12/06/2026
Comme tout drame médiatisé, cette histoire a fait couler beaucoup d'encre.
Parce que l'histoire en elle-même est terrible. Parce que l'émotion, les comparaisons avec vos propres chiens ou encore la haine de la chasse ont souvent pris le dessus sur l'analyse des faits.
On parle d'un chien dont toute sa vie l'a conduit vers une issue tragique. On parle d'une lignée, d'une génétique, d'une sélection. On parle d'un élevage. On parle aussi d'un homme qui a choisi ce chien pour ses caractéristiques morphologiques et ses aptitudes spécifiques.
On parle également d'un conditionnement extrême : une vie majoritairement passée en cage, ponctuée de sorties limitées aux entraînements.
Beaucoup disent : « S'il pouvait parler, il nous raconterait ce qu'il s'est passé. »
Mais la réalité, c'est qu'il a déjà parlé. Avant, pendant et après le drame.
Les chiens s'expriment à travers leurs comportements. Ils communiquent constamment avec nous.
Dans son cas, mordre faisait partie de ce qu'on lui avait appris. C'était un comportement recherché, encouragé et récompensé.
Les signaux existaient. Ils étaient visibles. Encore fallait-il vouloir les voir et les comprendre.
Derrière l'émotion, il est essentiel de s'interroger sur l'origine du problème : la sélection, les méthodes employées, le conditionnement et la responsabilité humaine qui ont façonné ce chien tout au long de sa vie.
Les émotions, les envies humaines poussées à l'extrême et la volonté de satisfaire leurs propres intérêts seront toujours la perte des chiens.
Dans cette histoire, il y a l'égocentrisme d'un homme, mais aussi des combats qui ont détourné l'attention du véritable problème.
Attention, je ne dis pas qu'il ne faut pas remettre en question ou abolir la chasse à courre. Mais dans cette affaire précise, ce n'était pas le bon combat.
À force de focaliser le débat sur la chasse, beaucoup ont oublié de s'interroger sur ce qui a réellement façonné ce chien : sa sélection, son mode de vie, son conditionnement et les choix humains qui ont guidé toute son existence.
Car au final, ce sont bien les décisions des hommes qui ont conduit à ce drame, et c'est là que devrait se trouver le cœur de la réflexion.
Le verdict est tombé : 4 ans avec sursis.
Son avocat a de quoi être satisfait... 😡
Mais une question me vient : où est l'interdiction de détenir des animaux ?
Quant à Curtis, son euthanasie a suscité beaucoup de colère et d'indignation. Beaucoup estiment qu'il aurait dû être placé dans un grand enclos, sans interaction humaine, jusqu'à la fin de sa vie.
Pourtant, n'est-ce pas finalement ce que l'on reproche aux parcs aquatiques ?
Lorsque des orques ou des dauphins vivent enfermés dans des bassins, nombreux sont ceux qui dénoncent la captivité, la privation de liberté et la souffrance animale.
Alors pourquoi cette solution semblerait-elle acceptable pour Curtis ?
Un chien privé de toute interaction sociale, isolé dans un enclos jusqu'à la fin de sa vie, est-ce réellement une vie ? Ou simplement une autre forme de détention à perpétuité ?
Je trouve intéressant de constater à quel point les émotions peuvent parfois amener à défendre des positions contradictoires selon l'espèce concernée.
Derrière l'indignation, il est peut-être nécessaire de se poser une question plus difficile : cherchons-nous ce qui est le mieux pour l'animal, ou ce qui nous permet de mieux supporter l'idée de sa disparition ?