Elly Pet's Camp - Comportementaliste Canin

Elly Pet's Camp - Comportementaliste Canin 🌈 Pour plus d'harmonie au sein de nos foyers 🌈

21/11/2021

đŸŸ DIX IDÉES REÇUES SUR LE COMPORTEMENT CANIN đŸŸ

Tout le monde a son petit avis sur l’éducation et le comportement canins. Parfois mĂȘme, les personnes n’ayant jamais partagĂ© leur vie avec un chien. Je vous propose un petit florilĂšge d’idĂ©es reçues qui ont la vie dure sur le comportement de nos compagnons. Vous y retrouverez des thĂšmes que j’ai dĂ©jĂ  abordĂ©s plus d’une fois
 mais dans certains cas, radoter peut s’avĂ©rer bĂ©nĂ©fique !

🐕 « Rassurer un chien qui a peur renforce sa crainte » :

C’est faux. On ne peut pas renforcer une Ă©motion. En revanche, on peut renforcer un comportement : si votre chien vient se rĂ©fugier dans vos jambes quand il a peur et que vous le cajolez Ă  ce moment-lĂ , cela peut l’inciter Ă  reproduire ce comportement par la suite. Il ne faut donc pas hĂ©siter Ă  rassurer un chien qui a peur, sans en faire des caisses non plus. L’idĂ©al est d’essayer de dĂ©tourner l’animal sur une autre action, et de le remettre en mouvement pour qu’il cesse de se focaliser sur l’objet de sa peur.

🐕 « Un chien a besoin d’un jardin pour ĂȘtre heureux » :

Non, non et non. Avoir un jardin, le chien s’en soucie comme d’une guigne. Ce qui l’intĂ©resse, c’est de vivre une vie riche, de rencontrer des congĂ©nĂšres, de partager des moments avec son humain d’attachement, de partir explorer le quartier
 et tout ça, on ne le trouve pas dans un jardin. Le jardin n’est qu’une simple piĂšce supplĂ©mentaire de la maison. Un chien qui vit en appartement est souvent plus Ă©panoui qu’un chien qui vit en maison avec jardin : ses propriĂ©taires Ă©tant « obligĂ©s » de le sortir en extĂ©rieur, il mĂšne souvent une existence plus intĂ©ressante que les toutous qui passent la moitiĂ© de leur vie Ă  tourner en rond dans leur jardin.

🐕 « Quand deux chiens se rencontrent, il faut les dĂ©tacher et tout se passera bien » :

Il faut Ă©viter les raccourcis hĂątifs. Deux chiens en laisse peuvent tout autant se sentir Ă  l’aise lors d’une premiĂšre rencontre, Ă  partir du moment oĂč les laisses sont suffisamment longues, oĂč l’on ne les entrave pas et oĂč l’on n’intervient pas (pas de caresses ni de « Tu es gentil RamsĂšs hein, tu es gentil avec le chien du Monsieur », paroles Ă  travers lesquelles votre compagnon peut ressentir votre stress Ă©ventuel. Certains chiens un peu timorĂ©s sont mĂȘme plus Ă  l’aise lors des rencontres en laisse. L’outil constitue une sorte de « cordon ombilical » qui peut avoir un effet rassurant sur les animaux les plus timides. Attention cependant Ă  l’entortillement Ă©ventuel des laisses qui peut provoquer une bagarre.

🐕 « Il ne faut pas prendre son petit chien dans les bras » :

Oui et non. Un chien de petite taille est avant tout un chien, c’est certain, il a besoin d’autant d’aventures et de rencontres que s’il Ă©tait un Berger Allemand. Mais il est aussi plus vulnĂ©rable que les races plus grandes. Autant il est inutile, et vexant, de prendre son Yorkshire dans les bras dĂšs qu’on croise le moindre chien maĂźtrisĂ© par son propriĂ©taire, autant cela peut ĂȘtre prudent si l’on ne « sent » pas la rencontre qui se prĂ©pare ou qu’un gros chien en libertĂ© arrive en courant sur Snoopy. Attention Ă  vous cependant : de nombreux chiens ont tendance Ă  sauter, Ă  s’exciter voire Ă  mordre quand ils ne peuvent pas atteindre le chien qui est portĂ© dans les bras.

🐕 « Un chien qui a goĂ»tĂ© au sang risque de devenir agressif » :

Euh
 quand vous mangez un carpaccio de bƓuf, vous avez envie de vous lancer dans l’anthropophagie, vous ? Le chien est un carnivore, ce n’est pas parce qu’il mange de la viande crue qu’il deviendra fĂ©roce. De mĂȘme, ce n’est pas parce qu’un chien a mordu une fois qu’il recommencera nĂ©cessairement. Si la situation qui a provoquĂ© la morsure ne se reproduit pas, le chien ne re-mordra gĂ©nĂ©ralement pas.

