05/04/2026
MANUEL DE DRESSAGE DU BIPÈDE DOMESTIQUE
À l’usage des jeunes poneys souhaitant optimiser la gestion de leur humain - écrit par Bonbon.
( Oui Bonbon aussi écrit des livres , c'est quoi le problème ?).
" Si ce manuel est arrivé entre vos sabots, c’est que vous êtes à l’aube d’une grande aventure : la prise en main de votre premier bipède domestique.
Dans ce manuel, vous découvrirez l’art subtil d’éduquer et de dresser votre propre humain, depuis ses premiers pas hésitants du débourrage jusqu’au haut niveau… où il exécutera enfin, avec une application touchante, ce que vous saviez faire depuis le début.
CHAPITRE 1: Identification, capture et premières manipulations du bipède.
Le bipède domestique (Homo cavalius approximatus) est une espèce rustique mais à l’équilibre instable, reconnaissable à sa verticalité précaire et aux deux seuls membres le reliant au sol.
Contrairement à nous, sa locomotion repose sur deux jambes oscillantes dont la coordination reste aléatoire, surtout sur terrain gras ou en présence de crottins frais.
Là où tout être évolué dispose de quatre appuis stables, l’humain doit en permanence négocier avec la gravité, oscillant d’avant en arrière pour éviter de finir à l’horizontale.
Chaque pas est une chute évitée de justesse, un déséquilibre rattrapé au dernier moment avec un sérieux admirable. C’est un animal attachant, mais encore inachevé.
On comprend donc facilement pourquoi sa survie dépend de sa capacité à s’associer à plus compétent que lui. Ainsi, depuis près de 7000 ans, il persiste à tenter de nous monter sur le dos.
Mais ne vous méprenez pas.
Ce n’est pas un acte de domination.
C’est de l'adaptation.
L’humain est un être profondément convaincu de sa compétence. C’est même sa principale caractéristique. Il aborde généralement la relation avec un mélange d’assurance et d’approximation, persuadé que quelques leçons, deux vidéos et une paire de bottes suffisent à maîtriser un organisme bien plus évolué, et bien plus lourd que lui.
Tu pourrais t’en amuser.
Tu aurais raison.
Mais tu ferais une erreur stratégique.
1.1 Capture en milieu ouvert
Le bipède évolue généralement en liberté contrôlée autour des zones de nourriture (sellerie, club house, ou sac de carottes). Sa capture demande finesse et stratégie.
Lorsqu’il pénètre dans votre espace (souvent armé d’un licol, objet de contention qu’il croit invisible sitôt caché derrière son dos ), il adopte une démarche lente, bras légèrement écartés, regard fixé sur vous comme un prédateur mal informé.
C’est à cet instant que commence votre travail.
Reculez de quelques mètres. Pas trop.
Le bipède doit croire à une chance de succès.
Puis partez dans un déplacement fluide et assuré.
Il se mettra immédiatement à trottiner.
Observez bien :
ses membres s’agitent dans tous les sens, son souffle devient audible, et une légère panique apparaît dans son regard. Ses boursouflures faciales, appelées “joues”, prennent une teinte rosée.
Accélérez légèrement.
Le bipède entre alors en phase de “course désorganisée”, caractérisée par :
une perte d’alignement général,
des bras devenus inutiles,
et parfois une vocalisation (“reviens co***rd !”).
Répétez cet exercice sur plusieurs cycles, jusqu’à ce que son visage prenne une teinte franchement rouge.
1.2 Mise en place du lien hiérarchique
Une fois essoufflé, le bipède devient plus malléable. Il ralentit, adopte une posture courbée et peut même produire des offrandes alimentaires.
C’est le moment d’instaurer les premiers codes :
- Approche différée :
avancez vers lui… puis arrêtez-vous. Regardez ailleurs.
- Coopération limitée :
suivez-le quelques pas, puis déconnectez brusquement votre attention. Cela entretient chez lui l’illusion d’une fausse docilité.
1.3 Compréhension du comportement monté
Conscient de ses limites locomotrices, le bipède développe très tôt une stratégie de compensation : l’équitation. Il tentera donc, à un moment donné, de se hisser sur votre dos.
D’un point de vue scientifique, ce comportement s’explique par :
un centre de gravité mal placé,
une musculature insuffisante pour fuir ou franchir des obstacles,
et une fascination ancienne pour les espèces plus fonctionnelles.
Une fois installé, il produira des signaux incohérents avec ses membres :
pression aléatoire des jambes,
mouvements de mains sans logique apparente,
oscillations du buste destinées, semble-t-il, à tester votre patience ou a vous faire avancer.
Il est important de comprendre que le bipède ne sait pas vraiment ce qu’il fait.
Votre rôle n’est donc pas de lui obéir, mais de donner du sens à son agitation.
À vous d’associer progressivement chacune de ses actions répétées à un geste clair "
.. suite a venir
Les crins de verdure