Affection Canine

Affection Canine Education canine positive et bienveillante. Un apprentissage personnalisé à votre chien.

17/06/2026

Lorsque l'on accueille un chiot, il n'est pas rare d'entendre certains propriétaires déclarer avec fierté : « Je peux mettre la main dans sa gamelle pendant qu'il mange » ou encore « Je peux lui prendre ses croquettes sans qu'il ne réagisse ».

À chaque fois, la même question nous vient à l'esprit : mais pourquoi faire cela ?

La réponse est souvent liée à une croyance encore très répandue : l'idée qu'il faudrait montrer au chien « qui est le chef » et vérifier qu'il accepte notre autorité. Ces pratiques sont directement issues de la célèbre théorie de la dominance.

Pourtant, cette théorie a été remise en question et invalidée depuis de nombreuses années par les connaissances scientifiques actuelles sur le comportement canin. David Mech, le chercheur qui a largement contribué à populariser cette vision hiérarchique des relations entre loups, a lui-même consacré une partie importante de sa carrière à expliquer que ses conclusions initiales avaient été mal interprétées et qu'elles ne devaient pas être appliquées aux chiens.

Alors pourquoi ces pratiques persistent-elles encore aujourd'hui ?

Parce que l'idée de devoir dominer son chien est profondément ancrée dans certaines conceptions de l'éducation. Elle donne l'impression de contrôler la situation et offre des réponses simples à des problématiques souvent plus complexes.

Pourtant, retirer la nourriture à un chien qui mange, mettre la main dans sa gamelle ou le déranger pendant son repas n'apporte aucun bénéfice éducatif. Au contraire, cela peut générer de l'inconfort, de la frustration, voire de l'inquiétude.

Imaginez que quelqu'un vienne régulièrement fouiller dans votre assiette pendant votre repas. Même si vous le tolérez au début, il y a de fortes chances que cela finisse par vous agacer.

Chez le chien, ces interventions répétées vont favoriser l'apparition ou le renforcement de comportements de protection de ressources. Le chien apprend que la présence humaine près de sa nourriture peut entraîner une perte de celle-ci, ce qui augmente le risque de tensions futures.

L'objectif ne devrait pas être de tester notre chien, mais de construire une relation de confiance. Un chiot doit pouvoir manger sereinement, sans craindre qu'on vienne lui retirer ce qui lui appartient.
Respecter son repas en le laissant manger tranquillement, lui apprendre progressivement que notre présence est synonyme de quelque chose de positif et développer une relation basée sur la confiance sont des approches respectueuses.

💬 Et vous, avez-vous déjà entendu dire qu'il fallait mettre la main dans la gamelle d'un chiot pour lui montrer « qui commande » ? Avez-vous appliqué ce conseil ou l'avez-vous reçu de la part d'un professionnel, d'un proche ou sur les réseaux sociaux ?

📌 Ces publications existent pour être vues et partagées.
Merci à chacun d’entre vous de participer à cette sensibilisation,
ensemble nous faisons avancer les choses 🐾

SECEP - Syndicat des Educateurs.trice.s Comportementtaliste.s Engagé.es en Positif
🛜 www.syndicat-propositif.fr

02/06/2026

Le paradoxe entre tradition et éducation respectueuse est profondément ancré dans nos sociétés. Bien que les connaissances scientifiques sur les émotions, les capacités cognitives et les besoins des chiens aient considérablement évolué, une certaine nostalgie de l’autoritarisme demeure encore très présente.

L’image du « chien bien élevé » reste souvent associée à l’obéissance immédiate, au contrôle et à la conformité. Comme si l’apparence extérieure du comportement avait davantage de valeur que le vécu émotionnel de l’animal lui-même.

Pour certains, l’éducation positive suscite encore de la méfiance.
Elle est parfois perçue comme une éducation laxiste, incapable de poser un cadre ou d’enseigner des règles de vie. Derrière ces craintes se cache souvent la peur de perdre le contrôle, de remettre en question des traditions profondément ancrées ou encore d’être jugé comme « pas assez ferme ».