🐕 « Un chien n’a qu’un seul maĂźtre » :

Je risque de vous dĂ©cevoir
 mais non. Les chiens portent une affection certaine Ă  leur humain d’attachement. Certains vivent trĂšs difficilement le fait d’en ĂȘtre sĂ©parĂ©s, mĂȘme provisoirement. Mais, ayant travaillĂ© en refuge pour animaux, je n’ai jamais connu un chien qui s’est laissĂ© mourir de chagrin. Un abandon est une source de souffrance Ă©norme pour la plupart des individus canins, mais le chien est aussi un animal ayant des capacitĂ©s d’adaptation Ă©tonnantes. Il est capable de s’adapter Ă  une nouvelle vie si les besoins de son espĂšce sont respectĂ©s. Je n’encourage aucunement l’abandon (ne me faites surtout pas dire ce que je n’ai pas dit !), mais parfois, je prĂ©fĂšre voir certains propriĂ©taires prendre la dĂ©cision de replacer leur chien parce qu’ils n’arrivent pas Ă  combler ses besoins, plutĂŽt que de le garder Ă  tout prix et de lui offrir une vie de đŸ’©, sous prĂ©texte que « un chien, ça s’assume et ça doit vivre toute sa vie avec son maĂźtre ». L’idĂ©al restant bien Ă©videmment de s’abstenir de prendre un chien si l’on n’est pas sĂ»r de pouvoir combler ses besoins au quotidien. Rendre un chien heureux, c’est s’en occuper plusieurs heures par jour, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’on ait des enfants, qu’on travaille beaucoup et j’en passe.

🐕 « Un chien qui a des problĂšmes de comportement est un chien mal Ă©duquĂ© » :

Rarement, en fait. Un chien qui a des problĂšmes de comportement, c’est avant tout un chien dont les besoins ne sont pas comblĂ©s. La majeure partie des soucis que rencontrent les propriĂ©taires de chiens pourraient ĂȘtre rĂ©glĂ©s en s’occupant davantage de l’animal : le sortir quotidiennement pour combler ses besoins exploratoires, lui procurer de l’activitĂ© masticatoire, le laisser utiliser son odorat pour apprĂ©hender son environnement, lui offrir des activitĂ©s cognitives, des « missions » auxquelles sa race le prĂ©dispose, etc. Certains problĂšmes ont une origine purement Ă©ducative en effet, mais ils constituent une minoritĂ©.

🐕 « Il vaut mieux prendre un chiot pour pouvoir l’éduquer comme on le souhaite » :

Un adulte, ça s’éduque tout aussi bien. Un chien de refuge n’a pas toujours eu un passĂ© difficile : la plupart sont abandonnĂ©s parce que les propriĂ©taires avaient minimisĂ© le travail que reprĂ©sentait un chien. Un chiot ne sera pas mieux Ă©duquĂ© qu’un adulte, sous prĂ©texte que vous l’avez eu petit. Les patrons-moteurs de sa race sont prĂ©sents dans ses gĂšnes et s’exprimeront un jour ou l’autre, que vous l’ayez « façonnĂ© Ă  votre maniĂšre » ou non. Ces comportements s’expriment souvent Ă  la pubertĂ©, et on peut alors tomber de haut. L’avantage dans l’adoption d’un chien dĂ©jĂ  adulte, c’est qu’on connaĂźt dĂ©jĂ  en grande partie son caractĂšre et ses ententes.

🐕 « Un chien doit manger tous les jours la mĂȘme chose » :

Je ne sais pas qui a dĂ©crĂ©tĂ© ça. Un industriel dĂ©sireux de fidĂ©liser les acheteurs Ă  sa marque, probablement. Pourtant, beaucoup de chiens se lassent de leurs croquettes et chipotent au moment de manger. On les pense alors capricieux. Mais si vous mangiez une omelette Ă  chaque repas de chaque journĂ©e de votre existence, n’auriez-vous pas envie de goĂ»ter un peu Ă  autre chose ? Si votre chien dĂ©vore ses croquettes, toujours les mĂȘmes, avec autant de plaisir chaque jour (coucou, les Labradors !), tant mieux. Mais s’il se lasse de ses croquettes, pourquoi ne pas varier les plaisirs en offrant Ă  votre chien d’autres croquettes de qualitĂ© Ă©quivalente ? Attention cependant aux transitions, qui doivent toujours ĂȘtre rĂ©alisĂ©es sur plusieurs jours. Quant Ă  l’alimentation mĂ©nagĂšre ou au BARF, ces deux modes d’alimentation impliquent gĂ©nĂ©ralement un apport de nutriments diversifiĂ©. Les chiens s’en lassent donc rarement.

