04/08/2026
Il y a deux jours, cela faisait un an que Belluccia est entrée dans notre vie (le 2 août 2025).
Au départ, ce n’était qu’un post Facebook parmi tant d’autres.
"Petite Malinoise, un peu craintive. Née au refuge après la saisie de sa mère pour maltraitance. Une portée de six chiots. Un an."
Quelques lignes. Une histoire résumée en quelques mots.
Mais un chien n’est jamais ce qui est écrit sur son annonce.
Le jour où je suis venu te chercher, tu n’étais pas cette "petite chienne un peu craintive".Tu étais une chienne qui n’avait jamais vraiment appris que le monde pouvait être sûr. Pas correctement vaccinée. Envahie de puces. Obligée d’être manipulée alors que chaque contact te faisait croire qu’il fallait te défendre. Tu protégeais la voiture parce que le stress débordait de partout. Tu chargeais toute personne qui entrait dans la maison.
Et très vite, j’ai compris.
Ce n’était pas de la mauvaise volonté. Ce n’était pas un "mauvais caractère". C’était une chienne qui vivait dans une alerte permanente. Une chienne qui semblait découvrir le monde bien trop t**d. Cinq minutes dehors suffisaient à la mettre en difficulté. Chaque nouveauté coûtait une énergie f***e.
À ce moment-là, on comprend quelque chose d’important.
Éduquer un chien, ce n’est pas lui apprendre à obéir. C’est souvent reconstruire un cerveau qui a appris que survivre était plus important que vivre.
Alors on oublie l’ego.
On oublie les délais.
On oublie les « il devrait déjà savoir ».
On avance au rythme du chien.
Parce que si, dans ces moments-là, on brûle les étapes… on ne perd pas juste une séance. On détruit parfois la confiance qui permettra de tout reconstruire.
Tu n’es clairement pas à l’aise avec les autres chiens. Tu sais très bien les lire. Mais certains comportements restent encore difficiles à vivre pour toi. Les déplacements rapides, les courses, l’excitation… tout ça t’agace profondément. Tu cherches encore parfois à contrôler les déplacements des autres chiens pour que tout s’arrête. Ce n’est pas un chapitre terminé, c’est un travail qui continue. On avance, doucement, sans chercher à faire de toi un chien que tu ne seras jamais.
Tu es aussi la meilleure grande sœur que Yuzu pouvait espérer.
Tu l’écrases.
Tu le pousses.
Tu l’envahis.
Tu es incroyablement ATTA-CHIANTE.
Mais tu es aussi celle qui le comprend le mieux. Celle qui le protège parfois, même si, promis, je peux gérer ma fille tout seul.
Vos bagarres sont les plus belles à regarder, parce qu’elles racontent votre confiance.
Merci pour toute la patience que tu as avec Yuzu. Tu participes aussi à le construire.
Et puis il y a cette tête.
Tu n’as pas vraiment la tête des Malinois auxquels j’étais habitué. Pas le grand masque noir, pas le look très « lignée travail ».
Toi, tu as une bouille un peu tartouille. Un drôle de mélange entre une lignée beauté et une lignée travail.
Et franchement…
Je ne l’échangerais pour rien au monde.
Le soir même où tu es arrivée, tu as compris quelque chose.
Tu as compris que j’allais t’aimer comme on ne t’avait peut-être jamais aimée.
Mais avec le temps, j’ai compris quelque chose, moi aussi.
Aimer un chien ne suffit pas.
L’aimer vraiment, c’est accepter de remettre en question ses habitudes, son quotidien, ses certitudes, ses compétences, parfois même sa propre vision des choses, uniquement pour lui offrir la vie qu’il mérite.
C’est ça, aimer.
Alors merci, ma fille.
Je t’ai adoptée parce que je voulais aider un Malinois dans le besoin.
Finalement, je n’ai pas trouvé “un Malinois”.
J’ai trouvé ma fille.
Je n’ai que 23 ans, mais toi et Yuzu êtes celles qui m’ont appris ce que voulait dire devenir dog parent.
J’espère simplement être, chaque jour, à la hauteur de la confiance que vous m’accordez.
Joyeux premier anniversaire d’adoption, Belluccia. ❤️