Cette vision a des conséquences bien réelles.
De nombreux chiens ne reçoivent pas l’accompagnement dont ils auraient besoin parce que certains humains restent convaincus que le rapport de force est indispensable à l’éducation. La contrainte devient alors une réponse automatique, parfois au détriment du bien-être émotionnel du chien et de la qualité de la relation.

Pourtant, une éducation respectueuse n’est ni permissive ni naïve. Elle demande au contraire de la réflexion, de la cohérence, de l’observation et une véritable conscience des besoins du chien. Elle implique de sortir des automatismes autoritaires pour construire une relation fondée sur la coopération plutôt que sur la domination.

Au SECEP, nous défendons une éducation collaborative, sans punition, sans cris et sans contraintes inutiles.

Nous plaidons pour une approche qui consiste à :
✅ Accepter le chien et l’aimer pour ce qu’il est
✅ Lui offrir la possibilité de faire des choix et de prendre des décisions
✅ Accorder une place centrale à ses besoins physiques, émotionnels et sociaux
✅ Considérer les comportements gênants comme des occasions d’apprentissage et de compréhension
✅ Aller au-delà du comportement visible afin d’en comprendre les causes profondes : émotions, sensations, inconforts, peurs ou besoins non satisfaits

Éduquer un chien avec respect, ce n’est pas renoncer au cadre.
C’est choisir un cadre construit sans intimidation, sans douleur et sans peur. Parce qu’une relation basée sur la confiance sera toujours plus solide qu’une relation basée sur la contrainte.

📌 Ces publications existent pour être vues et partagées.
Merci à chacun d’entre vous de participer à cette sensibilisation,
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SECEP - Syndicat des Educateur.trice.s Comportementaliste.s Engagé.es en Positif
🛜 www.syndicat-propositif.fr

29/05/2026
03/05/2026

Le 1er mai arrive et avec lui, le retour du muguet 🌿
Attention, cette plante est hautement toxique pour les animaux, mais aussi dangereuse pour l’humain.⚠️

Pensez à la tenir hors de portée et restez vigilants.

Partagez ce message pour sensibiliser un maximum de propriétaires.💙🙏🏼

03/05/2026

🐾 QUAND Y EN A MARRE... 🐾

Lors de mes années de bénévolat en association de protection animale, j’ai fait avec tristesse le constat suivant : le nombre de chiens abandonnés pour cause de morsure est sans cesse croissant. Dans certains cas auxquels j’ai été confrontée, le fait pour le propriétaire de se séparer de son animal était justifié, non pas que le chien méritait l’abandon, mais parce que le risque que la situation d’agression se reproduise était réel (environnement non adapté, chien mal familiarisé aux enfants, chien de taille conséquente faisant de la protection de ressources +++, par exemple). Dans la plupart des cas cependant, la morsure avait été causée par le manque de vigilance (le « j’menfoutisme » total, même) des parents dans le cas d’agression sur enfants, le manque d’empathie aberrant de certains propriétaires (« Mon chien s’en prend toujours une dans la tronche s’il me grogne dessus quand j’approche de sa gamelle, ça permet de lui montrer qui est le chef -oh le con, il vient de me mordre sans prévenir ! »), l’obstination de certains à penser que les chiens ont envie d’être caressés à tout bout de champ, dans n’importe quelle situation, sans prêter attention à leur langage corporel qui leur hurle « S’il te plaît, laisse-moi un peu tranquille »...