🐕 « Une chienne qui a eu une portĂ©e est plus calme » :

Non. Une chienne n’a absolument pas besoin de se reproduire pour s’épanouir. Jusqu’à ce qu’elle se retrouve avec ses chiots sous son nez, elle n’est pas consciente qu’elle peut avoir des petits, le « dĂ©sir d’enfant » n’existe donc pas chez elle. Avoir une portĂ©e ne la rend pas plus heureuse et ne l’apaise pas. En revanche, l’ñge auquel les chiennes ont gĂ©nĂ©ralement leur premiĂšre portĂ©e est aussi celui auquel elles entrent dans l’ñge adulte. Elles deviennent donc naturellement plus posĂ©es avec l’ñge, mais l’amalgame est vite fait avec le fait de donner naissance Ă  des chiots. Laissons donc aux Ă©leveurs le soin d’élever, et Ă©vitons les portĂ©es Ă  visĂ©e « thĂ©rapeutique ».

Si vous aimez ce genre d’article
 les idĂ©es reçues, ce n’est pas ce qui manque dans le domaine canin 😉 !

Elsa Weiss / Cynopolis
© Tous droits réservés - 2021

04/11/2021

🟠 🟠 🟠
ÊTRE SOCIAL
vs ÊTRE SOCIABLE
= BESOIN vs CHOIX
🟠 🟠 🟠

Dans la plupart des cas, les gens ont tendance Ă  confondre les deux mots, SOCIAL et SOCIABLE comme synonymes et Ă  les utiliser de maniĂšre interchangeable
 et pourtant ces deux mots ne signifient pas la mĂȘme chose car il existe une diffĂ©rence en termes de nĂ©cessitĂ© et choix.

🔾 SOCIAL fait rĂ©fĂ©rence Ă  la nĂ©cessitĂ© de vivre en communautĂ© organisĂ©e ou en groupe, avec des rĂšgles bien Ă©tablies pour pouvoir vivre ensemble
alors que
🔾 SOCIABLE tend Ă  expliquer une caractĂ©ristique personnelle et individuelle liĂ©e au plaisir de la compagnie des autres individus, et marquĂ©e par la convivialitĂ©.

❓❓❓❓❓
LE CHIEN EST-IL UN ANIMAL SOCIAL, MAIS EST-IL TOUJOURS UN ANIMAL SOCIABLE ?
On est tout d’accord que le chien (tout autant comme l’homme) est un animal social, il a besoin d'ĂȘtre en compagnie, de jouer, de rester en contact, de partager promenades et bons moments avec 👉👉👉👉
ceux qu'il aime et qui font partie de son groupe familial.

❓Mais est-ce que tous les chiens doivent-ils socialiser dans n'importe quel contexte ?
❓Est-ce que tous les chiens aiment rencontrer des autres chiens et des gens ?
❓Est-ce que chaque chien doit jouer avec d'autres chiens pour ĂȘtre heureux ?

✋ Absolument pas! đŸ€š

⚠ ⚠ ⚠
Être des animaux sociaux n'en fait pas nĂ©cessairement des animaux sociables.

đŸ€— đŸ€— đŸ€— đŸ€—
Personnellement, je suis une personne sociale, mais je ne me considĂšre pas comme une personne sociable.
Je veux dire, je partage ma vie avec d'autres personnes et j'aime parler avec mes amis, mais je n'aime pas les endroits bondés et je ne suis pas du genre à créer des liens avec qui que ce soit.

C’est bien?
C’est mal?
Qui peut le dire ?
Personne !

🔾🔾🔾🔾
Tout comme nous, les chiens sont différents, chacun a ses préférences et ses passions. Alors emmener notre ami dans un espace canin pour socialiser n'est pas toujours une bonne idée, parfois il préfÚre une promenade dans les bois en solitaire avec son compagnon humain.

Lorsque nous nous promenons avec nos chiens et que nous rencontrons un autre chien, est-il toujours juste de les faire se rencontrer ?
Rappelez-vous toujours que si notre ami aime rencontrer d'autres chiens, l'autre chien peut ne pas l'aimer comme idée, alors évitons de toujours forcer deux chiens à se rencontrer, nous pourrions provoquer des bagarres facilement évitables en gardant les bonnes distances.

😳 😳 😳 😳
Comment vous sentiriez-vous si vous pensiez faire une belle promenade relaxante en silence et que quelqu'un avec l'excuse de se prĂ©senter commençait Ă  vous parler de sa vie, essayant de faire des blagues amusantes et peut-ĂȘtre envahir votre espace privĂ©?
đŸ˜”â€đŸ’«đŸ˜”â€đŸ’«đŸ˜”â€đŸ’« J'ai dĂ©jĂ  des frissons, et ça me gĂȘne beaucoup
et alors pourquoi nous trouvons cela tellement Ă©trange si notre ami, rencontrant un autre chien, il ne veut pas du tout interagir avec ?

