02/09/2026
« MAIS POURQUOI TON MALINOIS EST EN CAGE ? »
Parce que je préfère prévenir que pleurer.
Je vais pas me faire de copains, mais oui : Riggs, Malinois de 9 mois, a une cage d’éducation.
Et non, je ne compte pas le mettre dedans jusqu’à ses 14 ans.
La cage est, pour moi, un outil temporaire d’éducation, pas un mode de vie. J’en ai d’ailleurs déjà utilisé une pour un autre de mes chiens lorsqu’il était chiot.
Et avant que les commentaires s’enflamment : non, une cage ne doit jamais être utilisée comme punition. Si votre chien associe la cage à « j’ai fait une connerie donc je vais en prison », vous avez chié dans la colle.
Regardez simplement la vidéo : Riggs reçoit l’ordre, se précipite dans sa cage et va s’y poser tranquillement. Il y va volontiers. Pourquoi ? Parce qu’il sait que la cage, c’est aussi l’endroit où arrivent les croquettes, les mastications, les oreilles de cochon, les os, les fémurs de bœuf et toutes les autres conneries qu’il adore.
Pour lui, la cage n’est pas une prison.
C’est comme sa chambre.
Et l’apprentissage de la cage, je considère que ça devrait être un essentiel pour tous les chiens.
Prenez simplement la voiture.
Sur un long trajet, soit vous attachez votre chien, soit vous le transportez en cage. Et certaines races particulièrement déterminées peuvent réussir à sectionner une laisse de sécurité, à se libérer ou à se mettre dans des situations franchement pas terribles.
La cage permet aussi d’éviter qu’un chien devienne un projectile en cas d’accident.
Et faisons une parenthèse sur un autre sujet : la muselière.
« Mon chien ne mord pas, il est adorable. »
Oui. Très bien Michelle.
Et je souhaite sincèrement que ça reste comme ça toute sa vie.
Mais imaginons une seconde qu’un jour votre chien soit gravement blessé. Je touche du bois pour que ça n’arrive jamais.
Même un chien parfaitement fiable, même un chien qui n’a jamais montré la moindre agressivité, peut mordre lorsqu’il souffre, lorsqu’il panique ou lorsqu’il ne comprend pas ce qu’on lui fait.
Et oui, les vétérinaires savent gérer des chiens potentiellement mordeurs.
Mais est-ce vraiment une raison pour leur envoyer entre les mains une bombe à pattes qui découvre ce jour-là ce qu’est une muselière ?
Un vétérinaire n’a probablement pas rêvé enfant de devenir spécialiste du croc de chien dans l’avant-bras.
Alors si on peut faire du préventif, apprendre au chien à porter une muselière et lui apprendre à être manipulé dans des conditions inhabituelles, pourquoi s’en priver ?
Même logique pour la cage.
Votre chien est hospitalisé ?
Il sera probablement placé dans un box.
Donc si vous êtes absolument anti-cage et anti-muselière, le jour où votre chien se fait renverser, se blesse gravement et doit être hospitalisé, il risque de découvrir la muselière + le box + l’absence de son humain, le tout en pleine douleur et en plein stress.
Double peine.
Alors qu’un chien qui connaît déjà ces situations n’aura « plus qu’à » gérer le fait que son humain ne soit pas là.
Prévenir plutôt que guérir. C’est quand même le principe.
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Et Riggs dans tout ça ?
Quand Riggs est arrivé, il n’avait jamais vu une cage de sa vie.
J’ai pourtant décidé de lui en mettre une immédiatement.
Déjà parce que le trajet en voiture devait être sécurisé.
Riggs ne pensait alors qu’à me bouffer. Je n’avais absolument pas envie de faire 1h30 de route avec un Malinois qui me montre les dents par-dessus mon épaule pendant que je conduis.
Donc : cage de transport.
Tout le monde en sécurité, chien sécurisé, et en cas d’accident, pas de Malinois transformé en projectile volant.
En arrivant à la maison, après une fin d’après-midi et une soirée passées ensemble, Riggs a dormi dans sa cage d’éducation.
Pourquoi ?
Pour me protéger.
