17/04/2024
Et oui... Un groupe ça se gère. Un chien mal à l'aise ne va pas le montrer de façon flagrante au début. Ça va monter en pression au fil du temps et ne se montrera pas dans les grands groupes à cause de l'inhibition créé par l'immersion. Par contre en petit groupe ou face à un chien seul, ce chien qu'on aura forcé et pas écouté va se mettre à cartonner les autres... La bonne recette pour la création d'un chien réactif !
Récemment, une amie ma demandé pourquoi je ne faisais pas plus de collectif avec mes pensionnaires.
"Ca te ferait gagner du temps, et tu pourrais faire des vidéos et des photos sympas de chiens en groupe !"
C'était une réflexion pertinente.
D'ailleurs quand j'ai commencé, je faisais bien plus de collectif.
Oui mais ça c'était avant.
Avant que je me forme davantage et que je sache repérer les signaux d'inconfort les plus discrets.
Que je comprenne mieux comment les traumas se forment.
Comment la réactivité se met en place.
On voit souvent la réactivité comme une réaction à un gros traumatisme (une attaque d'un autre chien inconnu, par ex). Mais souvent, la réactivité est le fruit de nombreuses situations de petit inconfort, de petits stress, de petites trahisons (le chien demande de l'aide et n'en reçoit pas), etc.
La réactivité se met souvent en place à bas bruit : le chien devient moins patient, moins conciliant, et comme on le laisse se débrouiller, qu'on ne vient pas à son secours, il essaye d'autres stratégies, et il s'aperçoit que grogner, pincer ou cartonner, ça lui apporte ce qu'il a demandé poliment sans succès depuis des années (ou seulement des jours).
Je m'inclus dans ce "on", car au début, c'est ce que j'ai fait avec mes propres chiennes : je leur faisais rencontrer un maximum de chiens, je les laissais remettre en place les malpolis et les excités, je les laissais au contact des autres car je pensais que c'était enrichissant...
.. et puis j'ai constaté que vers 7-8 ans, leur caractère changeait : elles étaient moins enthousiastes à l'idée de rencontrer d'autres chiens, moins patientes, moins joueuses, moins tolérantes, qu'elles se fâchaient plus vite.
Puis j'ai réalisé que je ne les avais pas assez écoutées. Que je n'étais pas assez venue à leur aide quand elles me le demandaient. Que je les avais (involontairement) trahies en les laissant dans des situations compliquées sans intervenir.
Depuis, je protège mes chiens, et ceux des autres.
Je suis attentive au moindre signal d'inconfort. J'interviens dès qu'un chien n'est pas à l'aise. Je sépare dès qu'il demande de l'aide.
Et tant p*s si ça me prend plus de temps et que je fais moins de photos et vidéos de gros groupes de chiens ;)