04/06/2026
J’ai connu dans mon entourage des membres de ma famille, des amis et de nombreuses personnes qui souffraient de stress : stress lié au travail, aux études, aux problèmes de couple, aux difficultés du quotidien, et bien d’autres situations encore.
Lorsqu’une personne consulte un médecin pour ce type de problématique, celui-ci établit un diagnostic et peut, si nécessaire, prescrire un traitement médicamenteux. C’est son rôle et sa compétence. Cependant, bien souvent, le médecin ne se contente pas de prescrire des médicaments. Il conseille également d’autres solutions pour agir sur la cause du mal-être : pratiquer un sport, faire du yoga, suivre des séances de sophrologie, apprendre des techniques de relaxation ou modifier certaines habitudes de vie. Pourquoi ? Parce que les médicaments peuvent aider à diminuer les symptômes et à réduire la tension, mais ils ne résolvent pas toujours l’origine du problème. Si rien ne change dans le quotidien de la personne, les difficultés risquent de réapparaître à l’arrêt du traitement.
Je constate aujourd’hui une situation assez similaire dans le monde canin. Au début de ma carrière, pendant près de dix ans, j’ai très rarement rencontré des chiens sous Prozac ou sous d’autres traitements comportementaux. Puis, au fil des années, j’ai vu de plus en plus de chiots et de chiens bénéficier de ce type de prise en charge.
Pour ma part, je ne critique absolument pas les vétérinaires. Chacun possède ses compétences et son domaine d’intervention. Lorsqu’un propriétaire, en accord avec son vétérinaire, décide de mettre en place un traitement médicamenteux pour son chien, cela ne me pose aucun problème. Ce qui me paraît essentiel, en revanche, c’est que nous travaillions ensemble dans l’intérêt de l’animal : le vétérinaire, l’éducateur comportementaliste et le propriétaire.
Il faut comprendre que lorsqu’on consulte un médecin ou un vétérinaire, leur rôle est d’établir un diagnostic et de proposer les solutions médicales adaptées à la situation. Dans certains cas, un traitement peut être indispensable pour aider le chien à retrouver un équilibre émotionnel ou à diminuer un niveau d’anxiété trop important.
Mon rôle, en tant qu’éducateur comportementaliste canin, est différent. Je ne prescris pas de médicaments. En revanche, grâce à l’observation, à l’analyse du comportement et à la mise en place d’un travail éducatif adapté, je peux aider à réduire certains troubles, et parfois même à les faire disparaître durablement. Mon objectif est de comprendre l’origine du comportement problématique afin de mettre en place des solutions concrètes qui amélioreront la qualité de vie du chien et de sa famille.
À plusieurs reprises, j’ai accompagné des propriétaires dont le vétérinaire avait proposé une approche combinée. Certains leur ont expliqué : « Oui, nous pouvons mettre en place un traitement pour aider votre chien, mais il serait également bénéfique de travailler avec un éducateur comportementaliste comme Nicolas Greveldinger afin de traiter la cause du problème en parallèle. »
C’est précisément cette collaboration que je défends. Les médicaments peuvent être une aide précieuse pour diminuer l’anxiété, apaiser certaines émotions ou rendre le chien plus disponible pour le travail éducatif. Mais ils ne remplacent ni l’apprentissage, ni la compréhension du comportement, ni l’accompagnement du chien et de son propriétaire.
Lorsque chacun intervient dans son domaine de compétence, avec respect, communication et bienveillance, les résultats sont souvent bien meilleurs. L’objectif n’est pas de choisir entre les médicaments ou l’éducation comportementale, mais de savoir utiliser chaque outil au bon moment pour offrir au chien le meilleur accompagnement possible.
Nicolas Greveldinger