30/05/2026
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𝙇𝙚 𝙙𝙖𝙣𝙜𝙚𝙧 𝙙𝙚𝙨 𝙘𝙝𝙞𝙚𝙣𝙨 𝙦𝙪𝙞 𝙙𝙤𝙣𝙣𝙚𝙣𝙩 𝙩𝙤𝙪𝙩 ⚠️
𝘊𝘦𝘶𝘹 𝘲𝘶’𝘰𝘯 𝘢𝘥𝘮𝘪𝘳𝘦… 𝘦𝘵 𝘲𝘶’𝘰𝘯 𝘰𝘶𝘣𝘭𝘪𝘦 𝘱𝘢𝘳𝘧𝘰𝘪𝘴 𝘥𝘦 𝘱𝘳𝘰𝘵𝘦́𝘨𝘦𝘳.
Dans le monde canin, certains chiens impressionnent immédiatement.
Ce sont souvent les plus rapides, les plus intenses, les plus engagés, les plus brillants.
Ceux qui semblent infatigables. Ceux qui continuent malgré la fatigue, malgré la chaleur, malgré l’effort. Les chiens qui “ne lâchent jamais”.
Honnêtement, il est difficile de ne pas admirer ce type de chien, car il donne tout. Il respire la vie ! Il avance encore alors que plusieurs auraient déjà ralenti. Il semble vivre pour travailler, courir, performer, suivre son humain.e jusqu’au bout du monde.
Dans plusieurs disciplines sportives, ces chiens deviennent rapidement des références de performance, des machines de guerre... et avec les vidéos qu'on retrouve sur les reseaux sociaux c'est encore pire. On ne voit pas l'envers du décor et avec les années, une question s’est tranquillement imposée dans mon esprit :
𝘌𝘵 𝘴𝘪 𝘭𝘦𝘴 𝘤𝘩𝘪𝘦𝘯𝘴 𝘭𝘦𝘴 𝘱𝘭𝘶𝘴 𝘪𝘮𝘱𝘳𝘦𝘴𝘴𝘪𝘰𝘯𝘯𝘢𝘯𝘵𝘴 𝘦́𝘵𝘢𝘪𝘦𝘯𝘵 𝘢𝘶𝘴𝘴𝘪 𝘱𝘢𝘳𝘧𝘰𝘪𝘴 𝘤𝘦𝘶𝘹 𝘲𝘶’𝘰𝘯 𝘶𝘴𝘦 𝘭𝘦 𝘱𝘭𝘶𝘴 𝘳𝘢𝘱𝘪𝘥𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵 ?
Parce qu’il faut comprendre une chose essentielle : certains chiens ne savent pratiquement pas s’arrêter eux-mêmes.
Ce n’est pas un défaut de "fabrication", c'est souvent :
● le résultat d’une génétique de travail
● une sélection sur la persistance
● une motivation sociale extrêmement forte
● une capacité élevée à tolérer l’effort ou simplement d’un tempérament profondément volontaire.
Ces chiens existent réellement et paradoxalement, ce sont souvent eux qui nécessitent le plus de protection de notre part.
Parce qu’un chien qui continue n’est pas automatiquement un chien qui va bien.
𝙎𝙖𝙫𝙖𝙞𝙨-𝙩𝙪 𝙦𝙪'𝙪𝙣 𝙘𝙝𝙞𝙚𝙣 𝙥𝙚𝙪𝙩 𝙥𝙤𝙪𝙧𝙨𝙪𝙞𝙫𝙧𝙚 𝙪𝙣𝙚 𝙖𝙘𝙩𝙞𝙫𝙞𝙩𝙚́ 𝙢𝙖𝙡𝙜𝙧𝙚́ 𝙡𝙖 𝙙𝙤𝙪𝙡𝙚𝙪𝙧, 𝙡’𝙚́𝙥𝙪𝙞𝙨𝙚𝙢𝙚𝙣𝙩, 𝙡𝙚 𝙨𝙩𝙧𝙚𝙨𝙨 𝙚𝙩 𝙡’𝙞𝙣𝙘𝙤𝙣𝙛𝙤𝙧𝙩 𝙥𝙝𝙮𝙨𝙞𝙦𝙪𝙚 𝙨𝙞𝙢𝙥𝙡𝙚𝙢𝙚𝙣𝙩 𝙥𝙖𝙧𝙘𝙚 𝙦𝙪’𝙞𝙡 𝙖 𝙖𝙥𝙥𝙧𝙞𝙨 𝙖̀ 𝙥𝙚𝙧𝙨𝙞𝙨𝙩𝙚𝙧 ?