La prochaine fois que nous allons nous promener avec notre chien, essayons de comprendre ce qu'il veut faire, s'il a l'intention de rencontrer d'autres personnes ou s'il veut ĂȘtre seul.
MĂȘme chose pour les chiens devant nous, ont-ils vraiment envie de nous rencontrer ?

‌‌‌‌
SOCIAL
NE VEUT PAS DIRE SOCIABLE
⚠⚠⚠
Lors que nous disons que le chien est un animal social, nous tenons souvent pour acquis qu'il doit se lier d'amitié avec tout le monde, en particulier ses semblables. Nous nous attendons à ce que deux chiens aprÚs une rapide poignée de patte deviennent des compagnons d'aventure, s'engageant dans des jeux ou des chasses impromptues.

‌‌‌
La socialité pour les chiens n'est pas un principe, mais une ressource, comme l'agressivité, l'autonomie ou la peur.
Une ressource qui peut ĂȘtre utilisĂ©e ou dont on peut s’en passer.
👉 👉 👉
C'est nous qui lui attribuons une valeur obsessionnelle, peut-ĂȘtre motivĂ©e par le dĂ©sir de voir nos chiens se faire des amis Ă  tous les niveaux comme de bons enfants, oubliant Ă  quel point l'indĂ©pendance est importante.

02/11/2021
01/11/2021

đŸŸ LA MEILLEURE ÉDUCATION, C’EST CELLE QU’ON S’ÉPARGNE
 đŸŸ

Quand on est Ă©ducateur canin, on est souvent amenĂ© Ă  se poser la question suivante : pourquoi vouloir Ă  tout prix « Ă©duquer » un chien Ă  faire quelque chose, quand on peut s’épargner la situation qui provoque chez lui un comportement que l’on juge indĂ©sirable ?

Par exemple, pourquoi vouloir Ă  tout prix apprendre Ă  son compagnon Ă  passer calmement devant chez le voisin, oĂč il est accueilli avec virulence par un gros toutou qui, Ă  juste titre (il est chez lui), l’accueille en se jetant sur le portail tous crocs dehors ? Cette situation cause un stress Ă©norme au chien promenĂ©, Ă  son propriĂ©taire, et au chien qui se trouve dans son propre jardin, alors mĂȘme qu’elle pourrait ĂȘtre Ă©vitĂ©e en traversant simplement la rue pour prendre de la distance et apaiser tous les protagonistes.

Un autre exemple : mon chiot Sirius a bientĂŽt six mois (oui, dĂ©jĂ  !). Comme tout chiot normalement constituĂ©, il mordillait beaucoup lors de ses premiers mois. Il m’était difficile de faire trois pas dans le jardin sans avoir un petit requin accrochĂ© Ă  mes baskets. Bien sĂ»r, j’essayais de ne pas renforcer ce comportement et j’ignorais mon chiot chaque fois qu’il me mordillait. Parfois, j’interrompais totalement le contact et je cessais de m’intĂ©resser Ă  lui s’il mordillait trop fort afin de lui apprendre Ă  doser la force de sa mĂąchoire, ou bien je procĂ©dais Ă  un Ă©change : ma pauvre main mordillĂ©e contre un jouet, ce qui fonctionnait Ă  merveille. Mais je ne me suis jamais fĂąchĂ©e contre lui : tout simplement parce que, pour un chiot, comme pour un bĂ©bĂ© humain d’ailleurs, le monde se « goĂ»te », et tout prendre en bouche est parfaitement normal. Ce comportement disparaĂźt gĂ©nĂ©ralement vers quatre ou cinq mois, parfois un peu aprĂšs, mais un chiot traverse toujours une pĂ©riode d’exploration orale qui peut ĂȘtre ennuyeuse pour l’humain, mais qui est totalement naturelle pour l’animal. Pourquoi donc s’acharner Ă  interdire Ă  un chiot de mordiller (alors que cela fait partie de son Ă©thogramme), qu’il suffit d’ĂȘtre patient pour voir ce comportement disparaĂźtre de lui-mĂȘme, que cela risque d’entacher la relation avec son chien qui sera d’emblĂ©e conflictuelle, et qu’on peut procĂ©der tout autrement ? Aujourd’hui, Sirius ne mordille plus. Il fallait seulement que jeunesse se passe. Ça valait la peine d’ĂȘtre patient.

