15/06/2026
L’hyperthyroïdie et l’hyperparathyroïdie chez le chat
Chez le chat senior, le système hormonal est fréquemment sujet à des turbulences. Si l’hyperthyroïdie est une maladie extrêmement courante et bien connue des propriétaires de félins, l’hyperparathyroïdie est plus confidentielle mais tout aussi impactante. Bien que leurs noms se ressemblent, elles touchent des glandes distinctes et perturbent l'organisme de manières bien différentes.
1) L’hyperthyroïdie féline, la machine s'emballe
La thyroïde produit principalement 2 hormones : T3 et T4. L'hyperthyroïdie est l’une des maladies endocriniennes les plus fréquentes chez le chat de plus de 10 ans. Elle correspond à une production excessive des hormones thyroïdiennes T3 et T4, qui font office de "carburant" pour l'organisme.
Dans plus de 95 % des cas, l'origine est un adénome thyroïdien, une tumeur bénigne (non cancéreuse) qui se développe sur l'un ou les deux lobes de la glande thyroïde, située dans le cou. Les carcinomes (tumeurs malignes) restent exceptionnels chez le chat.
Lors d’une hyperthyroïdie, le métabolisme du chat s’emballe. Le tableau typique associe :
-une perte de poids spectaculaire : le chat fond, perd sa masse musculaire (surtout sur le dos).
-une polyphagie : le chat a un appétit de loup, il réclame constamment à manger mais continue de maigrir.
-des troubles du comportement : hyperactivité, nervosité, miaulements nocturnes fréquents et inhabituels, agressivité parfois.
-une polyuro-polydipsie (PUPD) : le chat boit beaucoup plus et urine en grande quantité.
-un pelage de mauvaise qualité : poil terne, ébouriffé, gras ou parsemé de bourres.
-des troubles digestifs : vomissements réguliers et diarrhées chroniques.
-des répercussions cardiaques : le cœur bat trop vite (tachycardie), ce qui peut mener à une hypertension artérielle sévère.
2) L’hyperparathyroïdie féline, le piège du calcium
Les glandes parathyroïdes sont quatre minuscules structures accolées à la glande thyroïde. Elles sécrètent la parathormone (PTH), dont le rôle est de réguler le taux de calcium dans le sang.
L'hyperparathyroïdie se caractérise par un excès de cette hormone. Chez le chat, on distingue deux formes principales :
-l’hyperparathyroïdie primaire : très rare, elle est due à une tumeur bénigne (adénome) d'une glande parathyroïde qui produit de la PTH de manière autonome.
-l’hyperparathyroïdie secondaire (la plus fréquente) : elle est presque toujours la conséquence d'une insuffisance rénale chronique (IRC). Les reins malades ne parviennent plus à éliminer le phosphore, ce qui fait baisser indirectement le calcium. Pour compenser, les parathyroïdes s'hypertrophient et sécrètent de la PTH en excès pour puiser le calcium... directement dans les os de l’animal.
Les symptômes sont souvent plus subtils et se conjuguent avec ceux de l'insuffisance rénale :
-grande léthargie et faiblesse musculaire : le chat se déplace peu, semble "mou" et a du mal à sauter.
-anorexie ou baisse d'appétit : contrairement au chat hyperthyroïdien, le chat hyperparathyroïdien boude sa gamelle.
-nausées et vomissements : dus à la toxicité de l'urée ou à l'hypercalcémie (trop de calcium dans le sang).
-soif intense et urines très abondantes.
-douleurs osseuses ou fractures spontanées : dans les cas avancés (appelés parfois "ostéodystrophie fibreuse"), les os deviennent fragiles et cassants car ils ont été « vidés » de leur calcium.
3) Les traitements conventionnels
Le diagnostic repose systématiquement sur des analyses de sang (dosage T4 pour la thyroïde ; biochimie, calcium ionisé et PTH pour la parathyroïde).
Traitements de l'hyperthyroïdie
Il existe quatre options principales :
a) médicaments (à vie) : administration quotidienne d'antithyroïdiens (thiamazole ou méthimazole) sous forme de comprimés, de gouttes ou de gel transdermique à appliquer dans l'oreille. Ils diminuent la production d'hormones T3 et T4 mais ne guérissent pas la cause.
b) thérapie à l'iode radioactif (Iode 131) : c'est le traitement d'élection. Une injection unique détruit sélectivement l’adénome. Le chat est guéri dans 95 % des cas, mais la thérapie nécessite une hospitalisation en centre spécialisé.
c) alimentation thérapeutique : alimentation formulée sans iode (le carburant de la thyroïde).
d) chirurgie (thyroïdectomie) : retrait chirurgical du lobe tumoral, de moins en moins pratiqué en raison des risques de complications (notamment de lésion des parathyroïdes).
Traitements de l'hyperparathyroïdie
a) Si elle est primaire (tumeur) : retrait chirurgical du nodule parathyroïdien sous haute surveillance du taux de calcium post-opératoire.
b) Si elle est secondaire (IRC) : le traitement vise à gérer l'insuffisance rénale. On utilise des chélateurs de phosphore à ajouter à la nourriture pour diminuer l’absorption du phosphore, ce qui agit sur la surstimulation des parathyroïdes.
4) Accompagnements naturels et complémentaires
Soutien naturel de l'hyperthyroïdie
L'objectif est d'apaiser l'organisme en surrégime et de protéger les organes cibles (cœur, foie) :
-plantes inhibitrices de la synthèse des hormones thyroïdiennes
- plantes régulatrices du système cardiaque.
-plantes aux vertus sédatives et apaisantes du système nerveux.
-plantes hépato-protectrices
- compléments: omega-3 marins (huile de sardine ou d’algues), vitamines du groupe B, antioxydants (vitamine E, Co-enzyme Q10), probiotiques
Soutien naturel de l'hyperparathyroïdie (liée à l'insuffisance rénale)
L'objectif est ici de protéger le rein et de limiter la toxicité des déchets métaboliques :
-chélateur naturel du phosphore (carbonate de Ca, lithothamne)
-plantes de soutien rénal
-alimentation exclusivement humide de haute qualité : privilégiez une alimentation humide riche en eau, pauvre en phosphore, avec des protéines de très haute qualité pour ne pas fatiguer les reins.
- Chitosan (issu de la chitine des crustacés) : il favorise l’absorption de certains déchets azotés et induit une légère réduction de l’absorption du phosphore
A éviter sans avis vétérinaire : fortes doses de vitamine D, supplémentation empirique en calcium (prêt à l’emploi ou poudre d’os ou coquilles d’œufs), compléments riches en phosphore. Limitation des os, farines d’os et abats
Rappel important : Les approches naturelles ne remplacent pas les traitements vétérinaires (indispensables pour stabiliser ces maladies lourdes), mais elles offrent un excellent soutien pour limiter les effets secondaires et améliorer la qualité de vie du chat. Faites appel à un naturopathe animalier certifié.