Certains chiens sont tellement engagés dans la relation humaine qu’ils iraient littéralement au bout d’eux-mêmes avant de s’arrêter. Et c’est précisément ce qui les rend à la fois extraordinaires et vulnérables. Ils sont parfois extrêmement difficiles à "lire" jusqu'à ce qu'ils tombent.
Dans les sports canins, il existe parfois une glorification implicite de cette capacité à “tout donner”. Plus le chien semble intense, plus il impressionne. Plus il continue malgré les conditions difficiles, plus on admire son courage ou sa motivation. Comme chez l'humain quoi 😅
Éthiquement, une question de pose et je pense qu’il faut faire extrêmement attention à cette vision. Parce qu’à force de valoriser les chiens qui repoussent constamment leurs limites, on finit parfois par oublier de se demander qui protège ce chien de lui-même et on tasse les autres du revers de la main.
J’ai connu des chiens qui auraient continué jusqu’à se briser. Pas parce qu’ils étaient maltraités ou que leur humain était mauvais. Souvent au contraire, ces chiens étaient profondément aimés, mais leur motivation était tellement grande que leur propre désir d’engagement devenait difficile à lire objectivement.
𝙀𝙩 𝙘’𝙚𝙨𝙩 𝙡𝙖̀ 𝙦𝙪𝙚 𝙡𝙖 𝙡𝙪𝙘𝙞𝙙𝙞𝙩𝙚́ 𝙝𝙪𝙢𝙖𝙞𝙣𝙚 𝙙𝙚𝙫𝙞𝙚𝙣𝙩 𝙛𝙤𝙣𝙙𝙖𝙢𝙚𝙣𝙩𝙖𝙡𝙚.
L’amour d’un chien pour l’effort ou l'attachement envers son humain ne doit jamais devenir une excuse pour ignorer les signaux d’usure.
Parce que l’usure ne se manifeste pas toujours brutalement. Parfois, elle s’installe lentement et c'est primordiale d'être en mesure d'identifier les signes que quelque chose ne va pas :
🚩 Récupération plus difficile
🚩 Irritabilité
🚩 Sommeil perturbé
🚩 Tensions musculaires chroniques
🚩 Perte subtile de motivation
🚩 Hyperactivation permanente
🚩 Blessures qui s’accumulent
🚩 Incapacité à réellement décrocher
Malheureusement, dans un milieu où la performance est valorisée, plusieurs de ces signes sont normalisés.
On admire les chiens toujours prêts, ceux qui explosent dès qu’ils voient leur équipement, ceux qui semblent vivre uniquement pour travailler.
Pourtant, un système nerveux incapable de ralentir n’est pas nécessairement un système nerveux équilibré. Et ça, je crois que plusieurs chiens de sport le vivent et que plusieurs personnes ferment encore les yeux.
Je me souviens particulièrement d’une compétition de bikejoring lors d’un championnat canadien. À cette période, j’effectuais un retour au vélo. Je voulais simplement retrouver mes repères, me sentir de nouveau “dans la gang”, retrouver cette sensation de faire équipe avec mon chien.
Je savais que j’étais capable malgré les enjeux de la vie familiale et un retour de grossesse, mais cette année-là, le parcours habituel avait été modifié. Au lieu d’un tracé plus roulant, rapide et stable, on se retrouvait avec un terrain beaucoup plus technique, rempli de montées rocheuses et de sections instables.
Mon vélo connaissait des problèmes mécaniques. J’ai donc emprunté celui de mon conjoint. Sur papier, ça semble banal. “Un vélo, c’est un vélo.” Sauf que non !
