20/12/2025
ATTENTION À L’HYPER-STIMULATION AVEC VOTRE CHIOT
On parle souvent de chiots qui auraient trop d’énergie.
En réalité, dans l’immense majorité des cas, ils n’en ont pas trop, ils n’ont juste jamais appris à se réguler.
Un chiot qui veut jouer tout le temps, avec tous les chiens, sans pause, ce n’est pas un chiot infatigable, c’est un chiot qui ne sait pas encore redescendre émotionnellement.
Et plus on répond systématiquement à cette demande de jeu, plus on entretient le problème sans s’en rendre compte( et voilà les vrais problèmes commencent )
Le jeu, surtout entre congénères, est un excitant puissant.
Ça ne calme pas un système nerveux, ça le surcharge. Le vrai indicateur n’est jamais pendant le jeu, mais après.
Quand le chiot n’arrive plus à s’arrêter, qu’il s’agite à la maison, mordille, n’écoute plus rien, peine à dormir ou enchaîne les micro-siestes, là on a clairement dépassé le seuil.
Et c’est souvent là que les gens disent il a trop d’énergie,alors qu’en réalité il est surtout trop stimulé.
Il faut être très vigilant avec l’hyper stimulation. Un chiot qui disjoncte, qui court partout, qui attrape les mollets, qui semble débranché,n’est pas en train de faire des bêtises. Son système nerveux est juste en court circuit.
Trop de rencontres, trop de bruits, trop de nouveautés, trop d’interactions en peu de temps, et le cerveau se transforme en cocotte-minute.
💥💥Toutes les rencontres ne sont pas éducatives. Toutes les balades n’ont pas besoin d’être sociales. Sortir ne doit pas toujours rimer avec excitation maximale.
( Et ça, franchement, mettez-le quelque part au fond de votre tête… et ressortez-le de temps en temps, surtout quand le chiot part en mode pile électrique 😄)
Jouer avec son chiot, bien sûr que oui. Mais court, structuré, avec un début et surtout une fin claire, décidée par l’humain. Le vrai apprentissage n’est pas le jeu en lui-même, mais l’acceptation que ça s’arrête.
Le repos est le grand oublié.
Un chiot qui en veut toujours plus est très souvent un chiot qui n’a jamais appris à se poser. Apprendre à ne rien faire, à attendre, à observer, c’est de l’éducation.
Limiter le jeu, ce n’est pas frustrer un chiot, c’est lui apprendre l’auto contrôle. Et cette compétence là, il va en avoir besoin toute sa vie.
Sur le terrain, quand un chiot a du mal à redescendre, j’utilise toujours les mêmes leviers. D’abord le flair. Chercher, renifler, utiliser son nez, ça fait baisser le rythme cardiaque presque instantanément. Ensuite la mastication. Mâcher libère des hormones apaisantes et permet de faire retomber la pression après une excitation. Et enfin, ce que j’appelle le calme cadré. Un espace restreint, confortable, sans sollicitations inutiles. Pas une punition, mais une vraie aide pour que le cerveau passe enfin en mode off.
Et puis il y a quelque chose d’essentiel qu’on oublie trop souvent valoriser le rien.
Je crois que c’est ma phrase préférée en stage ou en séminaire
Pas quand le chiot fait quelque chose, mais précisément quand il ne fait rien. Quand il se pose seul, quand il soupire, quand il observe calmement le monde. C’est là qu’il construit sa bulle de calme. C’est en renforçant ces moments d’immobilité qu’on forge un chien adulte capable de rester serein, même quand tout bouge autour de lui.
Un chiot équilibré, ce n’est pas un chiot épuisé. C’est un chiot qui sait s’arrêter. Et ça, ça ne s’improvise pas, ça s’apprend.
.