09/02/2026
Pᴇᴜʀ ᴏᴜ ᴠᴜʟɴᴇ́ʀᴀʙɪʟɪᴛᴇ́
Ces dernières années, nous avons collectivement ouvert des espaces d’écoute, de douceur, de respect de soi et des autres.
Et je suis certaine que vous percevez comme moi les avantages, les bénéfices de ce mouvement.
Mais comme toujours, j’aime changer de paradigme, déplacer mon regard, questionner l’évidence. C’est ainsi que j’avance… En me demandant toujours depuis quel espace je regarde.
Et ce que je perçois ici, est une dérive fréquente, que j’ai moi même expérimenté. Que nous expérimentons tous un jour je crois…
Sous couvert d’une recherche du bien-être (équin et humain), nous avons appris à éviter l’inconfort, à contourner les pensées dites « négatives », les relations « toxiques », à fuir les croyances limitantes, comme si traverser ces espaces était forcément dangereux.
Au cœur de ce périple de développement personnel, nous nous sommes mis à confondre inconfort et danger. Vulnérabilité et peur. Apprentissage et insécurité.
Or, je crois que faire cette distinction est fondamental. Pour nous, et pour les chevaux.
L’insécurité, c’est lorsque quelque chose n’est réellement pas juste. Lorsqu’il y a un danger physique, émotionnel ou psychique, que le corps et le système nerveux appellent à se protéger, que des limites ont été franchies. Dans ces moments-là, que ce soit pour le cheval ou l’humain, il n’y a pas d’apprentissage possible, le système est en survie.
L’inconfort, en revanche, c’est ce sentiment qui apparaît lorsque nous traversons l’inconnu, que nous sortons de nos habitudes. L’inconfort est présent quand nous remettons en question nos croyances, nos valeurs, nos connaissances. Cet inconfort là est présent presque à chaque fois que nous apprenons.
Plutôt qu’un signal de danger, c’est un véritable signal de transformation.
Avec les chevaux, un inconfort dosé, ajusté, accompagné, est souvent une condition de l’apprentissage. C’est ce qui permet au cheval de développer des compétences, de gagner en autonomie, en confiance, en capacité de réflexion.
À l’inverse, lorsque l’inconfort devient trop intense, trop rapide, trop envahissant, il bascule en insécurité. Et là, le cheval ne peut plus apprendre, il se protège, il fuit, se fige, se ferme…
C’est là que tout l’art de l’accompagnement réside : savoir naviguer dans cette zone fine, subtile, entre inconfort fertile et insécurité réelle.
Je crois vraiment qu’à force de vouloir éviter tout inconfort, pour nous comme pour nos chevaux, nous perdons notre écoute vraie, nous manquons les messages… nous finissons par rétrécir le champ des possibles. Et si, à court terme, cela semble plus confortable, à long terme, cela conduit souvent à une forme de fragilité.
On renforce alors la croyance que l’on ne peut pas faire face, que l’on ne peut pas traverser, que l’on ne peut pas apprendre à gérer des situations difficiles.
Pour le cheval, cela peut signifier un monde de plus en plus étroit. Pour l’humain, une vie de plus en plus conditionnée par l’évitement.
Apprendre, grandir, évoluer demande du courage, de l’effort, et comme toujours, de la Présence. Ce n’est pas confortable. Et ça ne l’a jamais été.
Le développement personnel nous a parfois laissé croire que grandir devait devenir facile, fluide, doux, en permanence.
Mais dans la réalité, plus on grandit, plus on rencontre de nouvelles zones d’inconfort. La différence, c’est que l’on apprend à les traverser avec plus de conscience, plus de discernement, plus de sérénité.
C’est exactement ce que l’on demande aux chevaux finalement. Ne pas éviter l’inconfort, mais apprendre à le traverser en réfléchissant, en se régulant, en restant présents à eux-mêmes.
Peut-être que la vraie bienveillance se trouve là. Non pas dans l’évitement, mais dans l’accompagnement juste, sensible et ajusté de ces espaces inconfortables où naissent la croissance, la confiance… et la liberté.
Camille
ᒪᴀ ᗰᴇ́ᴅᴇᴄɪɴᴇ ᴅᴜ ᑕʜᴇᴠᴀʟ
————————————————————————
Éᴅᴜᴄᴀᴛʀɪᴄᴇ-Cᴏᴍᴘᴏʀᴛᴇᴍᴇɴᴛᴀʟɪsᴛᴇ & Éǫᴜɪᴄᴏᴀᴄʜ ᴅᴇs ᴄᴏᴜᴘʟᴇs ᴄʜᴇᴠᴀʟ-ᴘʀᴏᴘʀɪᴇ́ᴛᴀɪʀᴇ ~
𝘑’𝘢𝘤𝘤𝘰𝘮𝘱𝘢𝘨𝘯𝘦 𝘭𝘦 𝘤𝘩𝘦𝘷𝘢𝘭 𝘦𝘵 𝘴𝘰𝘯 𝘩𝘶𝘮𝘢𝘪𝘯 𝘢̀ 𝘨𝘳𝘢𝘯𝘥𝘪𝘳 𝘦𝘯𝘴𝘦𝘮𝘣𝘭𝘦, 𝘦𝘯 𝘤𝘰𝘯𝘴𝘤𝘪𝘦𝘯𝘤𝘦 𝘦𝘵 𝘦𝘯 𝘤𝘰𝘯𝘧𝘪𝘢𝘯𝘤𝘦.