Comportementaliste Laurence Roux

Comportementaliste Laurence Roux 🐾 Educatrice canin, comportementaliste
Points forts :
🐶 méthodes positives
🫶 respect du bien être animal
🤝 séance individuelle et visio
📌 secteur : Yvelines

Laurence ROUX, Éducatrice Comportementaliste Canin, je propose un accompagnement personnalisé en éducation du chien, avec des méthodes positives, respectueuses et adaptées à chaque situation. J’aide les propriétaires à apprendre les bases essentielles (rappel, marche en laisse, attention…) et à mieux comprendre leur chien au quotidien. Chaque accompagnement prend en compte les besoins du chien, so

n âge, son environnement et les objectifs du binôme. J’interviens à votre domicile, avec des conseils concrets et adaptés. Mon objectif : vous aider à construire une relation sereine, équilibrée et durable avec votre chien.

Après le repérage, l'orientation puis l'approche furtive, nous arrivons aujourd'hui à l'étape la plus connue de la séque...
17/06/2026

Après le repérage, l'orientation puis l'approche furtive, nous arrivons aujourd'hui à l'étape la plus connue de la séquence prédatrice : La poursuite.

C'est souvent cette phase que les propriétaires voient le plus. Le chien s'élance brusquement. Il accélère, le regard fixé sur sa cible. Et soudain, il semble ne plus rien entendre. Pour beaucoup d'humains, c'est à ce moment précis que commence le problème, mais pour le chien, c'est tout autre chose. C'est le moment où plusieurs mécanismes biologiques se mettent en action.

Pour comprendre ce comportement, il faut d'abord oublier quelques idées reçues :
• Le chien ne poursuit pas pour s’enfuir.
• Il ne poursuit pas pour provoquer son humain.
• Il ne poursuit pas parce qu'il est têtu.

Il poursuit parce que son cerveau lui dit de poursuivre.

🐶 Un comportement inscrit dans l'histoire du chien

Pendant des milliers d'années, les ancêtres sauvages du chien ont dû chasser pour survivre. Les individus capables de poursuivre efficacement avaient davantage de chances de se nourrir et donc de transmettre leurs gènes à leurs descendances. Aujourd'hui, nos chiens vivent dans un environnement très différent. Ils n'ont plus besoin de chasser pour remplir leur estomac. Pourtant, les mécanismes qui poussaient leurs ancêtres à poursuivre sont toujours présents. Le besoin de se nourrir a disparu. L'instinct, lui, est resté.

🐶 Le plaisir de poursuivre

L'une des choses les plus importantes à comprendre est que le chien ne recherche pas toujours le résultat. Très souvent, ce qu'il recherche avant tout, c'est la poursuite elle-même. L'odeur devient plus forte. La cible bouge. La distance diminue. L'excitation augmente. Chaque seconde qui passe active les circuits de la récompense. Le cerveau libère de la dopamine. Le plaisir monte en flèche. La poursuite devient alors une activité extrêmement gratifiante.
Le plaisir se trouve dans l'action elle-même.

🐶 Quand le cerveau se focalise sur un seul objectif

Au moment de la poursuite, le cerveau du chien mobilise une grande partie de ses ressources sur un objectif unique. Suivre. Courir. Rattraper. Continuer. Tout le reste passe au second plan. Les autres chiens. Les promeneurs. Et surtout son humain. Cette focalisation est une caractéristique normale de la séquence de poursuite. Le chien n'est pas en train de réfléchir à ce qu'il fera ensuite. Il est totalement absorbé par ce qu'il vit à cet instant.

🐶 L'odeur qui attire toujours plus loin

Lorsque la poursuite est déclenchée par une piste olfactive, le phénomène peut être particulièrement impressionnant. Chaque odeur conduit à une autre. Chaque information mène à la suivante. Le chien suit un véritable fil conducteur invisible pour nous. Plus la piste est fraîche, plus elle devient intéressante. Plus elle est intéressante, plus le chien a envie de continuer. Pour lui, le monde entier semble soudain organisé autour de cette odeur.

🐶 Le mouvement qui déclenche l'explosion

Dans d'autres situations, c'est le mouvement qui agit comme déclencheur. Un lapin surgit. Un chevreuil démarre sa fuite. Un animal traverse brusquement un chemin. En une fraction de seconde, la poursuite démarre.
Le mouvement agit comme un puissant déclencheur comportemental.

