02/01/2026
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DÉRIVES DE LA MÉTHODE BISOUNOURS
Texte: Des Crins de verdure 👌
Depuis quelque temps, on voit émerger dans le monde du cheval une idée séduisante, bien intentionnée, mais parfois dangereusement mal comprise :
👉 la recherche constante du consentement total de l’animal.
Sur le principe, c’est joli. Ça sent bon la lavande et les photos Instagram en lumière dorée.
Dans la pratique, quand cette recherche devient systématique, idéologique et déconnectée du réel, elle aboutit souvent à une chose très simple :
un manque de cadre.
Un peu comme un ado lâché seul dans un supermarché sans plan, sans horaire et sans adulte référent ... Tu sais pas trop ce que tu trouveras sur le ticket de caisse 🛒
Et un cheval sans cadre, ce n’est ni un cheval libre, ni un cheval plus heureux.
C’est un cheval paumé
Avant toute chose, rappelons un fait essentiel , le cheval est un animal domestique ( Non ca n'est pas une insulte , rangez vos lance-pierre et détendez vous )
Nos chevaux modernes ne vivrons plus jamais comme leurs ancêtres. Quelque soit les moyens que tu y mets.
Même dans de grands espaces avec du foin bio récolté a la main un soir de pleine lune par un druide en sandales...Même avec de bonnes intentions plein les poches.
Il ne marchera pas 20 km par jour.
Il ne mangera pas 40 variétés de plantes différentes,
Il n'aura pas a affronter les dangers de la nature sauvage ( et Marcel , le teckel du voisin , ne compte pas comme un prédateur ).
Il vivra dans un environnement contrôlé, limité, organisé par l’humain.
Et ce simple constat implique forcément une chose :
👉 nous devons intervenir pour préserver leur bien être.
C’est là que l’hyper-consentement montre ses limites.
Parce qu’attendre l’approbation enthousiaste d’un cheval d'une demi tonne , quand toi tu pese tout juste un demi quintal ( **avant les fêtes **) pour :
– voir le dentiste
– recevoir un vaccin
– se faire parer
– rester immobile quand on le lui demande
C'est illusoire. Pour ne pas dire dangereux.
c’est un peu comme attendre qu’un enfant réclame spontanément une prise de sang à jeun.
Ça peut arriver.
Mais il ne faut pas organiser sa vie autour de cette hypothèse.
Alors certains mots font bondir plus haut qu'un anglo arabe devant un sac plastique lâché en pleine nature.
"cadre" "autorité" ou même "dominance"
Peu importe le vocabulaire, au fond.
Ce qui compte, c’est la réalité du terrain.
Le terme de " dominance" est discutable. Je n'ai pas encore d'avis définitif sur la pertinence de ce terme dans les relations interespece. Mais j'y travaille.
On va donc parler de " référent " pour éviter de me prendre des cailloux en pleine tête... Ça fait plus "éthologique", ça passe mieux . Même s'il faut encore que je me penche sur la réelle distinction entre ces termes.
Être le leadership ou le référent ce n’est pas écraser le cheval ni jouer au chef de guerre viking.
C’est juste dire clairement : “t’inquiète, je gère.”
Un cheval dominant… ce n’est pas un tyran.
C’est celui qui décide quand il faut décider,
qui donne une direction,
et qui ne change pas d’avis toutes les trois secondes et qui assure la sécurité du troupeau ( même si en vrai a l'état naturel c'est la matriarche qui commande et l'étalon qui assure la sécurité, hein ... ).
Un cheval, face à un humain clair, cohérent et constant, se détend.
Parce qu’il n’a plus besoin de réfléchir, d’anticiper, de tester, de se demander
“Bon… qui est ce qui commande aujourd’hui ?”
C’est un peu comme un GPS fiable :
quand il parle clairement, tu conduis tranquille.
Quand il hésite, recalcule sans arrêt et te dit “faites demi-tour” tous les 200 mètres, tu angoisses un peu.
Le leadership constant et cohérent est rassurant.
Et un cheval rassuré, c’est un cheval plus calme,
plus confiant,
et beaucoup moins tenté de prendre les commandes.
À force de vouloir supprimer toute frustration, on crée parfois des chevaux plus fragiles et plus instables.
Et surtout en manque de confiance.
Un cadre clair, pour un cheval, c’est comme un garde-corps sur un pont :
ça ne l’empêche pas d’avancer,
ça évite juste de finir les 4 fers en l'air dans le ravin.
Le bien-être animal ne se mesure pas au nombre de contraintes supprimées,
Il se mesure à la qualité du cadre imposé.
Un cadre solide, lisible, constant.
Pas un cadre qui change selon l’humeur, la météo ou la dernière vidéo vue sur Instagram.
Entre la brutalité d’un autre âge du genre :
“ça a toujours marché comme ça, donc tais-toi”
et l’hyper-consentement version
“on attend qu’il soit émotionnellement prêt, aligné avec ses chakras et dispo mardi prochain pour lui proposer son complément alimentaire ”,
il existe une voie exigeante, moins spectaculaire, mais beaucoup plus efficace :
Observer , réfléchir et expliquer quand c’est possible.
Qu’on s’entende bien :
inutile de lire le devis du dentiste à votre cheval ou de lui présenter les différentes options de financement.
Mais travailler en amont la manipulation de la bouche, de la langue, la tolérance au contact de ses dents ?
Là y a déjà plus de chance que ça passe mieux.
Aimer son cheval, ce n’est pas lui laisser le volant, la carte, et le choix de l’itinéraire en pleine tempête.
C’est parfois décider pour lui,
quand il n’a ni les outils, ni le recul, ni le cerveau préfrontal pour le faire ( j'ai dit cerveau préfrontal hein... Ne me sautez pas dessus en m'expliquant que si , votre cheval a un cerveau.j'en suis bien heureuse... même si on doute parfois qu'ils en soient tous dotés 🤨)
Wala wala... Tout ça pour dire qu'il est temps que je fasse venir le dentiste à la maison.
Un texte Des Crins de verdure 👌👌👌 merci beaucoup pour votre écriture