21/12/2025
Bonjour a tous,
J’essaie habituellement de ne pas prendre part aux débats sur les réseaux sociaux pour plusieurs raisons.
Entre autres, m’épargner émotionnellement, parce que c’est énergivore et que je préfère garder mon énergie pour mes clients et je dois l’avouer, parce que l’écriture n’est pas ma plus grande qualité😅 et que d’autres sont bien plus doué(es) que moi.
Certains éducateurs depuis plusieurs années se démènent pour faire évoluer les méthodes éducatives et la perception du chien (et autres animaux) auprès du grand public.
J’estime en faire partie à mon petit niveau auprès de mes clients.
Mais d’autres, vont encore plus loin, visent plus haut. D’où l’évolution des lois autour du bien-être animal (même si il reste du travail) entre autres, dernièrement l’interdiction de l’utilisation du collier électrique, étrangleur, torcatus par les professionnels. Cette lois ne va pas assez loin puisqu’ils sont encore commercialisés mais c'est une première avancée.
Suite à la publication d’une autre éducatrice canin (au Canada) connue pour être en méthode positive et largement suivie par les éducateurs canins français, qui parle de l’utilisation du collier électrostatique qui pourrait pour certains chiens être bénéfique.
Je ne peux me taire cette fois-ci. Je n’y arrive pas.
Pour quelle raisons cette fois-ci?
Pour plusieurs raisons qui n’ont pas beaucoup d’intérêt sur ce post donc revenons au sujet principal.
Rien ne justifie la violence, pas même le fait de l’utiliser avec parcimonie, à basse intensité, Rien.
La violence, même la plus petite soit-elle, a un impact sur un être vivant.
Aucun chien n’a demandé à vivre dans notre société avec les contraintes que cela engage.
Nous avons une responsabilité envers lui.
Selon ma propre vision de l’éducation canine, celle de l’accompagner, le guider et le respecter.
Cela n’empêche pas d’apporter un cadre au chien, bien au contraire mais ce cadre appris avec bienveillance et cohérence, doit être utile pour son bien-être, sa sécurité, le respect des autres et non pour nous valoriser, faire de l’autoritarisme.
Lorsqu’un apprentissage est mis en place pour les raisons citées plus haut, le résultat ne doit pas être le seul objectif, la seule source de motivation.
Ce qui compte vraiment, c’est le chemin emprunté.
Celui qui apportera sécurité physique et émotionnelle au chien.
Celui qui renforcera le lien de confiance entre le chien et l’humain.
Alors si un professionnel utilise, la violence, la menace, si petite soit-elle, vous avez le droit de dire Non. Je dirais même que vous en avez le devoir envers votre chien.
A vous de choisir qui vous souhaitez être pour votre chien.
🐕Prenez soin de vous et de vos poilus.🐕
Comparer l’usage d’un collier électrique à une “nuance” éducative pose un vrai problème de fond.
Dire « ce n’est pas violent parce que c’est à faible dose », c’est exactement le même raisonnement que :
👉 « Ce n’est pas de la violence conjugale, je ne frappe pas fort »
👉 « Ce n’est pas de la maltraitance, ce n’est qu’une claque »
👉 « Ce n’est pas traumatisant, c’est ponctuel et contrôlé »
La violence ne se définit pas par l’intensité ressentie par celui qui l’exerce, mais par :
• l’absence de consentement
• l’imprévisibilité pour celui qui la subit
• la contrainte
• et l’apprentissage par la peur ou l’évitement
Un chien ne choisit pas de recevoir une stimulation électrique.
Il ne comprend pas le cadre moral, l’intention éducative ou la “bonne dose”.
Il apprend simplement : « quand je fais X, quelque chose de désagréable arrive ».
⚠️ Et c’est là que l’analogie avec une personne battue est pertinente — même si elle dérange.
Beaucoup de personnes violentées :
• continuent à fonctionner “normalement”
• semblent joyeuses, actives, sociales
• voient leurs comportements “s’améliorer” extérieurement
➡️ Pourtant, le coût interne est réel : hypervigilance, inhibition, perte de choix, adaptation par survie.
Chez le chien, c’est pareil.
Un comportement qui disparaît n’est pas une preuve de bien-être.
Un chien qui “obéit” n’est pas nécessairement un chien apaisé.
💡 Dire que « l’aversif a amélioré sa vie » est un raccourci dangereux.
Oui, un chien peut courir, jouer, explorer tout en ayant appris que l’erreur fait mal.
Oui, les Tocs peuvent diminuer quand le chien est occupé physiquement.
Mais cela ne valide en rien l’outil utilisé pour y arriver.
👉 Ce n’est pas parce qu’un individu s’en sort après une contrainte qu’elle était justifiée.
La vraie question éthique n’est pas :
❌ « Est-ce que ça marche ? »
❌ « Est-ce que le chien a l’air OK ? »
Mais :
✅ « Avait-il le choix ? »
✅ « Avait-on d’autres solutions sans douleur ni menace ? »
✅ « Est-ce que j’accepterais ce raisonnement appliqué à un enfant ou à un adulte vulnérable ? »
Refuser le collier électrique, ce n’est pas être rigide ou idéologique.
C’est poser une limite claire : la douleur, même faible, n’est pas un outil éducatif acceptable.
Et surtout :
👉 Le bien-être ne se négocie pas à coups de compromis techniques.
Chez Animagick, on ne cherche pas des chiens “fonctionnels”.
On cherche des chiens en sécurité émotionnelle, capables de choisir, d’apprendre et de coopérer sans crainte.
Parce qu’un chien n’a pas à supporter l’éducation pour mériter une “vraie vie de chien”.
Animagick
Ps :
👉 L’éducation n’est pas une prise de pouvoir.
C’est une construction de confiance.
👉Un chien soumis à une stimulation électrique apprend avant tout une chose :
« Celui qui est censé me protéger est aussi capable de me faire mal. »