12/01/2026
Beaucoup de cavaliers l'ignore !
L'alimentation n'est pas que du foin et de l'herbe à volonté ,
Il y a tellement d'éléments à côté .
Tout comme pour nos chat et chien .
A voir un cheval ce n'est pas juste lui donner du foin et de l'herbe ni a le monter et a le pouponner c'est bien plus que cela .. c'est un suivie une alimentation spécifique à ces besoins.
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LE PRIX CACHÉ DE LA SOUS-NUTRITION CHEZ LE CHEVAL EN CROISSANCE
(Par Equina’Bio - Nutritionniste & Micro-nutritionniste Équin)
Avertissement : Cet article est proposé à titre informatif et préventif. "Il ne remplace en aucun cas l'examen clinique, le diagnostic ou le traitement dispensés par un vétérinaire"
Dans l'imaginaire collectif, le cheval est un herbivore rustique pour qui "de l'herbe et du foin" devraient suffire à assurer une croissance harmonieuse, pourtant la réalité physiologique est bien moins indulgente.
À travers l'analyse d'un cas d'étude récent, une pouliche de 3 ans présentant un re**rd de développement marqué, nous allons décrypter pourquoi l'absence de complémentation durant les premières années de vie n'est pas une méthode "naturelle", mais une prise de risque majeure pour la future carrière sportive et le capital articulaire de l'animal.
Le cas qui nous intéresse aujourd'hui est celui d'une jument de 3 ans (croisement Poney/Cheval de selle), vivant au pré à l'année. Jusqu'en milieu de sa troisième année hivernale, cette pouliche n'a reçu aucune complémentation minérale ou protéique, son régime se limitant exclusivement à du foin à volonté.
Lors du bilan nutritionnel, le constat est sans appel :
Re**rd de développement : La jument présente la morphologie d'un animal de 2 ans, elle est décrite comme "très juvénile" et manque de masse tissulaire.
Indicateurs visuels d'insuffisance d'apport : On observe des "cuisses plates" et des zones musculaires creuses (derrière les cuisses), signes que l'organisme a dû mobiliser ses propres réserves pour soutenir ses fonctions vitales et grandir a minima.
Ce tableau est la signature d'une dette métabolique. L'animal a grandi en hauteur (squelette axial), mais faute de "briques" (nutriments), il n'a pas pu densifier sa structure osseuse ni construire sa charpente musculaire.
L'erreur fondamentale dans la gestion nutritionnelle de cette pouliche a été de confondre apport calorique (énergie) et apport structurel (nutriments).
Le foin apporte des fibres et des calories, permettant au cheval de ne pas être "maigre" au sens strict (les côtes ne se voient pas forcément), cependant, pour un organisme en pleine construction, le foin seul présente des déficits d'apports critiques.
Le Déficit d'apport en Lysine :
La Lysine est le premier acide aminé limitant chez le cheval, c'est l'élément indispensable pour soutenir la synthèse des protéines musculaires et la trame organique de l'os.
Conséquence : Sans un apport suffisant en lysine (le foin en est pauvre), le poulain ne dispose pas des éléments nécessaires pour fixer le calcium correctement ni développer sa musculature de façon optimale.
C'est ce qui explique l'aspect "plat" et le re**rd de croissance observé.
Les apports insuffisants en Oligo-éléments (Cuivre et Zinc) :
Le Cuivre et le Zinc sont invisibles à l'œil nu, mais vitaux.
Le Cuivre permet à une enzyme (la Lysyl Oxydase) de "souder" les fibres de collagène entre elles.
Le risque invisible : Un apport insuffisant en cuivre durant la croissance peut affecter la qualité des cartilages et l'élasticité tendineuse.
Bien que le cheval ne présente pas de boiterie au pré, ses articulations accumulent des facteurs de risque, fragilisant le capital santé face à l'arthrose ou aux lésions tendineuses dès la mise au travail.
Chez cette jument, l'analyse de la ration a révélé des apports en cuivre dangereusement bas (à peine 25% des besoins couverts par le foin seul).
