10/08/2026
➡️ Mes histoires, mes chevaux, mes émotions… finalement, écrire ici me fait retrouver le plaisir d’aligner les mots, comme avant
🐴 Jumanji a rejoint sa famille !
J’ai retourné la question dans tous les sens, pendant des heures, pendant des jours, des nuits entières. Finalement, depuis un an et demi, je me questionne, qu’est-ce qui serait le mieux pour lui ?
Est-ce qu’il vaudrait mieux que je le castre et qu’il reste à la maison, en troupeau, en sachant que ma vie d’éleveuse ne me permet pas non plus d’avoir énormément de temps pour monter mes chevaux, être au pré comme ça, est-ce que c’est ça son futur ?
Oui, parce que Jumanji, c’est un étalon. Un vrai étalon, Regardez les étalons à l’état sauvage et regardez Jumanji : c’est lui !
Un vrai étalon, mais de ceux qui savent vivre avec les juments, qui sont calmes, posés dans leur tête, qui savent parfaitement gérer leur troupeau… tout en restant profondément étalons. Il sait pourquoi il est là.
Je ne savais pas. Je ne voulais pas.
C’est mon premier étalon Connemara. Mon premier d’Argan. Ma première classification, mes premiers stages de saut en liberté avec Éric, mes premières sorties en tant qu’éleveuse à la lumière de tous, mes premiers poulains conçus et nés ici et puis toutes ses choses là qu’on a vécu ensemble… c’est un sacré bout de mon chemin !
Donc la Loulou égoïste aurait dit : « Bah non, je le castre et il reste. Je l’aime trop pour qu’il parte. »
Mais pourquoi ce choix finalement ? Pourquoi je ne le garderais pas entier à la maison ?
Parce qu’il faut savoir que l’élevage, c’est aussi ça. C’est aussi faire des choix difficiles. Il faut savoir faire grandir son élevage, faire évoluer son histoire. Je ne pouvais pas éternellement refaire les mêmes croisements Connemara.
Et puis la gestion d’un étalon en élevage extensif, en pastoralisme, ce n’est pas évident. Jumanji vivait en troupeau avec ses femelles et ses poulains une partie de l’année, et l’autre partie, il était avec les hongres et les entiers. Mais cela amène aussi des contraintes.
Donc le garder entier pour une seule jument à l’année, divisé les troupeaux pour pas qu’il soit en contact avec ses filles, c’était un petit peu égoïste, et pas vraiment hyper cool pour lui… ni pour nous, en fait.
C’est donc pour toutes ces raisons que je me suis questionnée
Et puis je me suis dit : lui, Jumanji, l’étalon… qu’est-ce qu’il voudrait ? Continuer à reproduire, il est fait pour ça.
C’était donc très important pour moi, finalement, qu’il trouve un lieu où on lui proposerait de continuer à être étalon, parce qu’il a vraiment beaucoup à offrir.
Sa génétique, son mental, sa locomotion…
Alors j’ai passé une annonce un jour, en me disant :
« Bon allez, je tente. Il faut bien prendre une décision pour Jumanji. »
Et puis l’annonce est passée… et évidemment, Jumanji a suscité beaucoup d’intérêt. En même temps, comment aurait-il pu en être autrement ?
Il est beau, il a une génétique incroyable, un mental en or, une vraie locomotion, et surtout… c’est un vrai gentil, un vrai poney
Et je pense que les gens qui l’ont vu ont aussi très vite compris qu’il y avait un potentiel sportif derrière cet étalon.
Alors forcément, il a trouvé sa famille.
Il est parti aujourd’hui, pour continuer sa vie d’étalon, faire quelques poulains encore et, je l’espère, découvrir aussi une nouvelle vie sous la selle.
Je suis contente pour lui. Et à la fois, déchirée de l’avoir laissé partir ce matin.
Mais je crois que c’était la bonne décision pour lui
Et puis, il ne quitte pas complètement le Lou Blanc. Trois de ses filles sont restées ici, et une petite partie de Jumanji continuera donc de vivre avec nous.
Louise Claude-Burati