22/05/2026
On commence et on termine la semaine avec 2 jolies bergères australiennes. Un bilan pour bébé Baïa, dont les propriétaires, parents d’une petite de 2 ans, se sont retrouvés dépassés par la fougue de ce petit chien. Face au puppy blues et à l’instinct maternel, il n’est jamais facile d’avoir les bons réflexes. Parfois, ce genre de séances qui soulignent l'importance de la création du lien, de l'aménagement de l'environnement et de l'investissement en patience et temps conduisent à ré-évaluer, sans jugement, la pertinence de l'arrivée d'un chiot, surtout de cette race particulièrement exigeante, dans le foyer...
Atina, quant à elle, bénéficie de balades ponctuelles pendant les longues journées de ses propriétaires. Cette bergère au passé peu stimulant, avec peu de confiance en elle, doit beaucoup prendre sur elle pour ne pas poursuivre les chats, aboyer sur les enfants qui courent, les humains qui la fixent en s’approchant d’elle, ou encore prendre juste le temps de renifler au lieu de rester sur l’œil.
En parallèle, séance de travail avec Jazz, qui a déclenché une fois en attaque face à une hyperstimulation mal mesurée : 30 minutes dans un champs, avec la voiture de trop passée au loin, sur un terrain émotionnel du binôme particulièrement haut dès le début de séance en comparaison des dernières rencontres. Il est facile de culpabiliser parce qu’on a l’impression de ne jamais en faire assez pour qu’il ait la vie qu’il mérite, ou que l’on fait mal les choses. Ces séances permettent de toujours mieux jauger quelle est la bonne exposition en mesurant les 3 facteurs de stress (sentiment de contrôle par le chien, intensité et durée des stimuli) et d'adapter au mieux pour ne pas rentrer dans l’immersion. Pour lui, tout est trop très rapidement, et ses besoins sont bien différents d’un chiens ou même un malinois lambda. Il nous l’avait clairement fait comprendre à sa manière dans des comportement répétitifs d'auto-apaisement, car ce loulou ne passe plus depuis longtemps par les signaux classiques et évocateurs avant la morsure. Encore une fois, on apprend de lui, pour mieux jauger quand s’arrêter, quand le mettre en sécurité afin qu'il comprenne qu'une autre voie est possible. Pour les prochaines fois, il s’agit, comment en musculation, de faire des séances encore plus courtes et ciblées, ainsi que de laisser du repos à l’intérieur et entre chacune d'entre elles, pour muscler sa confiance en lui et sa capacité à communiquer... mais surtout se laisser des marges de manœuvre pour cultive la joie et le plaisir avec son chien, selon ses besoins particuliers, malgré tout !
Enfin, les autres loulous s’en sortent bien également : Muad'dib parvient à ne plus monter en frustration pendant les temps calmes en balade, et pour la première fois, Tao a décidé de profiter en premier de la balade. D’habitude c’est Betsy qui se laisse convaincre d’abord, alors qu’elle craint les contacts avec des étrangers.
J'en profite pour insister : La vie d'éducateur canin, et de parent de poilu, c'est de l'adaptation constance, du sur-mesure chevillé au corps et de la bienveillance à toute épreuve... un mode de vie qui demande parfois de se laisser, au détour du chemin de la vie, des temps pour prendre soin de soi afin d'offrir le meilleur à nos loulous, plutôt que de leur en demander toujours plus. Mais également, de se défaire de nos attentes et idéaux vis-à-vis d'eux, pour s'ancrer dans le réel et avancer sereinement. Courage donc, aux propriétaires, qui parfois se sentent dépassés par les évènements malgré toute leur bonne volonté, et les embûches qui systématiquement se mettent en travers du chemin de la ré-éducation 🥰