🐶 Comprendre avant de vouloir contrôler

La poursuite est probablement l'un des comportements les plus difficiles à accepter pour les propriétaires. Parce qu'elle donne souvent l'impression que le chien "oublie" son humain. Mais comprendre ce qui se passe dans son cerveau permet de porter un regard différent sur la situation. Le chien n'est pas contre nous. Il n'est pas en train de faire un choix réfléchi entre nous et le gibier. Il est engagé dans un comportement naturel qui mobilise profondément son attention, ses émotions et sa motivation.

Comprendre cela ne signifie pas qu'il faut tout accepter. Cela signifie simplement qu'avant de chercher des solutions, il faut comprendre le problème. Et lorsqu'on comprend ce qui motive réellement la poursuite, on commence à mieux comprendre certaines difficultés rencontrées dans le travail du rappel.

Car la question n'est pas seulement de savoir pourquoi le chien part. La véritable question est : Pourquoi notre chien reviendrait-il près de nous ?

👉 Dans le prochain article, nous parlerons justement du rappel, de ses limites, du mythe du rappel parfait et de la manière de construire un retour fiable basé sur la confiance plutôt que sur le contrôle.

🐾 Changeons de regard pour mieux comprendre nos chiens.

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Laurence ROUX
Educatrice Comportementaliste Canin
www.comportementaliste-canin78.fr











Dans les précédents articles, nous avons découvert les deux premières étapes de la séquence prédatrice :1 - Le repérage,...
15/06/2026

Dans les précédents articles, nous avons découvert les deux premières étapes de la séquence prédatrice :
1 - Le repérage, lorsque le chien détecte une odeur, un mouvement ou une présence.
2 - L'orientation, lorsque toute son attention se focalise sur cette cible.

Aujourd'hui, nous allons nous intéresser à la troisième étape de la séquence : l'approche furtive. C'est une phase souvent discrète, parfois même imperceptible pour les humains, mais qui joue un rôle fondamental dans le comportement du prédateur. Car après avoir repéré sa cible et concentré toute son attention sur elle, le chien peut commencer à réduire la distance qui les sépare.

🐶 Une progression lente et silencieuse

L'approche furtive consiste à se rapprocher de la cible sans être détecté. Dans la nature, cette étape augmente considérablement les chances de réussite de la chasse. Plus le prédateur parvient à se rapprocher discrètement, moins il aura besoin de poursuivre sa proie sur une longue distance.
Le chien adopte alors une attitude très particulière. Ses déplacements deviennent plus lents. Plus précis. Plus silencieux. Chaque mouvement semble calculé. L'objectif est simple : avancer sans attirer l'attention.

🐶 Un chien qui paraît calme... mais qui ne l'est pas vraiment

C'est souvent à ce moment que les humains interprètent mal ce qu'ils observent. Le chien avance doucement, il semble calme. Pourtant, intérieurement, son cerveau est extrêmement actif. Son attention est entièrement mobilisée. Il analyse chaque mouvement de sa cible. Il ajuste sa trajectoire. Il contrôle sa vitesse. Il prépare la suite de la séquence.
Ce calme apparent ne doit donc pas être confondu avec une absence d'intérêt. Bien au contraire. Chez certains chiens, l'approche furtive est l'un des moments où la concentration est la plus intense.

🐶 Une posture caractéristique

Durant cette phase, de nombreux chiens modifient leur posture. Ils peuvent :
• abaisser légèrement leur corps
• ralentir fortement leur allure
• avancer par petites étapes
• fixer intensément la cible
• garder les oreilles orientées vers elle
• réduire leurs mouvements inutiles
Certains chiens semblent presque ramper. D'autres se déplacent avec une lenteur surprenante. Cette attitude n'est pas le fruit du hasard. Elle fait partie d'un programme comportemental extrêmement ancien.

🐶 Un héritage de milliers d'années d'évolution

Chez les prédateurs sauvages, l'approche furtive est une stratégie essentielle. Une proie qui détecte son prédateur trop tôt prendra la fuite. Le prédateur doit donc limiter au maximum les signaux qui pourraient le trahir. Même si nos chiens n'ont plus besoin de chasser pour se nourrir, ces comportements sont toujours présents dans leur patrimoine génétique. Ils peuvent apparaître face à un gibier, mais également face à d'autres stimuli déclencheurs, un lapin, un écureuil, un oiseau, un chat qui se déplace … Parfois même un simple jouet en mouvement.

