09/06/2026
Speciale dedicace à une grande partie de nos clients 🙏🙏🙏
😎😎😎😎
LE GRAND DEBUTANT
Il existe une catégorie de cavaliers pour qui j'ai une profonde admiration... Vraiment.
Ce sont ceux qui se lancent dans l'équitation à 25, 35, 45 ou parfois 60 ans passés.
Il faut quand même saluer le courage des adultes qui débutent l'équitation sur le t**d.
Parce qu'un enfant, bon...Un enfant ne mesure pas vraiment les conséquences de ses actes ;
Il mange de la pâte à modeler, lèche les vitres , sniffe de la colle et pense qu'un poney est un grosse peluche avec une frange.
On lui pardonne...il est pas tout a fait fini.
Mais un adulte...
Un adulte a déjà acquis une certaine expérience de la vie ,lui !
Il sait que tomber fait mal, il a déjà reçu des devis de kiné et connaît le prix d'une IRM.
Il sait gérer une entreprise, élever des enfants, conduire une voiture, signer des contrats, payer des impôts et remplir des dossiers administratifs de trente pages sans pleurer.
Et malgré ça, quand il regarde ce gros animal de 600kg capable de courir à 60 km/h , il trouve quand même le moyen de se dire :
"Tiens... si je montais là-dessus ?"
Sachant que cela se fera sans passer par la case baby-poney !
Pas de Shetland trapu plus large qu'un sofa qui avance à la vitesse d'un robot tondeuse en économie d'énergie.
L'adulte lui débute directement sur des grandes perches avec des jambes longues comme des antennes-relais, un dos qui oscille dans tous les sens comme un dromadaire et un trot capable de repositionner l'intégralité de ses organes internes en seulement 10 foulées.
Car l'équitation est peut-être l'un des rares sports où l'on doit apprendre à bouger à travers le corps d'un autre.Les premières séances ressemblent moins à un cours de sport qu'à une démonstration de mixologie dans un bar douteux.
Dans ces premiers instants à cheval il faut bien avoir en tête les vidéos Instagram et leurs galops au coucher du soleil, des crinières au vent et probablement quelques licornes dans le fond pour croire que quelque chose d'harmonieux puisse se produire un jour.
Et puis à cet âge là on a perdu une partie de ses capacités à encaisser des pelles.
On ne trébuche plus sur ses lacets quinze fois par semaines , on ne se lance plus du haut des toboggans tous les soirs après le travail , on ne fait plus de roulades dans les fossés... non ! Certains se bloquent le dos en éternuant un peu trop fort et d'autres se petent la cheville en descendant de leur camion ( Coucou Lisa ).
Alors quand arrive la première gamelle...
L'adulte s'étale au sol avec la grâce d'une armoire normande qu'on pousserait dans un escalier et passera les trois jours suivants au pieu avec du paracétamol en intraveineuse.
À ce stade, deux hypothèses se dessinent.
Soit ces adultes sont des passionnés qui se sont ignorés pendant des années. Des enfants dont le rêve de cheval a été soigneusement rangé dans un tiroir avant de ressortir vingt ou trente ans plus t**d en version concentrée à tendance compensatoire... Soit ils souffrent de troubles psychotiques.
Parce qu'il faut une forme particulière de détermination pour persister dans un sport où les premiers mois consistent essentiellement à avoir mal partout, à se sentir nul en permanence et à recevoir des injonctions d'un poney qui semble manifestement mieux maîtriser l'exercice que vous.
Et pourtant...
Ils reviennent chaque semaine avec leurs courbatures, leurs doutes, leurs bleus et leur dignité partiellement écorchée.
Parce qu'entre deux séances de tapes-cul, de gamelles et de remises en question, il y a parfois un instant magique.
Quelques foulées où tout devient fluide , quelques secondes où le cheval répond à nos demandes et où l'on comprend enfin pourquoi on est là.
Et c'est précisément à ce moment-là que le piège se referme.
Quelques années plus t**d, vous possédez trois selles, douze licols, peut-être un cheval , un abonnement chez l'ostéopathe, un compte bancaire sous assistance respiratoire et vous expliquez à votre entourage qu'un stage à 300 euros pour apprendre à mieux tourner dans un cercle est en réalité un investissement parfaitement raisonnable.
Les psychiatres appellent ça une addiction , nous on appelle ça une passion.
Les crins de verdure
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