27/04/2026
"J'en suis à ma 5e pension, et à chaque fois c'est pareil, il n'y en a pas une pour rattraper l'autre"
Phrase entendue encore et encore depuis que je suis cavalière (c'est à dire un millénaire en ressenti 😝)
C'est sûr qu'il y a la possibilité que cette personne soit en vérité la grosse chieuse jamais contente que tous les pensionneurs de la région connaissent.
Mais il y a aussi une réalité affligeante et systématique d'une région à l'autre (et ça fait 14 ans que j'arpente tous les jours les exploitations équestres de 4 départements), c'est la médiocrité générale du mode d'hébergement équestre en France.
Je l'ai constaté comme vous toutes, c'est sans appel... Le niveau ambiant dans le monde du cheval est catastrophique.
Il faut le dire et le crier, il faut que la filière reconnaisse ce problème majeur de detention, il faut que les hébergeurs soient formés et encouragés, il faut arrêter de se voiler la face.
Nous avons collectivement un énorme problème de qualité au sein de l'infrastructure équestre française. (ailleurs, je ne connais pas).
Je ne vous parle pas d'une couverture qui traîne, ou de fleurs mal rempotées !
Je vous parle d'une désolation tellement fréquente qu'elle en est devenue invisible.
On baigne dans cette médiocrité depuis les premiers cours d'équitation, et on n'en sort que sur un coup de chance.
On accepte comme normales des clôtures moyennes, des conditions de nourrissage non physiologiques, le non respect du bien être le plus élémentaire, le pâturage en zone insalubre, le bo**el partout où se pose le regard, des déchets non protégés dans les pâtures, des cloaques à ciel ouvert en guise d'espace de vie hivernal, l'absence totale de règles sanitaires ou d'hygiene.....
Partout ou l'on atterrit, les promesses ne sont pas tenues, les relations sont tendues (parce que dans le monde du cheval, et de loin, on ne maltraite pas que les chevaux !), les conditions de détention sont indignes, les clôtures ne sont même pas aptes à faire du dépannage et pourtant elles servent depuis des décennies...
Je suis désolée, épuisée, révoltée de ce constat... Partout où je vais, je vois des piquets rafistolés, des bricolages en ficelle à ballot, des déchetteries à ciel ouvert, des chevaux qui ne se déplacent même plus pour aller boire tellement le sol est profond, des propriétaires exsangues à force de négociation sans issue et de soucis...
Après toutes ces années, j'en viens à une conclusion consternée... Le monde du cheval est le pire repère d'incapables de l'agriculture... Pourtant majoritairement convaincus d'en être l'élite.
Alors comment on fait, en tant que pensionnaires, quand on paie pour du vent, quand notre cheval n'a pas d'eau tous les jours, et quand c'est déjà la 8e pension ou ça nous arrive ?!
Malheureusement, je suis convaincue que le niveau général ne pourra se relever que par l'exigence des propriétaires.
Mais attention !
Je ne vous dis pas de continuer à payer 80€/mois et se devenir l'enfer de votre pensionneurs !
Être exigent, cela commence par l'être avec soi-même. Ne plus accepter de confier ses animaux à des personnes qui affichent dès la première visite tous les drapeaux rouges.
Etre sévère sur l'état des infrastructure AVANT de vous engager. Après, il est trop t**d pour râler.
Relever aussi votre considération du "budget pension". Non, vous ne pouvez pas espérer etre bien hébergés pour 100€/mois.
Et stop tout de suite avec vos "moi je paie 50€ et je suis dans un ptit paradis". Vous êtes une exception.
Oui, rémunérer justement son professionnel, ça coûte cher...
Vous ne pouvez pas décemment payer le service en dessous de 300€ au pré par mois, sans installations...
Et encore... Qui fait de la pension vous dira qu'à ce tarif, il ne se tire pas de salaire.
Avant de hurler à la nullité générale, il faut aussi questionner ce qu'on est prêt à donner pour ce qu'on veut obtenir en face.
Oui, avoir un service de qualité ca coûte un rein. Avoir un cheval ça coûte un rein.
Et je ne dis pas que "toutes les pensions en dessous de 300€ font de la m***e".
Je dis que toutes les pensions qui font du bon travail en dessous de ce prix la ne peuvent pas se payer à la hauteur de leurs efforts.
Et quand vous paierez le prix juste, là, vous aurez vraiment le droit de devenir des clients exigeants.
Vous ne pouvez pas reprocher aux pensionneurs d'être des porcs, si vous continuez à payer pour leurs non-service.
Sinon il vous reste l'option de les prendre a la maison. Et tout mis bout à bout, vous verrez le véritable prix (en argent, mais aussi en temps, en énergie, en contrainte, en astreinte).
Et je termine par dire que BIEN SÛR, il y a des exceptions. Des gens qui font un boulot de dingue (mais qui devrait être la norme).
Mais du coup, cet article ne vous concerne pas, vous n'avez donc aucune raison de vous sentir visés !
En photo : ce qui devrait etre LE MINIMUM EXIGIBLE d'un professionnel (mais qui donc implique un tarif correspondant, et ça, il n'y a que vous qui pouvez décider de le payer ou non)
Crédit : Chaä Bn