04/08/2025
Bonjour à toutes et à tous,
Ce message a pour objectif de faire un point sur la fièvre catarrhale ovine (FCO), en particulier sur le sérotype 3 actuellement détecté, ainsi que sur les mesures de vaccination associées.
🦠 Situation actuelle :
Depuis quelques jours, plus de 300 foyers de FCO sérotype 3 ont été identifiés dans la Manche.
Les signes cliniques observés sont variés : certains très caractéristiques de la maladie, d’autres beaucoup plus discrets, voire absents, bien que les animaux se révèlent positifs en PCR.
👉 Cela montre à quel point la détection repose sur une démarche proactive : on ne trouve que ce que l’on cherche.
💉 Concernant la vaccination :
Deux vaccins sont actuellement disponibles sur le marché. Leur utilisation permet de réduire la virémie et d'atténuer les symptômes associés à la maladie.
Toutefois, ils n’empêchent pas l’infection, mais en limitent les conséquences :
· baisse de production laitière
· troubles de la locomotion
· lésions buccales gênant l’alimentation et l’hydratation
· impacts négatifs sur les performances de reproduction
⚠️ Il est déconseillé de vacciner des animaux déjà symptomatiques. En effet, leur système immunitaire est déjà mobilisé, et l’administration du vaccin pourrait aggraver leur état de santé.
✅ En revanche, pour les animaux sains ou en phase d’incubation (l’animal est déjà contaminé mais sans symptôme visible), la vaccination est recommandée.
👉 Il faut garder à l’esprit qu’une protection efficace chez les bovins nécessite deux injections espacées de trois semaines, soit un délai total de six semaines.
🕒 Durée d’immunité & vaccination hors saison :
Concernant les éleveurs ayant procédé à la vaccination durant l’automne-hiver 2024, nous espérions à l’époque une durée d’immunité d’au moins 12 mois.
Cependant, à ce jour, aucune durée officielle n’a été établie par les laboratoires fabricants. Force est de constater que la protection conférée semble inférieure à nos attentes. En effet, la maladie liée au cycle d’activité du Culicoïde, resurgit essentiellement en période estivale.
👉 Dans les élevages ayant tout de même vacciné à cette période, l’administration d’une dose unique maintenant, sur des animaux non malades, pourrait avoir un effet “booster” sur leur immunité.
Cela pourrait limiter plus efficacement les effets cliniques de la maladie en cas de contamination, comparé à un élevage naïf, c’est-à-dire n’ayant jamais été vacciné contre la FCO.
📍 Autre point de vigilance – Sérotype 8 :
Le sérotype 8 de la FCO (FCO-8) circule activement en Bretagne et en Mayenne, avec de nombreux foyers recensés ces dernières semaines.
À ce jour, il n’a pas encore été détecté dans la Manche, mais son arrivée est très probable compte tenu de la proximité géographique et des déplacements d’animaux ou d'insectes vecteurs.
💡 Il est important de noter que le vaccin utilisé contre la FCO-3 n’est pas le même que celui contre la FCO-8.
Une immunité croisée partielle peut éventuellement exister, mais cela n’est ni garanti ni documenté pour le moment.
👉 Par précaution, il est donc nécessaire de rester vigilant face à ce second sérotype, qui pourrait s’ajouter au contexte déjà tendu.
🧴 Mesures complémentaires :
L’usage d’antiparasitaires externes peut contribuer à :
· limiter la contamination des animaux encore sains
· réduire le risque que les moucherons vecteurs propagent davantage le virus
⚖️ En résumé : il s’agit de peser le rapport bénéfices/risques.
Faut-il vacciner dès maintenant, en acceptant un risque limité (mais parfois non négligeable) de réaction même en cas d’incubation déjà présente,
ou attendre et risquer une flambée de cas avec une souche virulente sauvage et des conséquences plus lourdes sur le troupeau ?
✅ Notre équipe a fait le choix de privilégier une vaccination préventive à l’échelle des troupeaux, en excluant les animaux présentant des signes cliniques de FCO.
Pour tous compléments d'informations n'hésitez pas à nous contacter !