Allez, encore un petit exemple pour que vous compreniez bien oĂč je veux en venir. Mon Border de huit ans, Indiana, est un chien trĂšs Ă©motif avec un passĂ© compliquĂ©. Je l’ai recueilli parce qu’il mordait quand il ressentait une Ă©motion nĂ©gative et que ses maĂźtres n’étaient plus en confiance avec lui. Je n’ai jamais envisagĂ© de le mĂ©tamorphoser. Il restera toujours un chien dĂ©licat, qui n’accepte pas le contact des personnes Ă©trangĂšres Ă  son foyer. Par prĂ©caution, je le musĂšle dans les lieux frĂ©quentĂ©s. Quand je reçois du monde Ă  la maison, je ne le mets pas en contact avec les personnes reçues. Je pourrais le faire, je pourrais m’entĂȘter Ă  lui faire accepter une situation qui ne le met pas Ă  l’aise, mais pourquoi donc ? Il y a vingt ans, Ă  l’époque oĂč j’ai eu mon premier chien, on ne se posait pas ce genre de question. Notre Jules n’était pas Ă  l’aise avec les humains inconnus. Alors, quand nous recevions des invitĂ©s, il passait la journĂ©e dans le jardin ou au garage. Sa journĂ©e Ă©tait entrecoupĂ©e de sorties, bien sĂ»r, mais nous ne le forcions pas au contact, par sĂ©curitĂ© pour les personnes reçues, et aussi par souci du confort de l’animal. Au moins, nous ne l’avons pas abandonnĂ© « parce qu’il pinçait », ou « parce qu’il grognait sur les gens », comme on le voit bien trop souvent aujourd’hui. Alors mĂȘme qu’il suffirait d’éviter de confiner son animal dans un salon bondĂ© de monde pour que, magie, on ne rencontre plus aucun souci. Bien souvent, le chien prĂ©fĂšrera rester dans le jardin Ă  ronger un os, plutĂŽt que d’ĂȘtre caressĂ© Ă  longueur de temps et d’entendre brailler toute la journĂ©e (on braille tous un peu, quand on reçoit du monde
).

Cela ne veut absolument pas dire qu’il faille cesser d’enseigner des choses Ă  nos chiens. Au contraire, les chiens sont gĂ©nĂ©ralement avides d’apprendre, pour peu qu’on les y motive. Mais la plupart des problĂšmes rencontrĂ©s quand on est Ă©ducateur canin, c’est une trop grande exigence de la part des propriĂ©taires, alliĂ©e Ă  un manque de prise en compte des besoins de l’animal. Il en rĂ©sulte des relations inĂ©vitablement conflictuelles. Il ne sert Ă  rien de mettre son compagnon dans des situations volontairement compliquĂ©es pour lui apprendre Ă  les gĂ©rer : l’habituation est rarement une mĂ©thode qui fonctionne quand on travaille avec un chien. Avoir un chien bien dans ses pattes, avec lequel on mĂšne une relation saine, c’est avant tout (et j’insiste lĂ -dessus !) COMBLER SES BESOINS, mais c’est aussi amĂ©nager son environnement pour s’éviter des situations de conflit inutiles. Votre chien est gourmand et fouille la poubelle ? Mettez-la dans un endroit inaccessible pour lui. Il vole sur la table basse ? Apprenez Ă  la dĂ©barrasser. Il mange vos pieds de chaise ? Proposez-lui du bois Ă  ronger. Il grignote du crottin de cheval ? Cela vous paraĂźt dĂ©goĂ»tant, mais pour un chien, il n’y a rien de plus normal. Il dĂ©teste croiser le chien du voisin en promenade ? Promenez-le dix minutes plus t**d pour Ă©viter la rencontre. Il se couche Ă  cĂŽtĂ© de son panier ? Peu importe, tant qu’il n’ennuie personne.

Les exemples de ce type sont innombrables. Pensez-y chaque fois que vous vous sentirez en situation de conflit avec votre chien. Si vous pouvez Ă©viter cette situation Ă  l’avenir, faites-le ! Sachez aussi que plus vous rĂ©pĂ©terez « Non, Sacha », « Laisse ça, Sacha », « Pas toucher, Sacha », moins vos injonctions auront d’impact sur votre chien. L’éducation d’un chien consiste en des besoins comblĂ©s (j’aime bien radoter), l’amĂ©nagement de son environnement de façon Ă  lui (et Ă  vous) Ă©pargner des situations de conflit inutiles, et, enfin, la petite cerise sur le gĂąteau, l’apprentissage de nouveaux comportements (attends, reviens, stop, laisse, etc.). Pensez toujours Ă  faire les choses dans cet ordre, soyez un bon guide qui ne tend pas de mauvais traquenards Ă  son chien au risque de perdre toute sa confiance, et vous gagnerez Ă©normĂ©ment en qualitĂ© de vie. Cessez d’exiger tout et n’importe quoi de la part de votre compagnon. À vouloir tout gagner, on peut tout perdre.

