21/02/2026
La saison de chasse à la bécasse vient de s’achever, et avec elle s’éteint doucement une parenthèse hors du temps.
Il y avait ces matins froids où la brume s’accrochait aux lisières. Les sous-bois encore humides de rosée craquaient sous les pas, et chaque bruit semblait plus intense, plus vivant. On avançait lentement, le cœur attentif, guettant le moindre frémissement dans notre cher Piémont adoré 🏔️
Malgré les efforts de nos fidèle compagnons a quattres pattes , la bécasse surgissait parfois sans prévenir, éclat brun dans la lumière pâle, zigzag imprévisible entre les troncs. Un battement d’ailes sec, un instant suspendu, puis le silence retombait, aussi dense qu’avant. Même bredouille, on rentrait riche de ces instants — riche d’odeurs de terre, de feuilles mortes et de mousse, riche du regard complice du chien, infatigable et fier.
Les journées étaient courtes, mais elles semblaient pleines. Il y avait la chaleur d’un café partagé au retour, les récits répétés autour de la table avec le paternel, les gestes lents pour nettoyer le fusil, comme pour prolonger encore un peu la saison. Chaque sortie portait en elle un mélange d’espoir et d’humilité, car la bécasse ne se donne jamais vraiment : elle se mérite, ou elle s’échappe.
Maintenant les fusils sont rangés, les chiens se reposent, et les sous-bois retrouvent leur tranquillité. Pourtant, quelque part en nous, les matinées fraîches continuent de vibrer. On sait déjà que lorsque les premières feuilles tomberont à l’automne prochain, l’appel reviendra.
En attendant, il ne reste que la nostalgie douce des pas dans la forêt et le souvenir d’un oiseau furtif qui, l’espace d’un instant, nous a fait battre le cœur plus fort. 🪶