08/06/2026
Cheval’dire :
Ce soir, je me suis senti un peu étalon…
En observant Ilyes du Vallon, mon étalon Barbe, j’ai eu l’impression de me voir dans un miroir.
J’avais simplement changé le groupe de prairie. Les juments étaient juste de l’autre côté d’une clôture. Elles étaient là, visibles, proches.
Pourtant, Ilyes ne comprenait pas cette nouvelle limite.
Pendant un long moment, il a cherché à rassembler ses juments, à les guider le long de la clôture pour les ramener dans leur prairie habituelle. Comme s’il cherchait le passage qui permettrait de retrouver l’ordre des choses, la cohésion du troupeau, les repères connus.
Et en le regardant, j’ai compris pourquoi cette scène me touchait autant.
Je fonctionne souvent de la même manière.
Lorsque le monde devient confus, lorsque les valeurs se brouillent, lorsque les repères changent trop vite, mon premier réflexe n’est pas de partir à l’aventure. Mon premier réflexe est de rassembler.
Rassembler ma famille, mes proches, mes amis, mes chevaux.
Retrouver notre territoire. Cet espace où l’on se connaît, où l’on se comprend, où l’on partage les mêmes valeurs et où chacun trouve sa place.
Notre société nous pousse souvent à nous adapter en permanence, à changer, à bouger, à nous déraciner.
Pour ma part, je ressens profondément le besoin inverse : celui de préserver ce qui nous relie, ce qui nous construit et ce qui nous rassure.
Certains y verront peut-être une vision ancienne du monde.
Moi, j’y vois quelque chose de profondément vivant.
Les chevaux m’apprennent chaque jour que l’appartenance, la confiance et la cohésion d’un groupe ne sont pas des faiblesses.
Ce sont des besoins fondamentaux.
Ce soir, en regardant Ilyes du Vallon tenter de réunir son troupeau, je me suis dit que nous étions peut-être beaucoup moins différents des chevaux que nous le croyons.
Je pense que ce texte parlera à beaucoup de personnes, même au-delà du monde du cheval, parce qu’il touche à quelque chose d’universel : le besoin d’appartenance et de racines.
BD Cheval Nature et Liberté