Pas quand tu es sensible aux changements techniques. Pas quand ton corps fonctionne au détail près. En plus, mes nouvelles chaussures à clips étaient mal ajustées pour ce vélo et ne déclippaient pas assez vite 🤣 Bref… tout ce qui pouvait nuire à ma fluidité habituelle était réuni cette journée-là.
La course se déroulait pourtant très bien. J'aurais pu fermer les yeux et Kimik m'aurait mené à la ligne d'arrivée en 1 morceau 😇
Puis nous sommes arrivés devant une montée technique particulièrement exigeante. Une pente remplie de grosses roches où je savais très bien que Kimik aurait dû fournir la majorité de l’effort pour nous sortir de là. Cétait limite acceptable pour la stabilité du chien en pleine traction dans une montée. L'équipe devant nous avait diminué le rythme et j'ai perdu la cadence en essayant de me frayer un chemin. Et c’est précisément à ce moment que quelque chose s’est replacé dans ma tête.
Oui, Kimik aurait été capable de me tirer jusqu’en haut et sans hésiter, mais ce n’était pas à lui de le faire.
Je n’étais pas suffisamment préparée techniquement pour ce type de terrain. Le sol était instable pour ses pattes. Et honnêtement, je ne trouvais pas juste de lui demander de compenser mes propres limites dans ce contexte-là. Alors j’ai débarqué du vélo pour marcher la seconde partie avec lui. J'ai laissé passer 2 équipes mieux préparées pour ne pas leur nuire. J'ai débarqué.
Pas parce que mon chien refusait.
Pas parce qu’il n’était pas capable.
Pas parce qu’on était en difficulté.
J’ai débarqué parce que je considérais que c’était un travail d’équipe et que je voulais être bonne joueuse. Si tu ne peux pas garder le rythme, tu dégages le chemin pour les autres. Par respect pour ton chien et pour ceux qui doivent le dépasser.
Nous avons terminé cette portion à la marche. Deux équipes nous ont dépassés. Puis, une fois le terrain plus stable revenu, nous sommes repartis pleine vitesse et avons même dépassé une équipe avant l’arrivée.
Après la course, une participante est venue me demander pourquoi j’étais descendue du vélo. Elle semblait sincèrement surprise lorsque je lui ai répondu que ce n’était pas à mon chien de me sortir de là.
Je pense que ma réponse résume profondément ma vision du sport canin, car plusieurs chiens auraient continué et plusieurs chiens continuent constamment.
Et c’est justement pour cette raison qu’ils ont besoin qu’on réfléchisse pour eux dans certaines situations.
Avec le recul, je crois que ce moment a marqué un tournant dans ma relation avec la compétition.
Pas parce que je n’aimais plus le sport. J’adore encore profondément bouger avec mes chiens, mais je ne me reconnaissais plus dans cette culture où le podium semblait parfois avoir plus d’importance que tout ce qui avait été construit entre le chien et l’humain pour se rendre jusque-là.
Ce que j’aime réellement, ce n’est pas de gagner. C’est cette sensation extrêmement difficile à décrire où, attachés ensemble, nous filions comme le vent avec l’impression de n’être que le prolongement l’un de l’autre.
Cette espèce de langage silencieux entre deux corps en mouvement.
Cette symbiose qu'aucun podium ne pourra jamais m'offrir d'aussi fort.
Avec Kimik, mes plus beaux souvenirs ne sont pas les compétitions, ce sont les kilomètres parcourus ensemble.
🏆 Les aventures
🏆 Les montagnes
🏆 Le silence
🏆 Le souffle du vent
🏆 Les pauses au sommet à contempler le paysage avec un morceau de saucisson partagé entre nous deux.
Parce qu’au final, la vraie réussite n’est pas d’avoir un chien performant.
C’est de construire une relation assez forte pour que, jusqu’à la toute fin, ton chien ait encore envie de partir à l’aventure avec toi.
Et ça, cette symbiose, cette fluidité dans le mouvement avec l'autre, je te le souhaite sincèrement 🧡
Et si tu l'as déjà trouvé, dis-moi comment ça se passe avec ton duo et comment tu profites de ces moments exceptionnels 👇
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Photo de notre team sur le départ de cette fameuse course à Bristol Dryland. Je l'aime cette photo, car l'intensité de Kimik est tellement palpable.