10/06/2025
🔴 Ne sommes-nous pas dans le rouge ?
Depuis longtemps déjà, je me pose des questions. Je m’interroge sur l’évolution de notre sport, sur la technicité croissante des parcours, et sur des obstacles toujours plus subtils, voire parfois déroutants. Sont-ils encore pensés cheval, ou avons-nous franchi une limite sans vraiment nous en rendre compte ?
Prenons l’exemple du vertical rouge lors du Grand Prix de La Baule : combien de chevaux y ont fait faute ? Aujourd’hui, les obstacles sont souvent constitués de seulement trois barres, avec parfois en prime des éléments visuels en dessous qui attirent l’œil du cheval vers le sol, perturbant son attention et son équilibre. On parle beaucoup — et c’est une bonne chose — du bien-être animal. Mais n’est-il pas temps de se demander si, dans certaines disciplines, notre sport n’est pas allé trop loin ?
Dès les épreuves pour jeunes chevaux, les parcours me semblent parfois trop exigeants. Les chevaux d’aujourd’hui sont d’une sensibilité remarquable, avec beaucoup de sang, d’énergie, d’influx. Ils demandent plus de temps, et une progression plus lente, dans le respect de leur développement — pour ne pas être contraints ( ou surchargés de travail en raison de leur vitalité et de leur réactivité naturelles).
À haut niveau, j’ai la conviction que sans les guêtres postérieures, les parcours sans faute seraient encore plus rares. Pourtant, ces chevaux sont déjà poussés au sommet de leurs capacités.
Je constate aussi une tendance chez certains chefs de piste à viser un nombre très limité de parcours sans faute. Ce défi technique est certes passionnant… mais à quel prix ? Cela ne pousse-t-il pas à entretenir une pression toujours plus forte sur les chevaux comme sur les cavaliers ? Ces derniers, qui sont de véritables athlètes, n’ont presque plus le droit à l’erreur. Le commerce en subit également les conséquences : tout le monde cherche le cheval parfait — ultra respectueux, rapide, courageux, volontaire… Mais existe-t-il vraiment ?
Je ne prétends pas avoir la solution. Je n’écris pas pour critiquer gratuitement, encore moins pour donner des leçons. Je souhaite simplement partager une observation, et inviter chacun à réfléchir. Par amour du sport… et surtout, par amour des chevaux.
Comme le dit avec humour un cavalier français qui aime partager sur les réseaux :
« Méditez ! » … et dites-moi ce que vous en pensez.
Sportivement vôtre, Éric