30/05/2026
A partager en masse. Marre de ces reportages remplis de conneries et désinformation.
Une honte ce reportage !!
Hugo délire
Cher Hugo Clément,
La diffusion de votre sujet laisse un goût amer. Pourtant, le thème méritait mieux : l’hypertype et les tares génétiques constituent des enjeux sérieux, qui appellent rigueur et précision. Or votre équipe semble s’être obstinée à viser à côté. Peut-être que votre expert autoproclamé de la santé canine n’était pas la source la plus fiable…
D’ailleurs, dès le lendemain de la diffusion, celui-ci était au Sénat pour co-présenter un projet de loi visant à fragiliser l’héritage de la sélection canine. Il s’est également empressé d’annoncer le dépôt d’une plainte contre l’État, au motif d’un supposé manque de contrôle des élevages favorisant, selon lui, des dérives sanitaires. Sans oublier, bien sûr, l’appel aux dons. Passer de la télévision au Sénat ne nourrit pas son homme…
Que vous ayez été « marabouté », cela peut arriver. En revanche, que le militantisme ait pris le pas sur la vérification est plus préoccupant. Nous ne pouvons que vous inviter à relire la Charte de Munich. Nous n’attendons pas de l’audiovisuel public une neutralité stérile, mais simplement de l’honnêteté.
Sans entrer dans le détail de votre film, nous le réservons aux signalements que nous adresserons à l’Arcom, au Conseil de déontologie journalistique et de médiation, ainsi qu’au médiateur de France Télévisions.
Cela dit, reprenons votre logique. Selon vous, les chiens de race seraient tous porteurs de tares sanitaires du fait de la sélection. Or, les trois quarts des chiens en France ne sont pas LOF. Prenons l’exemple du Bouledogue français, qui semble vous préoccuper particulièrement : seuls 3 186 naissances ont été inscrites au LOF en 2024, contre plus de 20 000 identifications selon l’I-CAD I-CAD, soit environ 85 % de chiens non LOF.
Etre LOF signifie, dans la grande majorité des cas, respecter un standard, bénéficier de tests sanitaires systématiques, provenir d’un élevage encadré, et être issu d'union contrôlée. Ceux que vous croisez dans la rue ou chez le vétérinaire sont-ils LOF ? Vous n’en savez rien : vous n’avez pas posé la question. Même logique pour les Chihuahuas.
Vous êtes allé jusqu’aux États-Unis pour montrer, de manière spectaculaire, des chiens présentant des malformations sévères. Mais si l’on s’en tient aux faits, en 2024, sur 29 394 identifications de Chihuahuas, moins de 10 % sont LOF. Alors, faut-il en conclure que les problèmes sanitaires viendraient des 10 % de chiens LOF ?
Autre élément que votre sujet aurait gagné à considérer : le Code rural. Certes, ce n’est pas le texte le plus romanesque. Mais il est instructif. Vous reprochez notamment aux séances de confirmation de la Société Centrale Canine de ne pas inclure d’examens sanitaires. Or ces procédures sont encadrées par le Code rural, qui n’impose nullement de tels examens. Ce n’est donc pas une carence de la Centrale canine, mais un choix du législateur, que votre source semble pourtant fréquenter avec aisance…
Enfin, en clôture de votre sujet, un intervenant de refuge présente un soi-disant Dogue argentin et un Malinois sans préciser leur statut LOF. À en juger par leur apparence, cela semble peu probable. Il affirme ensuite que les chiens de race engendreraient davantage de frais vétérinaires que les chiens dits « bâtards ». Non seulement aucune vérification ni contradiction n’est apportée, mais il est même affirmé qu’un chien non LOF serait « gratuit ». Pourtant, la loi impose identification, certificat vétérinaire et âge minimal de cession à huit semaines : autant de coûts bien réels. Trois clics sur les plateformes de petites annonces suffisent à constater que les chiens non LOF sont eux aussi vendus, parfois à des prix élevés. Pomsky, Bully et autres hybrides à la mode en témoignent.
Enfin, votre sujet n’évoque à aucun moment l’utilité des chiens. Sans sélection, c’est toute la cynophilie d'utilisation comme dans la police, la gendarmerie, les douanes, les sapeurs-pompiers, etc., qui serait fragilisée. Diesel, le Malinois du RAID tombé lors des attentats du Bataclan, mériterait sans doute une lecture plus nuancée.
Lors de votre passage à l’exposition de Montluçon, vous auriez pu interroger le président de l’Association canine territoriale organisatrice. En effet, Alexandre Balzer est également président de la Centrale Canine et vétérinaire. Il aurait ainsi pu vous apporter quelques éclairages utiles en matière cynophile…
Pour conclure cher Hugo, à l’heure où l’audiovisuel public et la post-vérité s’invitent dans trop de débats, un peu de rigueur, de vérification et d’honnêteté ne nuisent jamais.
Liens pour signaler le reportage :
https://www.arcom.fr/alertez-nous
https://cdjm.org/saisir-le-conseil/
https://www.francetelevisions.fr/et-vous/aide-et-contact/la-mediation-de-linformation-nationale-de-france-televisions-2299