Parce que se réveiller en pleine nuit avec un Malinois de 15 mois sur le lit qui vous montre tous ses chicots, je l’ai déjà vécu.
Et je n’avais pas particulièrement envie de faire une saison 2.
Mais aussi pour protéger mes chiens.
Je ne connaissais pas encore Riggs. Son âge ne me garantissait absolument pas qu’il n’allait pas, en pleine nuit, décider d’aller chercher des noises à l’un de mes chiens.
Quand on introduit un nouveau chien dans un groupe, on ne suppose pas que tout va bien se passer.
On sécurise.
Et Riggs avait également énormément de mal à rester seul.
Il pouvait faire des conneries.
Alors s’il avait détruit une poubelle ou un tapis de salle de bain, franchement, j’aurais survécu.
Le problème, c’est que Riggs ne s’intéressait pas uniquement à mon mobilier.
Il s’intéressait aux prises électriques.
Et là, tout de suite, le débat « cage ou pas cage » devient beaucoup moins philosophique.
Je préfère largement retrouver un chien derrière quelques barreaux le temps qu’il apprenne à gérer la solitude plutôt que de retrouver un chien électrocuté ou une maison partie en fumée.
La cage avait donc trois objectifs :
Le protéger.
Me protéger.
Protéger mes chiens.
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Et puis il y avait le fameux « mode OFF ».
Parce que oui, je sais.
« Mais tu parles des Malinois comme si c’était des machines de guerre ! »
Non.
Il existe des Malinois très calmes, très affectueux, très dociles, très posés et même franchement feignants.
Et puis il y a les Riggs.
Riggs, tu peux lui faire deux heures de forêt, du pistage, des exercices cognitifs, des apprentissages, des jeux, des recherches…
Tu rentres à la maison et le mec repart comme si tu venais de lui annoncer :
« Félicitations, tu as gagné 48 heures supplémentaires de temps d’activité. »
Le cerveau est fatigué.
Le corps est fatigué.
Mais monsieur continue.
On dirait qu’il a un podomètre intégré dans le crâne et que s’il n’a pas atteint les 100 000 pas avant minuit, il va recevoir une pénalité.
Sauf que non, Riggs.
Tu as le droit de ne rien faire.
Et ça, certains chiens doivent réellement l’apprendre.
Un chien doit savoir s’occuper, mais il doit aussi savoir s’arrêter.
La cage m’a permis, entre autres, d’apprendre ça à Riggs.
« Tu es fatigué ? Très bien. Maintenant tu te poses. »
Tu peux dormir.
Tu peux regarder autour de toi.
Tu peux ne rien faire.
Tu peux même t’ennuyer.
L’ennui n’est pas une urgence vétérinaire.
Et aujourd’hui, Riggs sait faire.
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Alors pourquoi la cage est-elle encore là ?
Parce que l’objectif n’était pas que Riggs passe sa vie dedans.
L’objectif était qu’il apprenne.
Aujourd’hui, la cage ne lui sert quasiment plus.
Je la garde simplement pour entretenir cet apprentissage.
Et le plus beau résultat, c’est que lorsque Riggs est très stimulé, très fatigué ou qu’il en a simplement « gros sur la patate », il lui arrive maintenant d’aller de lui-même se coucher dans sa cage.
Et là, je sais que j’ai gagné.
Parce qu’il a compris que :
« Ne rien faire, c’est aussi une activité. »
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Et attention à une dernière chose.
Une cage d’éducation ne doit pas devenir un sanctuaire intouchable.
Elle doit être son espace, mais pas une ressource qu’il doit défendre.
Je peux me coucher devant la cage de Riggs.
Je peux entrer dedans avec lui.
Je peux m’approcher.
Je peux intervenir.
Il sait que cet endroit est sécurisé, mais il sait aussi que je peux y accéder.
En revanche, mes autres chiens n’ont pas à venir l’emm***er lorsqu’il y est.
Parce qu’une cage correctement utilisée, ce n’est pas :
« Va en prison. »
C’est :
« Va dans ta chambre. Pose-toi. Ici, personne ne viendra te faire c***r. »
Et quand le chien comprend ça, la cage n’est pas une contrainte.
Elle devient votre allié.