdominale reste indispensable pour ne pas passer à côté d’autres causes parfois beaucoup plus sévères :
• obstruction urinaire,
• lymphome rénal,
• PIF sèche,
• atteinte inflammatoire ou infiltrative.
En urgence, le traitement ne doit jamais remplacer le raisonnement diagnostique.
La qualité du pronostic dépend souvent de la capacité à réévaluer rapidement l’hypothèse de départ.
Et malgré l’heure… difficile de ne pas apprécier ces patients-là. ❤️