🐶 Une étape où la tension émotionnelle augmente

Pendant l'approche furtive, l'excitation continue de monter. Le chien se rapproche. L'objectif semble accessible. L'anticipation grandit. Le circuit de la récompense continue de s'activer. La dopamine monte en flèche. Chaque mètre gagné renforce l'intérêt du chien. On pourrait comparer cette phase à celle d'un sportif qui approche de la ligne de départ. L'action n'a pas encore commencé. Mais tout son organisme s'y prépare.

🐶 Quand l'approche furtive apparaît dans d'autres contextes

Il est également intéressant de noter que certains chiens peuvent adopter cette posture d'approche furtive dans des situations qui n'ont aucun lien avec la chasse. On peut par exemple observer un chien qui se déplace lentement vers un congénère, un jouet, un humain ou même une ressource qui attire particulièrement son attention. Dans ces situations, le chien n'est pas forcément en train de chasser. Il utilise simplement un comportement très ancien dans un contexte différent. Nous parlons alors de déformation ou de réutilisation de certaines séquences comportementales.

Au cours de l'évolution et de la domestication, certains comportements initialement liés à la chasse ont été conservés puis réemployés dans d'autres situations de la vie quotidienne. C'est notamment ce que l'on observe chez certaines races sélectionnées pour le travail sur troupeau. De la même manière, certains chiens peuvent adopter une approche lente, discrète et très focalisée lorsqu'ils observent un chien en approche ou lorsqu'ils sont particulièrement concentrés sur un objectif, comme une b***e par exemple.

Cela nous rappelle qu'un comportement ne doit jamais être interprété uniquement à travers son apparence. Une même posture peut avoir des significations différentes selon le contexte dans lequel elle apparaît.
C'est pourquoi l'observation globale du chien, de son environnement et de ses motivations est toujours essentielle pour comprendre ce qu'il exprime réellement.

L'approche furtive est donc un comportement hérité de milliers d'années d'évolution. Comprendre cette phase permet de mieux lire son chien, d'anticiper certaines situations et de développer une relation fondée sur l'observation plutôt que sur la contrainte.
Car le chien nous parle constamment à travers son langage corporel. Encore faut-il savoir l'observer !

👉 Dans le prochain article, nous parlerons de la quatrième étape de la séquence prédatrice : la poursuite, et des erreurs que l’on rencontre le plus souvent.

🐾 Changeons de regard pour mieux comprendre nos chiens.

Laurence ROUX
Educatrice Comportementaliste Canin
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🐶 Réponse au quiz de la semaine ! 🐶Bravo à tous ! 👏Vous avez trouvé la bonne réponse, et il faut dire que vous êtes plut...
13/06/2026

🐶 Réponse au quiz de la semaine ! 🐶
Bravo à tous ! 👏

Vous avez trouvé la bonne réponse, et il faut dire que vous êtes plutôt forts en races de chiens ! 😊

Le Cavachon est bien le croisement entre un Cavalier King Charles et un Bichon Frisé.
Il faut reconnaître que ce petit chien possède de nombreux atouts : une jolie frimousse, un petit gabarit et un caractère généralement très affectueux qui le rendent particulièrement attachant. ❤️

Cette question nous rappelle également que les très nombreuses races que nous connaissons aujourd'hui sont toutes le résultat de sélections, de croisements et de modifications réalisées par l'Homme au fil des générations. D'ailleurs, beaucoup de nos chiens actuels sont bien différents de leurs ancêtres d'il y a seulement quelques décennies !

Cela peut néanmoins nous amener à nous interroger sur le choix des races utilisées dans certains croisements. Le Cavalier King Charles, par exemple, est une race qui a payé un lourd tribut aux sélections successives, avec plusieurs problèmes de santé bien connus.