Elsa Weiss / Cynopolis
© Tous droits réservés - 2021

31/10/2021
29/10/2021

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DÉSIRS
 BESOINS
et MOTIVATIONS
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On a commencĂ© Ă  s’engager
(en fin) pour satisfaire au mieux les désirs et les besoins du chien en tant que INDIVIDU avec sa propre personnalité et son caractÚre individuel

et pourtant il y’a des ombres sur ses MOTIVATIONS qui sont Ă  la fois considĂ©rĂ©es comme des comportements “indĂ©sirables” Ă  corriger.

👉👉👉
La MOTIVATION
est ce que l'individu attend et ce qu'il cherche dans le monde pour atteindre la gratification et échapper à la frustration.
C'est un concept qui combine étroitement désir et besoin, qui sont fondamentaux pour atteindre le bonheur.
🐕🐕🐕
Sachant que les chiens ont leurs propres motivations, ça nous aide pour mieux comprendre leurs comportements, préparer des occasions quotidiennes et proposer des situations dans lesquelles les chiens peuvent s'exprimer.

📚📚📚
Les études sur le comportement du chien ont conduit à dresser une liste des MOTIVATIONS, qui s'enrichit à fur et à mesure et se décline sans cesse pour nous amener dans leur monde merveilleux.
Il s'agit d'une liste partielle et en cours de définition car, beaucoup de choses restent encore à découvrir.

🟱 Le chien est un animal social : il utilise donc certaines motivations pour augmenter la cohĂ©sion de son groupe:
▶ motivation ÉPIMÉLÉPTIQUE
est le besoin de prendre soin d'un ĂȘtre vivant
▶ motivation
AFFILIATIVE est l'expression du désir d'appartenir à un petit groupe : la famille.
▶ motivation COMMUNICATIVE
est le désir de comprendre l'autre et de faire connaßtre ses intentions.
▶ Motivation
ET-ÉPIMÉLEPTIQUE
est la recherche active d'attention et de soins par un individu du groupe.
▶ motivation
SOMESTETIC
est le besoin d'explorer et de guérir son corps.
▶ motivation SOCIAL
est la recherche d'individus en dehors du groupe familial restreint.

🟱 Le chien est un animal trĂšs soucieux de la sĂ©curitĂ© de son groupe familial et de ses espaces: il aime l'ordre et la dĂ©finition des rĂŽles de chacun.
▶ motivation
PROTECTRICE
est le désir de défendre son groupe social.
▶ motivation TERRITORIALE
est la nécessité de sauvegarder la sécurité de ses espaces.
▶ motivation POSSESSIVE est le dĂ©sir de garder un objet/une ressource de valeur pour soi.
▶ motivation COMPÉTITIVE est le dĂ©sir de contester un objet/ une ressource

🟱 Le chien est un animal actif toujours prĂȘt Ă  relever de nouveaux dĂ©fis.
▶ motivation de la PATROUILLE
est le besoin de cartographier un territoire.
▶ motivation PRÉDATRICE est le dĂ©sir de chasser des objets en mouvement.
▶ motivation SYLLEGIQUE est de porter un objet de valeur en sĂ©curitĂ©.
▶ motivation de EXPLORATION est le dĂ©sir de percevoir tous les dĂ©tails de ce qui est observĂ©.
▶ motivation Ă  la RECHERCHE est d’aller chercher quelque chose d'intĂ©ressant.
▶ motivation KINESTHÉSIQUE
est le pur plaisir de faire du mouvement.
▶ motivation COLLABORATIVE est le besoin et l'envie de participer aux initiatives du groupe et de demander au groupe de l'aider dans ses affaires.

đŸ”șđŸ”»đŸ”șđŸ”»đŸ”ș
Ces MOTIVATIONS sont communes Ă  tous les chiens, mais, en raison de la "loi de la personnalitĂ©", chaque individu les rĂ©alise dans des volumes et des frĂ©quences diffĂ©rents, selon la race et les expĂ©riences qu'il a vĂ©cues. En effet, il ne fait aucun doute qu'un berger Maremmano des Abruzzes, grand gardien de troupeaux aux origines trĂšs anciennes, a le besoin et le dĂ©sir de garder ses moutons en sĂ©curitĂ© mĂȘme s'il habite au dixiĂšme Ă©tage d'un immeuble et n'a jamais vu un mouton. Il aura donc une motivation protectrice et territoriale bien plus Ă©levĂ©e qu'un LĂ©vrier afghan, sĂ©lectionnĂ© pour chasser les lapins sauvages sur le plateau de l'Hindu Kush, auquel les motivations prĂ©datrices et kinesthĂ©siques seront plus utiles, indiquant respectivement l'envie de chasser et de faire du mouvement

Par conséquent, selon la "loi de la motivation", une Maremmano ne trouvera pas son bonheur en poursuivant une b***e et sera trÚs mécontente si on ne lui permet pas de faire un peu de garde.
Le lĂ©vrier afghan, en revanche, ne nous protĂ©gera pas des voleurs (il est probable qu'il ne sortira mĂȘme pas du canapĂ©) mais il risquera la dĂ©pression si nous le tenons toujours en laisse pour nous accompagner dans les avenues du centre-ville. .

