31/08/2026
🐾 2ème cours d'éducation pour BRIZZIE ! 🐾
Ce soir, nous avons eu un cours d’éducation un peu particulier avec notre Queen du quartier… 👑
Lors de notre précédente séance, je vous expliquais que Brizzie était particulièrement difficile à interpréter lorsqu’elle croisait un autre chien.
Et je tiens à apporter une petite précision, parce que je ne voudrais surtout pas que mon précédent texte laisse penser que je ne savais pas lire un chien. 😉
Après plusieurs années d’expérience au contact des chiens, c’est justement la première fois que je rencontre une attitude aussi particulière que celle de Brizzie.
Habituellement, lorsqu’un chien souhaite jouer, lorsqu’il est inquiet, lorsqu’il cherche à éviter une situation ou lorsqu’il s’apprête à entrer dans un conflit, différents signaux corporels permettent progressivement de comprendre ce qu’il essaie de communiquer.
Avec Brizzie, c’est beaucoup plus complexe.
Elle peut aboyer, mais un chien qui aboie ne veut pas forcément attaquer. Un chien excité, frustré, inquiet ou simplement très stimulé peut également aboyer.
Brizzie, elle, ne cherche même pas réellement à renifler l’autre chien.
Elle observe.
Elle avance.
Elle se positionne très droite.
Et elle lui saute dessus.
Mais sans les signaux habituels qui permettraient de déterminer clairement ce qu’elle cherche réellement.
Sa posture est effectivement très droite, avec une attitude de chien sur le qui-vive qui semble vouloir prendre le dessus.
Mais attention : une posture droite ne signifie pas automatiquement qu’un chien veut attaquer.
Un chien peut également adopter cette attitude pour impressionner, intimider ou simplement montrer qu’il veut contrôler la situation.
Et lorsqu’elle est correctement interprétée par l’autre chien et que celui-ci sait communiquer, cela ne conduit pas forcément à un conflit.
C’est justement pour cela que je ne voulais pas tirer de conclusion trop rapidement.
Je préférais dire « je ne sais pas encore » plutôt que d’inventer une réponse.
Nous avons donc décidé de mettre en place une rencontre contrôlée et sécurisée afin d’observer Brizzie plus précisément.
🛡️ La muselière : UNE QUESTION DE SÉCURITÉ
Avant de poursuivre, je préfère également expliquer un choix qui pourrait faire réagir certains d’entre vous :
Brizzie portait une muselière en tissu.
Et oui, je vous vois déjà arriver avec vos commentaires. 😅
Mais je préfère être totalement transparente sur la raison.
Mes chiens ont des personnalités plutôt sensibles et ont tendance à éviter les conflits. Ils ne vont pas chercher la confrontation et peuvent préférer fuir plutôt que répondre.
Je ne voulais donc prendre aucun risque qu’une mauvaise rencontre provoque une peur, un traumatisme ou une blessure chez l’un de mes chiens.
La muselière n’était absolument pas là pour punir Brizzie, la faire souffrir ou lui faire comprendre qu’elle avait « mal agi ».
Elle était simplement là pour sécuriser la situation et protéger tout le monde.
Parce que lorsque l’on décide de mettre deux chiens en situation pour observer leur comportement, notre première responsabilité reste de faire en sorte que personne ne soit blessé.
Et je préfère largement prendre une précaution supplémentaire plutôt que de devoir gérer les conséquences d’une erreur de jugement.
D’autant plus que mes chiens n’ont absolument aucune agressivité recherchée envers Brizzie et qu’ils auraient davantage tendance à subir ou à fuir qu’à répondre.
Cette sécurité était donc indispensable pour pouvoir observer Brizzie dans de bonnes conditions.
Et bien évidemment, le maître de Brizzie a totalement compris ma démarche et m’a donné son accord pour le port de la muselière. La sécurité de tous restait notre priorité. 🐾
(Et merci a lui pour sa confiance !)
🐾 PEANUT’S
Pour commencer, nous avons présenté Peanut’s, femelle de 7 ans.
Brizzie n’a même pas réellement laissé Peanut’s venir au contact.
Elle lui a littéralement sauté dessus.
Pas de grognement.
Une posture très droite.
La laisse détendue.
Et surtout, aucune recherche de contact ou de présentation.
Peanut’s a pourtant essayé plusieurs fois de venir doucement vers elle.
À chaque tentative, Brizzie lui sautait dessus.
Peanut’s a fini par prendre peur et est partie se réfugier dans la niche.
🐾 STILES
J’ai ensuite fait sortir Stiles, mâle de 2 ans et beaucoup plus joueur.
Et là encore…
Même comportement.
À ma grande surprise, Stiles a essayé de lui faire comprendre ses limites en montrant les dents.
Mais cela n’a pas suffi.
Il a finalement choisi de prendre ses distances et d’éviter le conflit.
Et honnêtement ?
C’était probablement la meilleure réaction qu’il pouvait avoir.
Il n’avait aucune raison d’aller chercher l’affrontement.
🐾 IVY
J’ai alors tenté une dernière possibilité avec Ivy, en espérant que la présence de plusieurs chiens puisse modifier la réaction de Brizzie.