Mais restons ouverts d'esprit : derrière chaque race, chaque croisement et chaque chien, il y a avant tout un individu unique qui mérite notre respect, notre bienveillance et toute notre attention. 🐾

Merci à tous pour votre participation et à très bientôt pour un nouveau petit quiz canin ! 😉

Laurence ROUX
Educatrice Comportementaliste Canin
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Cette semaine, j'ai eu le plaisir de rencontrer un adorable jeune chien prénommé Aston. ❤️ Aston appartient à une race r...
12/06/2026

Cette semaine, j'ai eu le plaisir de rencontrer un adorable jeune chien prénommé Aston. ❤️

Aston appartient à une race relativement récente appelée Cavachon.

🤔 Mais savez-vous de quelles races est issu ce croisement ?

À vous de jouer ! Indiquez votre réponse en commentaire sans aller tricher sur Internet ! 😄

Petit indice : ce sont deux races particulièrement appréciées pour leur caractère affectueux et leur proximité avec l'humain.

Je reviendrai demain avec la réponse 😉

👇 À vos propositions !

Laurence ROUX
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Nous entrons dans la deuxième étape de la prédation : l'orientation.C'est un moment clé. Un moment où le cerveau du chie...
11/06/2026

Nous entrons dans la deuxième étape de la prédation : l'orientation.
C'est un moment clé. Un moment où le cerveau du chien décide qu'un stimulus mérite toute son attention. À partir de cet instant, quelque chose change. Le chien ne se contente plus de percevoir une information. Il commence à se concentrer dessus.

🐶 Une attention entièrement dirigée vers une cible

L'orientation correspond au moment où le chien identifie précisément ce qui a attiré son attention. Il peut s'agir d'un chevreuil dans un champ, d'un lapin qui se déplace dans les herbes, d'un écureuil dans un arbre, d'un vélo qui approche, d'un jogger en mouvement. Le chien tourne alors son corps, sa tête et son regard dans la direction de cette cible. Son attention devient extrêmement sélective. Les informations qui l'entourent passent progressivement au second plan.

Son cerveau commence à analyser plus précisément ce qu'il observe, le regard se fige. C'est souvent le premier signe visible pour l'humain. Le chien fixe intensément, son regard devient particulièrement concentré. Il observe chaque mouvement. Chaque déplacement. Chaque changement de direction. Certaines races ont été sélectionnées pour présenter une capacité exceptionnelle à maintenir cette fixation.

🐕 L'exemple fascinant des chiens d'arrêt :
Certaines races illustrent particulièrement bien cette étape d'orientation : les chiens d'arrêt, également appelés chiens pointeurs. Chez ces chiens sélectionnés depuis des générations pour la chasse, l'orientation est poussée à un niveau remarquable. Lorsqu'ils détectent une odeur ou identifient la présence d'un gibier, ils adoptent une posture caractéristique appelée le pointage. Le corps se fige. La tête s'oriente vers la cible. Le regard devient fixe. Une patte avant se soulever en direction de la cible. La queue reste immobile. Le chien semble littéralement incrusté dans le paysage.

Cette posture permet de localiser précisément le gibier avant son envol ou sa fuite. Ce qui est particulièrement fascinant, c'est que cette aptitude n'a pas besoin d'être enseignée. De très jeunes chiots de races sélectionnées pour le pointage peuvent présenter ce comportement dès l'âge de quelques mois, parfois même avant toute expérience de chasse. Il n'est pas rare d'observer un petit chiot de trois ou quatre mois se figer spontanément devant un oiseau, adopter une posture de pointage et orienter tout son corps vers la source de son intérêt.

Ces observations nous rappellent à quel point certains comportements sont profondément inscrits dans le patrimoine génétique du chien. Le pointage constitue probablement l'un des plus beaux exemples de l'expression naturelle d'une étape de la séquence prédatrice.

🐶 Le cerveau filtre les informations

L'une des caractéristiques les plus importantes de cette étape est la diminution progressive de l'attention portée au reste de l'environnement. Lorsque l'orientation est forte, le cerveau du chien commence à filtrer certaines informations jugées moins importantes. C'est pourquoi vous pouvez appelez votre chien une fois, deux fois, trois fois, sans aucune réponse. Vous avez l'impression qu'il ne vous entend plus. Pourtant, il vous entend parfaitement. Simplement, son attention est désormais dirigée vers autre chose. Son cerveau considère momentanément que le stimulus observé est plus important que le reste. Cela ne signifie pas qu'il est têtu ou désobéissant. Cela signifie qu'il est profondément concentré.