Le Piège de la "Ration Standard" et la Croissance Compensatoire
Face à un cheval en re**rd de croissance, le réflexe est souvent d'ajouter une ration d'aliment industriel standard (type "Club" ou "Entretien"), riche en céréales (amidon). C'est précisément là que se situe le danger.
Pourquoi l'aliment standard est inadapté au rattrapage?
L'analyse de l'aliment nouvellement distribué par la pension dans notre exemple montre qu'il apporte beaucoup d'énergie (amidon/sucre) mais trop peu de minéraux concentrés pour combler les besoins accrus par le re**rd.
L'effet "Boost" risqué : L'apport soudain d'énergie et d'amidon va provoquer un pic d'insuline et relancer une croissance rapide (croissance compensatoire).
Le risque ostéo-articulaire : Si cette croissance s'accélère sans que l'on apporte simultanément une dose massive de Cuivre, Zinc et Calcium pour accompagner la minéralisation de l'os nouvellement formé, on favorise la création d'un os poreux et d'un cartilage de moindre qualité.
C'est un terrain favorable à l'apparition de troubles du développement type Ostéochondrose (OCD) et fragments articulaires.
Donner 2 ou 3 litres d'un aliment standard à un cheval dont les besoins structurels ne sont pas couverts revient à mettre un moteur de Formule 1 dans un châssis fragilisé, la structure risque de céder sous l'accélération.
La Solution : La Micro-Nutrition de Soutien
Pour préserver le potentiel sportif de cette jument sans aggraver son cas, la stratégie n'est pas de "nourrir plus", mais de "nourrir précis".
La Stratégie du "Densifié"
Plutôt que d'augmenter le volume de granulés (ce qui ferait exploser l'amidon et les risques inflammatoires), la correction passe par des apports ciblés :
- Un CMV (Complément Minéral Vitaminé) hautement dosé, pour apporter du Cuivre et du Zinc sous forme assimilable (chélates) sans calories superflues.
L'objectif est de couvrir 100% des besoins pour permettre une minéralisation osseuse optimale.
- Des sources de Protéines de qualité, utilisation de Tourteau de Soja (riche en Lysine) et d'acides aminés purs (Lysine/Thréonine) pour relancer la construction musculaire sans induire de prise de graisse excessive.
- Des Oméga-3 et de la Vitamine E, pour soutenir le métabolisme général et protéger les tissus musculaires en phase de reconstruction grâce à leur action antioxydante.
Bilan :
En passant d'une logique de "remplissage" à une logique de "construction", on permet à l'animal de rattraper son re**rd physiologique tout en soutenant la solidité de ses articulations.
Conclusion : Mieux vaut Prévenir que Réparer.
Ne laissez jamais un poulain au "foin seul" ou à "l'herbe seule" sans un apport minéral (CMV) adapté, même s'il semble en bon état.
Les déficits nutritionnels en Cuivre et Zinc ne se voient pas à l'extérieur avant qu'il ne soit trop t**d pour la santé articulaire.
Méfiez-vous des rations de rattrapage trop riches en amidon. Si votre cheval est en re**rd de croissance, il a besoin de protéines et de minéraux, pas de sucre.
Investir dans une complémentation minérale de qualité durant les 3 premières années est un calcul économique gagnant pour la longévité du cheval.
Sources basées sur la littérature scientifique vétérinaire et nutritionnelle (NRC, équivalences INRA).
- Impact de la carence en Lysine sur le développement musculaire (Staniar et al., 2001).
- Rôle des acides aminés limitants chez le cheval en croissance (Vetpro, 2023).
- Carence en Cuivre et lésions du tissu conjonctif/tendineux (Mad Barn, 2023).
- Risques d'Ostéochondrose liés à l'alimentation de la mère et du poulain (Audevard, 2023).
- Dangers de la croissance compensatoire et régimes riches en amidon (Agrobs, 2023).
- Ostéochondrose et surnutrition énergétique vs densité minérale (Dodson & Horrell, 2023).
- Étiologie multifactorielle de l'OCD et rôle des minéraux (DVM360, 2023).