13/03/2021
Le syndrome de Noé - Animal Hoarding en anglais - est un trouble psychiatrique, étudié et décrit dans les années 80 par Gary Patronek, vétérinaire et épidémiologiste.
Ce syndrome tire son nom d’un épisode de la Genèse, au cours duquel Noé est chargé de sauver du déluge un couple de chaque espèce d’animaux.
Les personnes atteintes de ce trouble recueillent chez elles de façon compulsive ( jusqu’à plusieurs centaines d’individus parfois ) des chiens, chats, lapins - mais parfois de gros animaux comme des équidés - et vivent dans le fantasme d’une mission de sauvetage d’un maximum d’entre eux, mission qu’elles seules seraient aptes à accomplir.
Rapidement débordées par le nombre croissant de leurs protégés, les animaux recueillis manquent de soins ( y compris les plus basiques ) et se contaminent entre eux, les jeunes ne sont pas socialisés, ont une alimentation bas de gamme et pas toujours quotidienne, ne sont pas sortis et font leurs besoins en intérieur.
Ce sont d’ailleurs les mauvaises odeurs qui bien souvent sont à l’origine de signalements auprès des autorités ou d’associations et qui conduisent à la saisie de ces animaux généralement en bien piteux état.
La perception du réel de ces « sauveurs » est altérée : ils sont dans l’incapacité de reconnaître le mauvais état de leurs animaux et de leurs conditions de vie déplorables.
Il n’y a donc dans leur action aucune volonté de faire souffrir délibérément les animaux recueillis, les personnes étant persuadées d’agir dans l’interêt de ceux-ci.
Le syndrome de Noé est très souvent associé au syndrome de Diogène, qui se traduit par l’incapacité de se débarrasser du moindre objet y compris de déchets, ce qui amène les personnes touchées par ces deux syndromes d’accumulation à vivre, dans la majorité des cas, dans l’insalubrité la plus totale.
D’après Gary Patronek - ainsi que selon une étude plus récente menée par une équipe brésilienne (Ferreira et al) - les femmes âgées de plus de 60 ans et vivant seules seraient les plus touchées par ces troubles, héritage d’une fragilité psychologique antérieure.
Dans l’un des cas étudiés par Gary Patronek, 918 animaux ont été retrouvés chez la même personne !