🐶 Une étape où l'excitation commence à monter

L'orientation marque également le début d'une activation émotionnelle. Le chien commence à anticiper. Il collecte des informations. Il évalue la situation. Cette anticipation active progressivement le circuit de la récompense. La dopamine augmente. L'intérêt grandit. L'excitation monte lentement. Le chien n'est pas encore dans l'action. Mais son cerveau commence à s'y préparer. C'est un peu comme un sportif sur la ligne de départ, il n'a pas encore commencé à courir mais tout son organisme est déjà mobilisé.

🐶 Pourquoi cette étape est-elle si importante ?

Parce qu'elle constitue souvent la dernière phase où l'humain peut encore facilement intervenir. Lorsque le chien est déjà lancé dans la poursuite, son niveau d'activation émotionnelle est souvent beaucoup plus élevé. Plus l'intervention est précoce, plus elle a de chances d'être efficace.

C'est pourquoi apprendre à reconnaître les signes d'orientation est une compétence précieuse qu’il nous faut acquérir. Plus nous apprenons à observer ces signaux, plus nous comprenons ce que vit notre chien. Et plus nous sommes capables de l'accompagner avant que l'excitation ne devienne trop importante.

Comprendre l'orientation, c'est apprendre à voir ce qui se passe dans le cerveau de son chien avant l'action. C'est souvent là que se trouvent les meilleures opportunités de prévention, d'apprentissage et de communication.

👉 Dans le prochain article, nous découvrirons la troisième étape de la séquence prédatrice : l'approche furtive, ce moment où certains chiens commencent à réduire discrètement la distance qui les sépare de leur cible.

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Dans le précédent article, nous avons découvert que la prédation n'est pas un comportement unique mais une succession d'...
10/06/2026

Dans le précédent article, nous avons découvert que la prédation n'est pas un comportement unique mais une succession d'étapes qui s'enchaînent les unes après les autres.

La première de ces étapes est probablement la plus discrète et pourtant l'une des plus importantes : Le repérage.

Le repérage c’est ce moment précis où votre chien détecte quelque chose d'intéressant dans son environnement. Un mouvement. Une odeur. Un bruit. Une silhouette. Une trace laissée plusieurs minutes ou plusieurs heures auparavant.

Avant même que nous ayons remarqué quoi que ce soit, le cerveau du chien est déjà en train d'analyser une quantité impressionnante d'informations. Car le chien ne perçoit pas le monde comme nous. Son univers est avant tout un monde d'odeurs et de mouvements.

🐶 Un odorat hors du commun

Le sens le plus connu chez le chien est évidemment l'odorat. On estime qu'il possède entre 200 et 300 millions de récepteurs olfactifs, contre environ 5 à 6 millions chez l'humain. Mais ce n'est pas seulement une question de quantité. Le cerveau du chien consacre une part importante de ses capacités à l'analyse des odeurs.
Lors d'une promenade, votre chien lit littéralement les informations laissées dans son environnement. Un passage de chevreuil. Un lapin ayant traversé quelques heures plus tôt. Un renard ayant marqué son territoire. Une piste fraîche. Une piste ancienne.

Toutes ces informations sont accessibles à son odorat.
Là où nous voyons simplement un chemin forestier, le chien découvre une véritable bibliothèque d'informations. Et certaines de ces odeurs peuvent déclencher son intérêt de manière très intense.

🐶 Une vision spécialisée dans la détection du mouvement

Contrairement à certaines idées reçues, la vision du chien n'est pas médiocre. Elle est simplement différente de la nôtre. Les chiens sont particulièrement performants pour détecter les mouvements. Dans la nature, repérer un animal qui fuit ou un déplacement discret dans les herbes pouvait faire la différence entre manger ou ne pas manger. Cette sensibilité au mouvement est toujours présente aujourd'hui. Un lapin qui détale. Un écureuil qui monte à un arbre. Un chevreuil qui surgit à distance. Et aussi parfois un vélo, un jogger ou un petit chien qui court.

Le cerveau du chien détecte immédiatement ces variations de mouvement.

🐶 Les oreilles participent également au repérage

Le chien utilise également son audition pour recueillir des informations. Un craquement dans les feuilles. Un bruissement dans les hautes herbes. Un déplacement discret dans les buissons. Ces indices peuvent suffire à attirer son attention avant même qu'il ait identifié visuellement ou olfactivement la source.
Tous ses sens travaillent ensemble. Le chien construit progressivement une image mentale de ce qui se passe autour de lui.