Mais là encore, aucun changement.
Mes chiens ont simplement choisi de garder leurs distances.
Et même si cela ne nous a pas permis d’obtenir exactement la situation que j’espérais, leur réaction reste une bonne chose : ils ont choisi d’éviter le conflit.
Après plusieurs observations, quelques interventions de ma part avec Brizzie et une discussion avec son maître, nous avons finalement décidé d’arrêter là.
Parce qu’à un moment donné… il faut aussi savoir reconnaître ses propres limites.
❤️ ET SI BRIZZIE N’ÉTAIT PAS NÉE COMME ÇA ?
C’est justement en discutant avec son maître que nous avons découvert un élément particulièrement intéressant.
Brizzie a déjà eu, par le passé, des interactions et des moments de jeu parfaitement normaux avec d’autres chiens.
Alors une nouvelle question s’est posée :
Et si cette attitude n’avait finalement pas toujours été présente chez elle ?
Plusieurs anecdotes racontées par son maître nous ont amenés à penser que ses difficultés actuelles avec ses congénères pourraient être liées à une mauvaise expérience récente.
Je reste volontairement très discrète sur les détails, car nous n’avons évidemment aucune certitude sur l’origine exacte de ce changement.
Mais au vu de ce que nous avons pu observer et des éléments apportés par son propriétaire, je pense aujourd’hui qu’il est très probable que la peur, l’appréhension ou une mauvaise expérience jouent un rôle important dans son comportement actuel, plutôt qu’il s’agisse simplement d’un comportement présent depuis toujours.
Et cette information change énormément notre façon d’aborder la suite.
Parce que si derrière cette attitude de « Queen » se cache finalement une chienne qui cherche avant tout à se protéger ou à tenir les autres chiens à distance…
Alors notre travail n’est plus du tout le même.
❤️ SAVOIR RECONNAÎTRE SES LIMITES
Je vais donc être totalement honnête avec vous.
Je n’ai actuellement pas les conditions idéales pour travailler directement les rencontres entre Brizzie et d’autres chiens.
Je n’ai pas le terrain suffisamment adapté, les installations permettant de gérer parfaitement les distances et les possibilités de retrait, ni surtout le chien présentant le tempérament idéal pour ce type de travail.
Brizzie aurait besoin, si nous devions travailler les interactions directes, d’un chien extrêmement stable, bien dans ses pattes, capable de communiquer clairement et de poser ses limites sans agressivité et sans chercher le conflit.
Pas d’un chien qui va la « casser ».
Pas d’une bagarre.
Pas d’une confrontation destinée à lui faire peur.
L’objectif serait simplement qu’elle puisse comprendre que tous les chiens ne sont pas des chiens qu’elle peut repousser ou contrôler.
Mais je n’ai actuellement pas ce partenaire de travail sous la main.
Et je refuse de prendre le risque de mettre mes chiens en difficulté ou de provoquer chez eux une mauvaise expérience.
Reconnaître ses limites n’est pas un échec.
Au contraire.
Je pense que c’est aussi ça, être professionnel :
- savoir dire « ici, je peux vous accompagner »…
et savoir reconnaître lorsqu’un autre environnement ou un autre professionnel serait plus adapté.
🐾 ALORS, QUELLE SUITE POUR BRIZZIE ?
Cela ne signifie absolument pas que nous allons abandonner notre Queen ! ❤️
Bien au contraire.
Je ne veux pas que Brizzie et son maître en arrivent à appréhender chaque promenade à chaque fois qu’un chien apparaît.
Nous allons simplement changer notre objectif.
Brizzie n’a pas besoin d’aimer tous les chiens.
Et elle en a parfaitement le droit.
Nous non plus, nous n’aimons pas tout le monde ! 😂
Notre objectif sera donc de lui apprendre que ne pas aimer un chien ne signifie pas qu’il faut lui sauter dessus.
Un chien passe ?
On observe.
On garde ses distances.
On reste avec son maître.
Et surtout… on ignore.
Nous allons travailler la concentration, la gestion des émotions, les distances, les déplacements et surtout la capacité de Brizzie à rester connectée à son maître lorsqu’un congénère apparaît.
Et oui…
Il va y avoir beaucoup, beaucoup, beaucoup de travail. 😅
Mais ça, je sais que je peux le faire !
Et surtout, je sais que je peux le faire sans avoir besoin de mettre un autre chien en difficulté.
Nous allons donc reprendre les choses autrement.
Plus progressivement.
Plus intelligemment.
Et surtout… au rythme de Brizzie. ❤️🐾
Ce soir, nous n’avons peut-être pas obtenu la séance parfaite.
Mais nous avons obtenu quelque chose de beaucoup plus important : des réponses.
Nous savons désormais que Brizzie ne cherche pas à jouer.
Nous savons également que son comportement pourrait être lié à une expérience négative plutôt qu’à une difficulté présente depuis toujours.
Et surtout… nous savons maintenant comment adapter notre travail.
Notre Queen « insociable » a encore beaucoup de choses à apprendre… 👑
Mais je ne compte absolument pas la laisser tomber.
On continue ensemble. 🐾
KE'YCEJ - Cindy