Je me permets donc ce petit rappel qui me semble indispensable à l’heure où la science ne nous en a jamais appris autant sur le comportement animal, et où l’on n’a pourtant jamais autant abandonné (ou pire, tué !) pour cause de morsure :

- La méchanceté, le vice, la préméditation, la vengeance sont inexistants chez les animaux. Un chien qui mord répond à une émotion désagréable (la peur ou la colère, par exemple), il réagit à une stimulation négative à un instant T. C’est tout. Ne lui prêtez pas d’émotions humaines, c’est un chien, il ne vaut pas moins, pas mieux que nous, c’est juste une espèce totalement différente de la nôtre.

- On ne laisse JAMAIS un enfant de moins de 10 ans seul avec un chien. La plupart des propriétaires attendent de leur chien qu’il respecte les enfants, mais ces derniers ont le droit de tout faire subir au chien : NON. Un chien, pour être équilibré, a besoin qu’on respecte un minimum son espace vital, et certains plus que d’autres. De même, la caresse n’a pas toujours une valeur positive pour le chien : si le vôtre n’aime pas cela, ne le forcez pas, même si cela vous frustre. Il y a mille autres choses à partager avec un chien que les caresses.

- On n’importune pas un chien qui mange ou un chien qui dort ! J’en ai franchement ras-la-casquette d’entendre une personne sur deux me dire : « Mais il faut bien qu’il apprenne qu’on a le droit de toucher à sa gamelle sans nous faire mordre les mains... ». Alors d’une, les occasions que vous aurez de reprendre sa gamelle à votre chien pour une raison valable au cours de sa vie se compteront sur les doigts d’une main ; et de deux, si l’on m’enlève mon assiette une fois, deux fois pendant que je mange, à la troisième je plante ma fourchette dans la main de l’imprudent ! Pour un chien, c’est pareil, amusez-vous à lui enlever sa gamelle tous les jours, vous tiendrez la meilleure recette pour lui apprendre à la défendre bec et ongles. Si vraiment vous y tenez, faites-le intelligemment : mettez-lui un morceau de jambon dans sa gamelle, vous verrez qu’il associera bientôt votre main à quelque chose de super cool !

- Un chien qui grogne ne doit pas être sanctionné : essayez de comprendre ce qui le met dans cet état. Il est forcément mal à l’aise. L’urgence est de le soustraire à cette situation qui l’embarrasse. Malheureusement, il y a encore les irréductibles : « Moi, s’il me grogne dessus, il s’en souviendra toute sa vie », mais eux, ça ne vaut même pas la peine de gaspiller sa salive pour essayer de les convaincre de quoi que ce soit. Il faut juste espérer que leur chien n’en viendra pas à les mordre, puisqu’on lui aura toujours interdit de prévenir. Parce que dans ces cas-là, c’est toujours le chien qui finit par trinquer.

- Un chien qui grogne ou mord n’essaie pas de vous dominer : je ne m’étendrai pas sur ce point, mais j’espère juste un jour ne plus entendre prononcer le mot « dominant » à tout bout de champ dès qu’un chien a le malheur de s’exprimer un peu.

- N’attendez pas avant de faire venir un professionnel du comportement à votre domicile si le comportement de votre chien vous inquiète : ce n’est peut-être qu’un problème mineur, un simple souci de compréhension inter-espèces, et un bon comportementaliste saura vous donner la direction à suivre pour éviter tout drame. Soyez bien attentif à la personne que vous choisirez : si le comportementaliste vous conseille de sanctionner le chien, fuyez. Régler un problème d’agressivité par la violence, c’est comme mettre un pansement sur une plaie infectée : à court terme, ça fait propre, mais à long terme, ça empire.

Les chiens n’ont pas besoin de paroles pour se faire comprendre, je vous l’assure. Apprenez à les observer. Apprenez à identifier leurs signaux de bien-être, de peur, de malaise. Vous verrez qu’ils ont un vocabulaire aussi riche qu’un Larousse tout entier. Je n’ai jamais compris l’expression « Il ne lui manque que la parole ». Les chiens parlent déjà, et leurs paroles sont pleines d’une infinie sagesse.

Elsa Weiss / Cynopolis Formations
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