‌‌‌‌
Il n'y a pas ni de bonnes ni de mauvaises MOTIVATIONS. Toutes sont utilisĂ©es pour la survie et pour soutenir les comportements du chien, mĂȘme si pour la vie de famille il y a certains plus confortables (le sillegic pour nous apporter des chaussons, par exemple) et d'autres plus encombrants (le protecteur qui Ă©loigne tous les aspirants copains, malheureusement) .

⚠⚠⚠⚠
Nous ne pouvons pas les éliminer, ce ne serait pas juste, mais nous pouvons les équilibrer.
Cela signifie que nous pouvons donner au chien la possibilité de les exprimer dans les bons contextes et avec la bonne variabilité.

17/10/2021

â–Șâ–Șâ–Ș
L’IMPUISSANCE
ACQUISE
â–Șâ–Șâ–Ș

âžĄïž C'est l'incapacitĂ© de trouver une rĂ©ponse ou d'Ă©viter une situation adverse donnĂ©e et Ă  laquelle on ne peut Ă©chapper.
Le chien apprend qu'il ne peut plus échapper à ces stimuli négatifs.

🧑‍🔬 🧑‍🔬 🧑‍🔬 🧑‍🔬
Les expériences qui ont structuré la base de cette théorie ont été menées à la fin des années 1960 et au début des années 1970 par deux psychologues :
MARTIN SELIGMAN et
SREVEN MAIER.
Seligman et Maier ont employĂ© les chiens et testĂ© leurs rĂ©ponses en induisant des dĂ©charges Ă©lectriques, qu'ils ne pouvaient ni prĂ©voir ni contrĂŽler, ni mĂȘme se rebeller ou se soustraire.
Dans cette expérience, les chiens ont été amenés à entrer dans un cube divisé en deux chambres par une barriÚre basse. L'une de ces chambres avait un sol électrifié, tandis que l'autre n'en avait pas.
Seligman et Maier ont impliqué un groupe de chiens dans leur expérience et les ont divisés en trois sous-groupes :
1ïžâƒŁ Les chiens du premier ont Ă©tĂ© attachĂ©s avec des harnais pendant un certain temps et n'ont pas reçu de dĂ©charges Ă©lectriques ;
2ïžâƒŁ Les chiens du deuxiĂšme sous-groupe Ă©taient attachĂ©s aux mĂȘmes harnais, mais ont reçu des dĂ©charges Ă©lectriques qu'ils ont pu Ă©viter en appuyant sur un panneau avec leur nez ;
3ïžâƒŁ Tandis que les chiens du troisiĂšme ont Ă©tĂ© placĂ©s avec les mĂȘmes harnais et soumis Ă  des dĂ©charges Ă©lectriques, dont ils n'ont eu aucune possibilitĂ© de s'Ă©chapper.

👉👉👉👉
AprĂšs cette premiĂšre expĂ©rience, tous les chiens ont Ă©tĂ© placĂ©s (un Ă  la fois) dans le cube avec les deux chambres sĂ©parĂ©es par une petite cloison en bois, facilement surmontable d'un saut. Les chiens du groupe 1ïžâƒŁ et du groupe 2ïžâƒŁ ont tout de suite compris qu'il suffirait de sauter la barriĂšre pour Ă©viter le choc au sol, alors que la plupart des chiens du 3ïžâƒŁ troisiĂšme sous-groupe n'ont mĂȘme pas tentĂ© de sauter pour Ă©viter de rester du cĂŽtĂ© Ă©lectrifiĂ©. .
Les chercheurs ont ainsi établi que sur la base de leur expérience antérieure, les chiens soumis à des violences auxquelles ils ne pouvaient échapper montraient l'incapacité de tenter toute stratégie pour éviter les décharges électriques : ils étaient devenus victimes du syndrome d'impuissance acquise (Seligman & Groves, 1970)
 .

