24/06/2026
🔹️Avant mon AVC, j'étais éducateur canin, rééducateur comportemental et formateur. Plus qu'un métier, c'était une véritable passion. Avec les chiens, tout semblait naturel. Mes explications étaient profondément ancrées en moi, construites par des années d'expérience. Pendant que je parlais, une autre partie de mon esprit observait déjà le chien : ses émotions, son stress, ses hésitations, son langage corporel. Je comprenais ce qu'il exprimait presque instinctivement et j'adaptais immédiatement mon approche.
🔹️Puis l'AVC est arrivé.
Du jour au lendemain, quelque chose d'essentiel s'est brisé. Pourtant, mes connaissances n'ont jamais disparu. Je savais toujours observer, analyser et comprendre les chiens. Je connaissais toujours les exercices, les méthodes et les objectifs. Mais les mots, eux, ne répondaient plus.
C'était comme si une porte s'était fermée entre mes pensées et ma parole.
Je savais exactement ce que je voulais dire, mais je ne trouvais plus les mots pour l'exprimer. Les phrases restaient bloquées dans mon esprit. Par exemple, pour l'exercice du « Au pied », je connaissais parfaitement chaque étape, chaque détail, chaque objectif. Tout était clair dans ma tête, mais impossible de l'expliquer avec fluidité.
Le plus difficile n'était pas d'avoir perdu mes connaissances. Le plus douloureux était de savoir qu'elles étaient toujours là, intactes, sans pouvoir les transmettre comme avant.
À l'intérieur, j'étais toujours le même professionnel, avec la même passion et le même regard sur les chiens. Mais à l'extérieur, cela ne se voyait plus toujours.
🔹️Aujourd'hui, je mesure le chemin parcouru. Retrouver les mots demande du temps, des efforts et beaucoup de persévérance. Mais chaque phrase retrouvée est une victoire. Chaque explication transmise prouve qu'au-delà de l'AVC, je suis toujours là. Mes connaissances n'ont jamais disparu ; elles ont simplement dû trouver un nouveau chemin pour s'exprimer.
— Nicolas Greveldinger