08/07/2026
⤵️⤵️
𝐁𝐢𝐞𝐧 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐫𝐞𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐦𝐞́𝐭𝐚𝐛𝐨𝐥𝐢𝐬𝐦𝐞𝐬 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐛𝐢𝐞𝐧 𝐠𝐞́𝐫𝐞𝐫 𝐧𝐨𝐬 𝐜𝐡𝐞𝐯𝐚𝐮𝐱 : 𝐥𝐞 𝐜𝐚𝐬 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐟𝐨𝐮𝐫𝐛𝐮𝐫𝐞 🔥
S’il y a une notion qui nous semble fondamentale en nutrition équine, c’est bien celle de métabolisme.
➡ Le métabolisme peut se définir comme l’ensemble des réactions chimiques et biologiques qui ont lieu dans l’organisme.
Le métabolisme énergétique consiste à produire de l’énergie à partir de l’alimentation.
Chez les équidés, on distingue essentiellement 2 types de métabolismes :
➡ 𝐋𝐞𝐬 𝐦𝐞́𝐭𝐚𝐛𝐨𝐥𝐢𝐬𝐦𝐞𝐬 𝐥𝐞𝐧𝐭𝐬 : associés aux races rustiques plutôt « originelles »
➡ 𝐋𝐞𝐬 𝐦𝐞́𝐭𝐚𝐛𝐨𝐥𝐢𝐬𝐦𝐞𝐬 𝐫𝐚𝐩𝐢𝐝𝐞𝐬 : associés aux races type « sport » (même s’ils n’en font pas) avec une sélection génétique plus spécifique.
Si l’on prend les 2 extrêmes, il y aurait les ânes pour les métabolismes les plus lents et les pur-sang anglais pour les métabolismes les plus rapides.
C'est l'une des difficultés les plus couramment rencontrées dans les troupeaux : faire cohabiter (ou pas) les métabolismes différents (photo).
⚠ Nous parlerons essentiellement ici des caractéristiques liées à l’état corporel, nous ne rentrerons pas dans le détail des autres différences entre ces métabolismes, ni dans le détail des mécanismes de la fourbure.
𝐏𝐚𝐫𝐭𝐢𝐜𝐮𝐥𝐚𝐫𝐢𝐭𝐞́𝐬 𝐝𝐞𝐬 𝐜𝐡𝐞𝐯𝐚𝐮𝐱 𝐚̀ 𝐦𝐞́𝐭𝐚𝐛𝐨𝐥𝐢𝐬𝐦𝐞𝐬 𝐥𝐞𝐧𝐭𝐬 :
📍 Besoins énergétiques plutôt faibles : ils sont capables de tirer beaucoup d’énergie et de protéines d’une alimentation relativement pauvre.
📍 Ils peuvent passer plus de temps à manger que la moyenne grâce à une résistance à la leptine, l’hormone dite de « satiété » (ils n’y sont pas ou peu sensibles, ils peuvent donc manger même quand ils n’ont plus faim ni besoin de manger).
📍 Ils ont la capacité physique de stocker l’excédent d’énergie : ces fameux dépôts de gras (chignon, arrière de l’épaule, base de la queue, abdomen, dos).
✅ Ce ne sont pas des défauts de races, ce sont des mécanismes très économes et efficaces qui leur permettaient, en conditions « naturelles », de survivre aux périodes difficiles : ils mangeaient plus et stockaient aux périodes où la nourriture était un peu plus abondante, et destockaient aux périodes où ils avaient peu à manger. Ils parvenaient donc à garder un état corporel à peu près satisfaisant, en étant parfois un peu trop maigres, parfois un peu trop gros, mais avec une régulation au cours de l’année et des années.
🟠 En conditions domestiques (donc sans variations dans les apports nutritionnels qui sont finalement excessifs et avec beaucoup moins de mouvement), ces mécanismes performants de survie deviennent problématiques car leur génétique n’a pas évolué aussi vite que leurs conditions de détention :
📍 Surpoids permanent, dépôts de gras indurés et résistants même lorsqu’il y a perte de poids.