‌‌‌‌‌
certaines Ă©coles d’éducation canine utilisent systĂ©matiquement cette technique: c’est observable lorsque ils mettent le chien dans la condition de ne plus pouvoir rĂ©agir ou Ă©luder toute proposition, demande, besoin de s'Ă©loigner, ou d'attaquer ce qu'ils jugent menaçant.
😡😡😡😡
Cette méthode suit généralement une structure qui se divise en quatre phases :
😡 > Premiùre phase :
une période de renforcement de la tension au cours de laquelle l'agresseur commence à provoquer la réaction du chien (qu'elle produise une irritation ou qu'elle évite de s'échapper). Le chien est mis en condition de contention à l'aide d'outils (souvent coercitifs) dont il est impossible de s'échapper, et il est muselé de sorte que toute tentative de réaction soit vaine et n'apporte aucun résultat. Dans cette condition le chien est impuissant et sans aucune possibilité d'exprimer son malaise, sa colÚre, sa peur. Il s'ensuit que la seule façon de survivre à cette expérience devient le besoin d'accorder et de se soumettre à l'agresseur et de devenir docile et impuissant ;
😡 > Phase deux :
c'est une pĂ©riode oĂč les expĂ©riences faites au point un sont rĂ©itĂ©rĂ©es plusieurs fois et rĂ©citĂ©es avec des procĂ©dures similaires et rĂ©pĂ©titives, c'est la fenĂȘtre oĂč l'abus d'un Ă©vĂ©nement devient une certitude, et le syndrome d'impuissance acquise prend forme ;
😡 > Phase trois :
C'est la pĂ©riode dite de la « lune de miel », au cours de laquelle l'agresseur peut fĂ©liciter le chien qui est devenu “gentil”, manifester presque des remords en disant que l'outil qui le retient n'est que pour sa sĂ©curitĂ© et/ou chercher Ă  y remĂ©dier l'abus en faisant preuve de douceur et de cĂąlins envers le chien. Ceux qui utilisent cette mĂ©thode diront souvent que ce n'est qu'une premiĂšre partie pour faire comprendre au chien qui est en charge et comment se comporter avec le chef de meute, et dĂ©clare souvent qu'une fois que le chien a compris il ne sera plus nĂ©cessaire de rĂ©pĂ©ter certaines techniques, justifiant souvent de les avoir utilisĂ©es auparavant, reprochant au chien de ne pas ĂȘtre assez docile pour avoir provoquĂ© le besoin d'utiliser ces techniques ;
😡 > Phase quatre :
la pĂ©riode de calme est dĂ©finie, au cours de laquelle les techniques dĂ©crites dans les points prĂ©cĂ©dents sont interrompues, l'agresseur se comporte comme si cela ne s'Ă©tait jamais produit et la victime prostrĂ©e peut parfois commencer Ă  croire que l'abus est terminĂ© et se montrer mĂȘme affectueux et respectueux envers qui il est, Ă  commencer par ceux qui ont utilisĂ© ces techniques, puisque le chien, quoi qu'il fasse, risque de se sentir complĂštement impuissant et incapable d'Ă©viter tout abus, et Ă©vite ainsi de prendre toute initiative.
Source : (Rakovec-Felser, 2014).

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Que se passe-t-il chez les chiens soumis Ă  cette technique de modification du comportement :
đŸ”č Il revit les punitions comme si elles Ă©taient rĂ©pĂ©tĂ©es mĂȘme lorsqu'elles ne sont pas prĂ©sentes et donc sa vie et chaque activitĂ© seront toujours basĂ©es sur l'Ă©motion de la peur en arriĂšre-plan ;
đŸ”č Les tentatives pour Ă©viter mĂȘme l'impact psychologique des expĂ©riences de punition et pour ce faire, tenteront d'Ă©viter les activitĂ©s si elles ne sont pas commandĂ©es ;
đŸ”č Dans de nombreux cas il y a, Ă  moyen terme, l'apparition de conditions d'hyper-Ă©veil ou d'hypervigilance chez le chien, des sĂ©quences comportementales souvent incomplĂštes ou dĂ©sorganisĂ©es se produisent ;
đŸ”č ExpĂ©rience de distorsion de la rĂ©alitĂ© (comportement qui n'adhĂšre pas au contexte / NĂ©vrose ou dĂ©pression) d'autres dĂ©pressions somatiques, telles que le vieillissement prĂ©maturĂ© (souvent observable avec le visage du chien blanchi mĂȘme Ă  un jeune Ăąge et un aspect qui l'amĂšne Ă  semblent beaucoup plus ĂągĂ©s que lui, c'est plutĂŽt son Ăąge chronologique).

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Ce que les deux psychologues ont expérimenté sur la peau des chiens, nous le trouverions heureusement aujourd'hui inconcevable et aberrant, mais ces années-là, ils avaient été autorisés à prouver leur théorie : le syndrome d'impuissance apprise.
Mais s'il est mĂ©prisable pour la recherche, je pense personnellement, plus encore, que son utilisation doit ĂȘtre condamnable et injustifiable dans toute forme d'entraĂźnement visant Ă  Ă©teindre certains comportements canins indĂ©sirables, qui sont souvent l'expression d'une souffrance, observables avec des attitudes agressives intra ou inter spĂ©cifiques.

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