01/12/2023
Réflexion très intéressante !
Parlons « excès de qualité », voulez-vous ?
En octobre, j'ai suivi une formation axée sur l'humain, dont l'objectif premier était d'apprendre à se connaître soi-même. Nous avons donc évoqué nos qualités et... nos excès de qualité. Volontairement, le terme « défaut » a été écarté pour valoriser plutôt le fait qu'il s'agit finalement de traits de personnalité sur-exploités. Par exemple, le fait d'être tourné vers les autres, s'il est trop présent, peut mener à devenir servile. Le fait d'être contrôlant peut mener à l'intransigeance, etc.
« Quel rapport avec les chiens, madame ? »
Eh bien, cela m'a permis de réorienter un peu mon point de vue et d'envisager le sujet traité récemment par ma collègue Valérie sous un angle différent.
Je m'explique.
Pour moi, l'animal Chien est une création de l'humain. Nous avons exploité une base de canidé sauvage que nous avons domestiquée et formatée à nos convenances. Grand et musclé pour garder ou se battre, petit et déterminé pour chasser les rats, etc. Un peu comme un enfant avec de la pâte à modeler, nous avons créé des compagnons de vie dont nous avions besoin dans notre quotidien, pour réaliser des tâches précises.
Ca, c'est le chapitre 1 de l'histoire.
Ensuite, nos vies ont changé et le chien est devenu un compagnon de famille avant d'être un compagnon de travail. Les environnements se sont diversifiés, et nous avons imposé la ville, les voitures, le bruit, les gens, les chiens, les autres tout court. Mais, si on réfléchit, est-ce surprenant que ce Border Collie veuille poursuivre les vélos du Bois de Boulogne ?
Ce chien est absolument parfait pour réaliser ce pour quoi il a été créé.
Ce Malinois que rien n'arrête, à la réactivité exacerbée, est absolument parfait pour être un chien de l'armée. Ces chiens de garde qui empêchent les humains inconnus de rentrer chez eux sont dans leur bon droit. (Vous l'aurez compris, je peux continuer comme ça longtemps).
Les chiens n'ont aucun défaut. Des excès de qualité, peut-être.
C'est plutôt nous qui leur faisons défaut en imposant des environnements de vie si éloignés de ce pour quoi ils ont été créés, en ne tenant pas compte de ce qui les prédispose à être ce qu'ils sont.
Alors, bien sûr, l'individualité prime toujours, et certains chiens initialement prévus pour se battre contre leurs congénères sont très sociables et bons communicants. Certains bergers ne sont pas contrôlants et d'autres Jack Russel n'aboient pas. Mais s'ils correspondent au descriptif de leur race, de leur type, ce n'est pas hyper surprenant, encore moins anormal. C'est d'ailleurs un peu le but lorsque l'on crée une race...
Parler d'excès de qualité ne change rien à la choucroute, et je reste en accord total avec le discours de mes collègues. Je dirais que cela vient plutôt se poser en complément, pour nous aider à mieux comprendre nos chiens, à les percevoir plus clairement et à lever un peu du tabou qui pèse là-dessus. Car on peut tenir compte des prédispositions génétiques d'un chien en y jetant un regard aussi honnête que respectueux.
Reconnaître ces excès de qualité n'est pas juger les chiens. C'est sans doute mieux les accepter.