🐶 Les premiers signes visibles

Pour le propriétaire attentif, le repérage peut souvent être observé. Le chien ralentit soudainement. Il relève la tête. Ses oreilles s'orientent. Son regard se fixe dans une direction. Il s'immobilise quelques secondes. Sa respiration peut changer. Son corps devient plus tendu. Parfois, il semble même avoir "déconnecté" de son environnement. Ce moment est extrêmement important. Car c'est souvent la dernière étape où le chien reste réellement disponible pour son humain.

Plus la séquence prédatrice progresse, plus il devient difficile de récupérer son attention.

🐶 Le cerveau entre en mode "recherche"

À ce stade, le chien n'est pas encore dans la poursuite. Il est dans l'analyse. Son cerveau collecte des informations. Il cherche à comprendre :
➡️ Qu'est-ce que c'est ?
➡️ Où cela se trouve-t-il ?
➡️ Est-ce en mouvement ?
➡️ Est-ce intéressant ?
➡️ Faut-il s'en approcher ?

Cette phase est généralement calme. C'est même ce qui la rend parfois difficile à repérer. Pourtant, c'est souvent à cet instant que tout se joue. Car si le chien identifie quelque chose qui active fortement son intérêt, la séquence prédatrice peut continuer vers l'étape suivante : l'orientation.

🐶 Pourquoi certains chiens repèrent-ils davantage que d'autres ?

Tous les chiens possèdent cette capacité. Cependant, certaines races ont été sélectionnées pour être particulièrement sensibles à certains stimuli. Les chiens courants sont souvent très réactifs aux odeurs. Les lévriers sont particulièrement sensibles aux mouvements rapides. Les chiens de berger peuvent détecter très rapidement les déplacements dans leur environnement.

Mais au-delà de la race, chaque individu possède également ses propres sensibilités. Certains chiens semblent vivre "le nez au sol". D'autres scrutent constamment l'horizon. D'autres encore utilisent les deux avec une efficacité impressionnante.

🐶 Comprendre plutôt que lutter

Le repérage n'est pas un problème comportemental. C'est un comportement normal. Un chien qui s'arrête pour analyser une odeur ou observer un mouvement ne cherche pas à désobéir. Il utilise simplement les outils que l'évolution lui a donnés pour comprendre son environnement.

Apprendre à reconnaître cette étape permet souvent d'intervenir beaucoup plus tôt, avant que l'excitation n'augmente et que le chien ne bascule dans les étapes suivantes de la séquence prédatrice. Car lorsqu'on comprend ce que le chien perçoit, on commence à comprendre pourquoi il agit.

Et comprendre son chien est souvent la première étape pour mieux l'accompagner.

👉 Dans le prochain article, nous découvrirons la deuxième étape de la prédation : l'orientation, ce moment où toute l'attention du chien se focalise sur sa cible et où le reste du monde semble soudain disparaître.

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Lorsque l'on parle de prédation chez le chien, de nombreuses personnes sont mal à l'aise. Certains imaginent immédiateme...
08/06/2026

Lorsque l'on parle de prédation chez le chien, de nombreuses personnes sont mal à l'aise. Certains imaginent immédiatement un chien agressif, dangereux ou incontrôlable. Pourtant, la prédation n'est pas de l'agressivité. La prédation est un comportement naturel, inscrit depuis des milliers d'années dans le patrimoine génétique des canidés.

Pour comprendre nos chiens, il est important de comprendre ce qu'est réellement cet instinct. Chez un prédateur sauvage, la prédation est une chaîne de comportements dont le but est simple : localiser, traquer, attraper, tuer puis consommer une proie afin de se nourrir et de survivre.

Cette séquence comportementale a été façonnée par l'évolution durant des milliers de générations. Même si nos chiens vivent aujourd'hui dans nos maisons, dorment sur nos canapés et reçoivent chaque jour une alimentation complète et équilibrée, ils conservent encore une partie de cet héritage comportemental.

