01/12/2025
Aujourd'hui je souhaitais mettre en lumière quelque chose de différent : le dernier travail de recherche de mon conjoint, dont je suis fière.
Et fière de voir que la science, sous toutes ses formes, sert toujours la même chose : comprendre et protéger.
Lui et son équipe parlent d'un sujet essentiel pour comprendre comment nos actions modifient l’environnement et le vivant.
🐦⬛ Voilà le constat d’une étude parue le 15 novembre dans la r***e Environmental Pollution, et qui parle d’un “retour timide mais réel des oiseaux insectivores”, depuis 2018, l’année de l’interdiction des néonicotinoïdes sur les terrains agricoles de l’union européenne.
Les scientifiques ont étudié 57 espèces sur plus de 1 900 parcelles.
Résultat : la population de plusieurs espèces d'oiseaux insectivores a augmenté entre 2 et 3 % en France, en 4 ans. C’est le cas notamment du merle noir, la fauvette à tête noire ou encore le pinson des arbres.
Ce résultat confirme l’impact néfaste de l’imidaclopride, pesticide tueur d’abeille de la famille des néonicotinoïdes, sur les oiseaux insectivores.
Pour Thomas Perrot, chercheur à la Fondation pour la recherche sur la biodiversité et co-auteur de l’étude, "même une hausse aussi faible est significative, car elle montre que l'interdiction a eu un effet. Notre étude désigne l'interdiction des néonicotinoïdes comme une mesure de conservation efficace pour les oiseaux insectivores".
Thomas Perrot nuance malgré tout ces résultats. « L’interdiction d’un pesticide ne suffit pas : la restauration des habitats et la reconstitution des écosystèmes sont essentielles pour favoriser le rétablissement des populations d’insectes”, résume-t-il sur le réseau social Bluesky.
Selon lui, il faudra plusieurs décennies pour que les populations d’oiseaux insectivores se rétablissent.
Pour rappel, les néonicotinoïdes restent parmi les insecticides les plus utilisés dans le monde, notamment dans l’agriculture américaine où 3 milliards d'oiseaux insectivores ont disparu depuis les années 1970.