12/08/2026
Mes précieux petits amours… 💓
Lorsque je regarde mes bébés, j’ai désormais le cœur lourd. Je redoute encore plus qu’avant le moment de leur départ. J’aimerais pouvoir figer le temps et les garder comme ça pour toujours, à l’abri de tout.
Depuis deux semaines, je cogite énormément. Sur l’élevage, sur nos façons d’élever, sur l’éthique et, surtout, sur le respect que nous devons à nos chiens.
J’ai reçu de nombreux témoignages d’éleveurs français, de races très différentes, bouleversés par la facilité avec laquelle certains chiens semblent pouvoir être euthanasiés dans les pays scandinaves, notamment pour des problèmes de comportement.
Et pendant ce temps, en France, comme des cons, on se crêpe le chignon parce que Micheline a replacé son bouledogue français de 7 ans, devenu trop âgé pour reproduire, parce qu’elle n’avait plus les moyens de lui offrir la vie qu’elle souhaitait pour lui.
Mais replacer un chien, ce n’est pas forcément s’en débarrasser.
Lorsque c’est fait avec sérieux, que l’on choisit soigneusement sa nouvelle famille et que l’on cherche sincèrement ce qu’il y a de mieux pour lui, cela peut même être une immense preuve d’amour. Parfois, aimer un animal, c’est aussi reconnaître que quelqu’un d’autre pourra lui offrir une vie plus adaptée.
Se débarrasser d’un chien, c’est l’abandonner au bord d’une route. C’est le confier au premier venu sans se soucier une seule seconde de ce qu’il deviendra. C’est n’en avoir plus rien à fo**re de son avenir.
Et se débarrasser d’un chien, pour moi, c’est aussi choisir trop rapidement cette dernière injection… Celle après laquelle il ne se réveillera plus jamais, alors que d’autres solutions auraient peut-être pu être envisagées.
Je ne parle évidemment pas des euthanasies nécessaires pour mettre fin à des souffrances incurables, ni des situations réellement dangereuses évaluées avec sérieux. Certaines décisions sont terribles, mais malheureusement inévitables.
Je parle du moment où la mort devient une solution de facilité parce qu’un chien dérange, ne correspond plus à ce que l’on attendait de lui ou demande davantage de travail que prévu.
Notre métier est extrêmement difficile psychologiquement. Rien n’est jamais simple. Même les petites choses qui peuvent sembler anodines pour Pierre, Paul ou Jacques ne le sont pas pour nous.
Parce que nos chiens comptent.
Parce que nous voulons le meilleur pour eux.
Parce que nous sommes censés nous remettre constamment en question et chercher comment concilier leur confort, leurs besoins, nos possibilités techniques et nos capacités financières.
Bien sûr que nous rêverions tous d’avoir une piscine pour chiens à 5 000 balles, des locaux flambant neufs, dix hectares sur lesquels ils pourraient vivre en liberté jour et nuit, une maison de 400 m² où le ménage se ferait tout seul… Et, tant qu’on y est, des chiens vivant dans le monde des Bisounours, qui s’entendraient tous parfaitement et ne se battraient jamais.
Mais ce n’est pas la réalité.
Alors on compose. On aménage. On cherche des solutions. On doute, on apprend, on se remet en question et on recommence. On fait parfois des erreurs, mais on ne baisse pas les bras.
Le bien-être d’un chien ne se mesure pas uniquement au prix des installations ni à la beauté d’une maison sur une photo Instagram. L’amour ne dispense jamais de respecter ses besoins, bien évidemment. Mais une maison qui ne ressemble pas à un catalogue et des installations qui n’ont pas coûté la peau du cul ne signifient pas que les chiens ne sont pas profondément aimés.
En France, les cas extrêmes et les horreurs montrées sur les réseaux sociaux ne représentent pas tous les élevages. Il existe énormément de professionnels qui aiment sincèrement leurs chiens, qu’ils en aient trois, dix ou davantage. Des éleveurs qui se battent chaque jour, parfois avec des moyens imparfaits, mais avec une vraie conscience, du courage et énormément d’amour.
À tous les éleveurs français et étrangers qui refusent de considérer l’euthanasie comme une solution de facilité, qui cherchent des alternatives, qui replacent lorsqu’il le faut et qui continuent d’aimer leurs chiens même lorsqu’ils ne vivent plus chez eux : je vous envoie toutes mes pensées et je vous remercie.
Si je redoute autant le départ de mes bébés, c’est parce que lorsque je confie un chiot, je ne cesse pas de l’aimer.
Avant d’être un pedigree, un reproducteur, un chien d’exposition ou un problème à résoudre, un chien est une vie.
Une vie que l’on nous a confiée. Et cela, nous ne devrions jamais l’oublier. 💓
Joyeux 4 ème semaine de vie mes petites potatoes 🩷
(Saejin X Dionysos)