📍 Syndrome Métabolique Equin (SME) : résistance à l’insuline, dérégulation de la gestion des sucres dans l’organisme qui entraîne de nombreux problèmes (inflammation chronique, problèmes hormonaux, fourbure endocrinienne, etc.).
📍 Développement de nombreuses pathologies liées à l’inflammation chronique : problèmes respiratoires, dermite, dégradation générale du système immunitaire, problèmes dentaires, etc.
𝐏𝐚𝐫𝐭𝐢𝐜𝐮𝐥𝐚𝐫𝐢𝐭𝐞́𝐬 𝐝𝐞𝐬 𝐜𝐡𝐞𝐯𝐚𝐮𝐱 𝐚̀ 𝐦𝐞́𝐭𝐚𝐛𝐨𝐥𝐢𝐬𝐦𝐞𝐬 𝐫𝐚𝐩𝐢𝐝𝐞𝐬 :
📍 La capacité à prendre du poids au printemps/été avec l’herbe riche mais sans stockage excessif, permettant un retour à un poids normal à l’automne/hiver.
📍 Une moins bonne assimilation de certains nutriments si le fourrage n’est pas de bonne qualité : ils pourront perdre du poids plus facilement (et le sous poids entraîne également des pathologies : dégradation du système immunitaire, ulcères, fragilité des tissus, etc.).
📍 Peu de sensibilité à la fourbure dite « endocrinienne »
📍 Moins de résistance en conditions difficiles.
Pour résumer, à conditions de vie similaires « standards » c’est-à-dire respect des 3F (fourrage à volonté, liberté de mouvement et interactions sociales) et sans une activité sportive spécifique, il n’est pas normal de voir :
❌ Un pur-sang anglais, un selle-français ou un trotteur avec un chignon de gras induré sur l’encolure.
❌ Un mérens, un pur-sang arabe ou un lusitanien avec les côtes saillantes et la ligne du dos en tréteau.
𝐏𝐨𝐮𝐫𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐜𝐞 𝐩𝐨𝐬𝐭 ?
Nous sommes confrontées à la fourbure au quotidien dans notre métier : dans la majeure partie des cas, sur des chevaux rustiques, en surpoids, avec ou sans mesures spécifiques mises en place.
Mais de plus en plus, nous le sommes pour des chevaux de selle, parfois très jeunes, sans surpoids ni aucun stigmate de SME, mis au régime drastique car ils sont en fourbure et considérés comme SME (avec ou sans prise de sang, ou prise de sang unique avec une fiabilité très faible).
Quel que soit le métabolisme, cette fourbure (inflammation importante des pieds – entre autres) est prise en charge de la même manière. Mais les mécanismes en marche dans l’organisme sont rarement (pour ne pas dire jamais) les mêmes, et nous assistons à des catastrophes au niveau de la prise en charge alimentaire (pour ne parler que de ce qui nous concerne) avec des chevaux amaigris, démusclés, épuisés.
➡ Si vous faites face à un cas de fourbure sur un cheval à métabolisme rapide ou encore sur un cheval à métabolisme lent dont le quotidien est géré, sans surpoids marqué, sans stigmate de SME, alors il y a possiblement d’autres causes à chercher qu’un problème d’herbe ou de foin trop riche (ce sont loin d'être les seuls facteurs d'inflammation !).
Même un peu en surpoids au printemps/été, un cheval de selle n’est pas prédisposé à la fourbure endocrinienne. Il y a évidemment des exceptions comme toujours, mais pour une bonne prise en charge alimentaire (et vétérinaire bien entendu), posez-vous toujours la question de la pertinence des symptômes avec le métabolisme naturel/originel de votre cheval, et n’hésitez pas à contacter des professionnels qui pourront vous aider à y voir plus clair avant de les affamer 🌿
Vous pouvez nous dire en commentaires la ou les races de chevaux que vous avez, quel type de métabolisme ils ont et s’ils font exception à la règle (ou non !) 😊