26/08/2026
Énième explication (mise au point) claire et facile à comprendre ...
Peut-être qu'en martelant ces vérités, elles finiront par rentrer ?
Merci à Alyson de ce travail rédactionnel.
Mise au point qui semble importante pour moi.
*« Un chien, ça ne s’achète pas. »*
*« Un chien ne devrait pas être vendu. »*
*« Les éleveurs font du commerce sur le dos des animaux. »*
On voit encore régulièrement passer ce genre de commentaires. Et honnêtement… en 2026, afficher autant de méconnaissance avec autant de certitude devrait être une honte. Ne pas connaître un sujet, ce n’est pas grave. Ne pas le connaître et se permettre pourtant de juger ceux qui y consacrent leur vie, c’est déjà beaucoup plus problématique.
Parce que non, un chien n’arrive pas dans ce monde par magie. Bien sûr qu’un chien s’achète.
Et cela ne signifie absolument pas qu’il est considéré comme une marchandise. Derrière un chiot issu d’un élevage sérieux, il y a des années de sélection, des connaissances, des formations, une réflexion sur les lignées et les mariages, des tests de santé, le mental, des suivis vétérinaires, des examens parfois extrêmement coûteux, une alimentation de qualité, des installations adaptées, de l’entretien, du matériel, de l’hygiène, des soins, des imprévus vétérinaires… Et énormément de temps.
Le suivi des reproducteurs. La gestation. La mise bas. Les nuits passées à surveiller. Les chiots qui nécessitent parfois des soins particuliers. La socialisation. Les manipulations. Les apprentissages. Les rendez-vous vétérinaires. La sélection des familles. Les rendez-vous avec les futures adoptants permettant de donner énormément de conseils pour une bonne adoption. Les démarches administratives. Ainsi que l’accompagnement des adoptants après.
Alors oui, un chiot correctement élevé a un prix. Et heureusement qu’un éleveur sérieux peut vivre de son travail : c’est justement ce qui lui permet de continuer à investir dans ses chiens, leur santé, leurs installations et la qualité de ses portées.
Mais parlons plutôt de ce qui est réellement honteux.
-Les élevages-usines qui produisent à la chaîne. Des chiens reproduits parce qu’il faut produire. Des portées qui s’enchaînent sans aucuns autres objectifs que celui de vendre. Des races à la mode parce qu’elles se vendent bien. Une logique de quantité et de rentabilité avant toute autre considération. Ça, oui, c’est honteux.
Mais ce n’est certainement pas représentatif de tous les éleveurs. Et au passage ; demandez-vous pourquoi ce genre de structures existent encore?? Parce qu’il y a des gens qui achètent ! Il faut aussi remettre les choses au clair.
Et il y a un autre phénomène dont on parle beaucoup moins : la reproduction anarchique chez les particuliers, devenue presque systématique.
Parce qu’on achète un chien de race et, dans certaines têtes, la suite logique serait presque automatiquement : « Il est beau, il a un pedigree, donc il faut lui faire faire des petits. » « Le chien du copain a fait une portée, alors pourquoi pas le mien ? » « Elle est tellement gentille, ce serait dommage de ne pas avoir des bébés d’elle. » « Ma collègue en a un « LOFT » donc il va faire des bébés avec notre petite beauté «Myrtille car c’est la plus gentille ». En vérité l’appellation réel est LOF (Livre des origines Français) mais parlez un peu autour de vous, ils vous diront qu’ils ont un chien LOFT car même ça ils ne savent pas ce que cela signifie).
Et voilà comment on fait reproduire des chiens sans connaître réellement la race, sans connaître les lignées, sans réfléchir sérieusement au mariage, avec peu ou pas de tests de santé pertinents et sans forcément avoir les connaissances nécessaires pour accompagner correctement une portée, mettant tout le monde en danger, son placement et son suivi à vie ne peuvent être réalisé correctement par manque de connaissance . Et pourtant… Ces chiots, ils ne sont pas donnés et pourtant ce mode de fonctionnement ne choc pas grand monde. Ils sont eux aussi vendus. Et ca dans la tête de certains c’est moins honteux? Alors permettez-moi de poser une petite question.
Quand on accuse les éleveurs de « se faire de l’argent sur le dos des chiens », qui, dans ce cas, se fait de l’argent sur le dos des chiens ?
L’éleveur-sélectionneur qui investit pendant des années dans ses reproducteurs, réalise des tests, sélectionne ses mariages, finance ses installations, assume les frais vétérinaires, accompagne ses chiots et ses familles… Ou celui qui décide simplement de faire reproduire son chien parce qu’il est beau, gentil ou parce que « le chien du copain fait des bébés », sans avoir réalisé le moindre travail de sélection comparable ? La question mérite au moins d’être posée.
Parce que le problème n’est pas qu’un éleveur vende des chiots. Le problème, c’est de produire du vivant sans suffisamment savoir ce que l’on fait, sans suffisamment anticiper les conséquences et parfois uniquement parce qu’il existe une demande. Aimer son chien est formidable. Mais l’amour ne remplace les connaissances nécessaires pour faire UN METIER correctement. L’amour ne remplace pas les tests de santé. L’amour ne remplace pas la connaissance des lignées. L’amour ne remplace pas la sélection. L’amour ne remplace pas les compétences nécessaires pour élever une portée.
