09/05/2026
“Pour être un bon cavalier, il faut tomber 100 fois.”
On l’a tous entendu.
Moi aussi.
Comme cette idée que le “vrai” bon cavalier, c’était celui qui montait les chevaux compliqués. Celui qui restait dessus malgré les coups de cul, les écarts, les cabrés, les explosions.
Celui qui tenait coûte que coûte.
Et pendant longtemps, dans le milieu équestre, on a valorisé ça.
La résistance.
Le courage.
Le fait d’encaisser.
Mais aujourd’hui, je sais que tout ça n’a rien de normal.
Qu’un cheval qui explose, qui met son cavalier à terre régulièrement, n’est pas une preuve de talent du cavalier qui “tient dessus”.
C’est avant tout le signal qu’il y a quelque chose qui ne va pas.
Douleur, peur, incompréhension, stress, dépassement émotionnel, incohérences dans le travail…
Un cheval n’explose jamais “pour rien”.
Et peut-être qu’au lieu de valoriser ceux qui arrivent à rester dessus coûte que coûte pour flatter l’ego humain, il serait temps d’admirer davantage ceux qui apprennent à écouter assez tôt pour ne plus avoir besoin d’en arriver là.
Qu’un accident arrive, oui.
L’équitation reste un sport avec une part d’imprévu.
Mais quand les chutes, les défenses ou les explosions deviennent une habitude… CE N’EST PAS NORMAL.
C’est un signal.
Non, ce n’est pas normal de tomber à chaque séance.
Non, ce n’est pas normal qu’un cheval explose systématiquement au travail (monté ou à pied).
Non, ce n’est pas normal qu’un débourrage ressemble à un rodéo.
Parce qu’au fond, le vrai savoir-faire, ce n’est pas survivre à l’explosion.
C’est apprendre à voir les signes avant qu’elle arrive.
On a longtemps admiré ceux qui tenaient coûte que coûte.
Peut-être qu’il serait temps de valoriser davantage ceux qui cherchent à construire assez de compréhension, de justesse et de relation… pour que le cheval n’ait plus besoin de « crier » son mal-être.