19/07/2022
Incendie en Gironde: quel impact sur la faune sauvage?
Avec 14 300 hectares déjà partis en fumée et plus de 1500 pompiers qui luttent nuit et jour contre les flammes, l’incendie des secteurs de La Teste-de-Buch et Landiras sont une catastrophe pour la biodiversité. Une habitante de Barsac interrogée par Sud Ouest racontait qu’elle avait vu les oiseaux chassés de leurs nids par le feu, épuisés par un vol en zone enfumée, et tombés blessés ou morts dans les jardins et les piscines. Des marcassins, chevreuils ou renardeaux percutés sur la route alors qu’ils sortaient du bois et fuyaient les flammes qui détruisaient leur habitat.
Pour la présidente de l’association Bassin d’Arcachon , « Les grands et moyens mammifères peuvent fuir l’incendie ». Les sangliers et les chevreuils sont donc ici en première ligne. « Le renard peut ressentir le feu assez tôt et réagir. Le blaireau aussi, à condition qu’il ne se terre pas. » En seconde ligne, les petits mammifères tels que les mulots et les campagnols en revanche, se terrent par réflexe face au danger.
De son côté, la Ligue pour la protection des oiseaux alerte sur la situation des oiseaux migrateurs qui fréquentent régulièrement les zones en proie aux incendies. “En ce moment, les milans noirs et les bondrées apivores sont présents sur le territoire où ils viennent habituellement nicher pour se reproduire. Il y a donc un risque réel pour les jeunes, qui ne peuvent pas fuir car ils ne savent pas encore voler. Les mères aussi sont en danger : elles peuvent rester dans le nid jusqu’au dernier moment et risquent d’avoir des dégâts pulmonaires”, explique Noriane Rhouy, responsable du centre de soin LPO Aquitaine.
Pour les animaux qui parviennent à sortir de la forêt, si le danger du feu est écarté, d’autres les menacent. A commencer par la température caniculaire (augmentée par les feux) qui les expose à de la déshydratation. Ils peuvent aussi être impliqués dans des accidents de la route, même si le risque reste moindre compte tenu des interdictions de circuler dans les zones à risque.
UN BILAN ANIMAL DIFFICILE À ÉTABLIR
S’il est difficile, à cette heure, de tirer un bilan du nombre de victimes animales, les associations se montrent d’ores et déjà pessimistes. Au centre de soins Alca Torda, les équipes constatent qu’elles n’ont reçu aucun signalements pour des animaux à secourir. “Cela nous fait craindre le pire”, confie Laura Labarthe, responsable capacitaire de l’établissement. “Il risque d’y avoir plus de morts que de blessés…”
Si la température monte trop, comme ce doit être le cas actuellement, ils n’ont que peu de perspectives… » Il y a enfin toute la vie qui peuple le sol. « Tout ce qui grille malheureusement », précise l’associative. « Les insectes, qui ont une très grande importance pour la forêt. Toute cette vie est en très grand danger. Les arthropodes par exemple, mais aussi les grenouilles et les crapauds. Ils n’ont aucune possibilité de fuir un incendie si rapide. Quant aux grands mammifères, s’ils ont plus de chances, où vont-ils fuir ? Ils sont bien souvent limités par l’urbanisation, les aménagements, les clôtures, la fréquentation humaine en général… Cela sera difficile pour ceux qui en ont la capacité physique. »
Il faut compter 3 à 5 ans afin de permettre aux herbes et arbustes de recouvrir les traces du feu. Ce n’est seulement que 20 à 30 ans après l’incendie que la forêt retrouvera son aspect initial. Croisons les doigts pour que tout s’arrête, et très vite!