Et c’est là que certains discours deviennent franchement absurdes.
On ne peut pas débattre sérieusement d’un sujet aussi complexe avec trois phrases toutes faites et des arguments aussi stériles. Dire « un chien ça ne s’achète pas » n’est pas un argument. Dire « les éleveurs font du commerce » n’est pas une analyse. Et penser que « faire reproduire son chien parce qu’on l’aime » est forcément une bonne idée n’est pas une démarche d’élevage.
Alors oui, il faut dénoncer les élevages-usines. Oui, il faut lutter contre la production massive et irresponsable. Oui, il faut être extrêmement exigeant sur les conditions d’élevage et la sélection.
Mais arrêtons de mettre dans le même panier celui qui produit pour produire et l’éleveur-sélectionneur passionné qui investit énormément, sélectionne, teste, soigne, réfléchit et assume pleinement la responsabilité de ses naissances. Ce dernier ne devrait certainement pas avoir honte de vendre ses chiots.
Il devrait être fier de la qualité du travail qu’il accomplit. Et peut-être qu’avant de juger, certains devraient simplement commencer par se renseigner. Parce que ne pas savoir n’est pas honteux. Mais ne rien connaître à un sujet, refuser de s’informer et venir expliquer aux professionnels comment ils devraient travailler… ça, en 2026, devient franchement difficile à entendre.
Et puis, il faudrait aussi parler de la responsabilité de l’acheteur. Pourquoi prend-on le temps de comparer pendant des semaines une voiture ? Pourquoi lit-on des dizaines d’avis avant d’acheter un téléphone à 800 ou 2 000 € ? Pourquoi compare-t-on les caractéristiques, les garanties, la qualité, la provenance, les options… pour absolument tout ? Et lorsqu’il s’agit d’un chien, un être vivant qui va partager parfois quinze années de notre vie, on se renseigne souvent beaucoup moins. On regarde une photo. On demande le prix. On compare avec le chiot du voisin. Et parfois, on choisit simplement le moins cher. Quitte à économiser 300 ou 500 € en allant chez quelqu’un qui ne fait aucun véritable travail de sélection, dans un élevage qui produit à la chaîne ou chez un particulier qui fait reproduire ses chiens sans réellement savoir ce qu’il fait.
Mais il faut comprendre une chose : l’acheteur fait partie de ce système. Si les élevages-usines continuent de produire à outrance, c’est parce qu’il existe des personnes pour acheter leurs chiots. Si des particuliers continuent de faire reproduire n’importe comment, c’est parce qu’il existe une demande pour leurs chiots.
Tant que les « consommateurs » continueront à acheter sans se renseigner, à privilégier le prix et à fermer les yeux sur les conditions dans lesquelles les chiens sont produits, rien ne changera.
Alors oui, il faut responsabiliser les éleveurs. Mais il faut aussi responsabiliser les acheteurs. OUVREZ LES YEUX. Renseignez-vous. Posez des questions. Regardez les installations. Intéressez-vous aux parents, aux lignées, aux tests de santé, à la façon dont les chiots sont élevés et socialisés.
Choisissez votre éleveur comme vous choisiriez n’importe quel professionnel à qui vous allez confier quelque chose d’important. Et surtout, arrêtons avec cette phrase : « Moi, je ne mettrai jamais ce prix-là dans un chien. »
Parce que souvent, les mêmes personnes sont capables de dépenser plusieurs milliers d’euros dans une voiture, des milliers d’euros dans des vacances, des centaines d’euros dans un téléphone, dans des vêtements ou dans tout un tas de choses… Mais lorsqu’il s’agit d’un animal, on parle d’un être vivant, doté d’une sensibilité, qui va vivre avec elles pendant des années, qui va dépendre entièrement d’elles et dont la santé, le caractère et l’équilibre dépendent en partie de la qualité du travail réalisé en amont, il faudrait soudain chercher le moins cher ?
Ce n’est pas toujours une question de moyens. C’est aussi une question de priorités. Et surtout, une question de valeur morale.
Parce qu’un chien n’est pas un objet dont on négocie le prix. Derrière son prix, il y a la manière dont il a été conçu, sélectionné, suivi, élevé et préparé à entrer dans votre vie. Alors oui, choisissez. Comparez. Réfléchissez. Mais ne cherchez pas simplement le chien le moins cher. Cherchez le chien dont vous pouvez être fier de connaître l’histoire. Parce qu’au bout du compte, chaque achat est un vote.
Et tant que nous ne changerons pas notre façon d’acheter un chien, nous continuerons à financer le système que nous prétendons dénoncer. Adoptez en refuge ou dans les élevages sérieux et éthique ces actions auront plus de poids que des simples mots sur les réseaux!
Merci à ceux qui ont eu le courage de lire jusqu'à la fin.
NB: merci de ne pas copier coller mes textes pour les utiliser, mais le partage est possible.