L'instinct de prédation n'a pas disparu. Il a simplement été modifié au cours de la domestication.
Chez le chien domestique, certaines séquences peuvent être conservées, d'autres amplifiées, atténuées ou parfois quasiment absentes selon les races, les lignées et les individus. C'est ce qui explique pourquoi tous les chiens n'expriment pas leur instinct de prédation de la même manière.

Pour mieux comprendre ce phénomène, nous pouvons décrire six grandes étapes de la séquence prédatrice :

1. Le repérage visuel ou olfactif
Tout commence par la détection d'un stimulus. Il peut s'agir d'une odeur fraîche laissée par un animal, d'un mouvement dans les herbes, d'un bruit ou d'une silhouette en déplacement. Le chien mobilise alors ses capacités sensorielles exceptionnelles. Son odorat analyse les informations présentes dans l'environnement tandis que sa vision détecte les mouvements parfois à grande distance.

C'est souvent à ce moment que l'on observe un chien qui se fige soudainement, relève la tête ou fixe intensément quelque chose.

2. L'orientation
Une fois le stimulus identifié, le chien dirige toute son attention vers lui. Son corps se tourne dans la direction de la cible. Les oreilles s'orientent. Le regard se fixe. L'environnement semble soudain disparaître. Le cerveau commence à se concentrer sur un seul objectif.

À ce stade, certains propriétaires constatent déjà que leur chien devient beaucoup moins réceptif à leurs sollicitations.

3. L'approche furtive
Chez certains prédateurs, cette phase consiste à s'approcher discrètement de la proie. Le corps s'abaisse. Les déplacements deviennent plus lents et plus précis. Le chien tente de réduire la distance sans être repéré. Cette étape est particulièrement visible chez certaines races sélectionnées pour travailler sur le bétail ou pour la chasse.

Les Border Collies, par exemple, présentent souvent des comportements de fixation et d'approche très développés.

4. La poursuite
C'est probablement l'étape la plus connue du grand public. La proie fuit. Le chien poursuit. Le mouvement déclenche l'action. Cette phase est extrêmement stimulante. Elle active fortement les circuits de la récompense et procure un niveau élevé d'excitation émotionnelle. C'est également la séquence que nous avons largement abordée dans les précédents articles.

Chez certains chiens, la poursuite est tellement gratifiante qu'elle devient une activité recherchée pour elle-même.

5. La capture et la morsure
Lorsque la distance est suffisamment réduite, le prédateur tente d'immobiliser sa proie. Chez certaines races, cette étape est très atténuée. Chez d'autres, elle reste particulièrement présente. La sélection humaine a largement influencé l'expression de cette phase.

Les chiens de chasse spécialisés dans le rapport, par exemple, ont souvent été sélectionnés pour attraper sans blesser. D'autres races peuvent au contraire présenter une forte motivation à saisir.

6. Secouer, tuer et consommer
Dans la séquence prédatrice complète, cette dernière étape permet au prédateur de mettre fin à la vie de sa proie puis de la consommer. Chez le chien domestique, cette phase est souvent très réduite, voire absente. Cependant, certains comportements observés dans le jeu peuvent en être des vestiges. Le fait de secouer vigoureusement une peluche ou un jouet en est un exemple fréquent. Ce qui est particulièrement intéressant, c'est que nos chiens ne possèdent pas tous la chaîne prédatrice complète. La domestication et la sélection des races ont profondément modifié l'expression de ces comportements.

Certaines races ont été sélectionnées pour renforcer certaines séquences. D'autres ont été sélectionnées pour les interrompre avant leur terme.
• Un Border Collie peut fixer, orienter et poursuivre sans chercher à capturer.
• Un Retriever peut aimer porter des objets sans serrer l’objet maintenu.
• Un Lévrier peut être particulièrement sensible à la poursuite du mouvement.

Chaque race raconte une partie de cette histoire. Et chaque individu possède sa propre sensibilité.

Comprendre la prédation ne consiste pas à considérer le chien comme un danger potentiel. Au contraire. Comprendre la prédation permet de mieux comprendre qui est réellement le chien. Cela nous aide à anticiper certaines situations, à respecter ses besoins comportementaux et à mettre en place un accompagnement adapté.

Car plus nous comprenons les comportements naturels de nos chiens, mieux nous sommes capables de vivre avec eux en harmonie.

🐾 Changeons de regard pour mieux comprendre nos chiens.

Laurence ROUX
Educatrice Comportementaliste Canin
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