Comportementaliste Laurence Roux

Comportementaliste Laurence Roux J’aide les propriétaires à apprendre les bases essentielles (rappel, marche en laisse, attention…) et à mieux comprendre leur chien au quotidien.

🐾 Educatrice Comportementaliste Canin
📗 Autrice du livre : Notre chien, ce compagnon qui illumine nos vies

Points forts :
🐶 méthodes positives
🫶 respect du bien être animal
🤝 séance individuelle et visio
📌 secteur : Yvelines Laurence ROUX, Éducatrice Comportementaliste Canin, je propose un accompagnement personnalisé en éducation du chien, avec des méthodes positives, respectueuses et adaptées à

chaque situation. Chaque accompagnement prend en compte les besoins du chien, son âge, son environnement et les objectifs du binôme. J’interviens à votre domicile, avec des conseils concrets et adaptés. Mon objectif : vous aider à construire une relation sereine, équilibrée et durable avec votre chien.

« Mais avant, on ne se posait pas toutes ces questions ! » « On avait des chiens et ça se passait très bien. »« Aujourd’...
02/09/2026

« Mais avant, on ne se posait pas toutes ces questions ! »
« On avait des chiens et ça se passait très bien. »
« Aujourd’hui, les comportementalistes voient des problèmes partout ! »
Ce sont des phrases que l’on entend régulièrement.
Et parfois même : « Mais enfin… ce n’est qu’un chien ! »

C’est probablement l’un des arguments que j’entends très souvent. Et c’est vrai. Il y a quelques décennies, nous parlions beaucoup moins de comportement canin. Nous nous interrogions moins sur les émotions du chien. Nous cherchions moins à comprendre pourquoi il aboyait, pourquoi il détruisait, pourquoi il avait peur, pourquoi il fuyait ou pourquoi il pouvait devenir agressif.

Mais attention à ne pas confondre deux choses : ne pas identifier une difficulté ne signifie pas qu’elle n’existait pas.

Avant, les chiens vivaient attachés dans les jardins, les chiens étaient isolés, les chiens passaient une grande partie de leur vie dans un chenil ou une cour. Les chiens qui aboyaient étaient simplement considérés comme « des chiens qui aboient ». Ceux qui fuguaient étaient attachés. Ceux qui avaient peur étaient souvent simplement considérés comme « peureux ». Ceux qui se montraient agressifs étaient éliminés.

On considérait que c’était leur caractère. La souffrance comportementale du chien n’était pas visible parce qu’on ne s’en préoccupait pas.

🐶 Nous avons changé la place du chien.

Il y a une chose qui a profondément évolué : la place que nous donnons au chien dans notre vie. Aujourd’hui, le chien partage notre quotidien. Il vit dans nos maisons. Il dort parfois dans nos chambres. Il nous accompagne au restaurant, en vacances, en promenade, dans les transports. Nous voulons qu’il soit notre compagnon de vie, notre partenaire, notre membre de famille. Et c’est une très belle évolution.

Mais cette proximité crée également de nouvelles exigences. Plus le chien est présent dans notre quotidien, plus nous attendons de lui qu’il sache évoluer dans des environnements humains. Et plus nous lui demandons cela, plus nous devons nous intéresser à ce dont il a besoin pour y parvenir.

Un chien peut apprendre à vivre dans notre monde. Mais il ne devient pas pour autant humain. Il possède une perception différente de son environnement. Il communique différemment. Il ne raisonne pas comme nous. Il ne vit pas les situations comme nous. Et surtout, ses capacités d’adaptation ne sont pas infinies.

• Un chien peut apprendre à croiser des congénères calmement. 👉 Mais cela ne signifie pas qu’il doit aimer tous les chiens.

• Un chien peut apprendre à vivre avec des enfants. 👉 Mais cela ne signifie pas qu’il doit accepter toutes leurs interactions.

• Un chien peut apprendre à rester seul. 👉 Mais cela ne signifie pas que plusieurs heures d’absence seront faciles pour tous les individus.

• Un chien peut apprendre à prendre les transports. 👉 Mais cela ne signifie pas que tous les environnements urbains seront confortables pour lui.

• Un chien peut apprendre à rester tranquillement en terrasse. 👉 Mais cela ne signifie pas qu’il appréciera nécessairement de passer deux heures dans un environnement bruyant et très stimulant.

La capacité à faire quelque chose n’est pas toujours synonyme de bien-être. Et cette distinction est fondamentale.

🐶 Alors non, nous ne compliquons pas tout !
Lorsque nous parlons des émotions, des besoins, de l’attachement, du stress, de la peur, de la frustration, de la communication ou de l’environnement du chien, certains ont l’impression que nous sommes en train de rendre les choses inutilement compliquées. Pourtant, nous ne créons pas ces mécanismes. Ils existaient déjà. Le chien avait déjà des émotions avant que nous commencions à les étudier. Il avait déjà des besoins comportementaux. Il communiquait déjà avec son corps. Il ressentait déjà de la peur, du stress, de la frustration ou de l'insécurité. Il avait déjà besoin de repos, d’exploration, de mouvement, d’interactions sociales adaptées et d’un environnement suffisamment sécurisant.

Lorsque nous demandons : « Pourquoi fait-il cela ? » plutôt que : « Comment faire pour qu’il arrête ? » nous ne compliquons pas le problème. Nous changeons simplement notre manière de comprendre. Parce qu’un comportement n’apparaît jamais complètement par hasard. Il peut être l’expression d’une émotion, d’un besoin, d’une difficulté d’adaptation, d’un apprentissage, d’un manque de compétences ou d’un environnement qui ne convient pas suffisamment au chien.

Car finalement, si nous avons aujourd’hui davantage de questions sur le comportement de nos chiens, ce n’est pas parce que les comportementalistes compliquent tout.
C’est peut-être simplement parce que nous avons enfin commencé à considérer que leur bien-être méritait, lui aussi, que l’on se pose des questions.

🐾 Changeons de regard pour mieux comprendre nos chiens.

Laurence ROUX
Educatrice Comportementaliste Canin
www.comportementaliste-canin78.fr
















Depuis longtemps, la relation humain–chien est entourée de croyances anciennes, transmises de génération en génération. ...
01/09/2026

Depuis longtemps, la relation humain–chien est entourée de croyances anciennes, transmises de génération en génération. On entend encore dire qu’un chien doit être « dominé », qu’il faut « montrer qui est le chef », qu’un chien désobéissant est « dangereux » ou « mal éduqué ». Ces idées sont tellement ancrées qu’elles influencent la manière d’interagir avec nos chiens… souvent sans en avoir véritablement conscience.

🐶D’où viennent ces peurs ?

La peur de perdre le contrôle ne naît pas seulement du comportement du chien : elle vient d’un ensemble culturel et social beaucoup plus large.

Dans notre société, maîtriser son environnement est perçu comme un signe de compétence, de réussite, voire de valeur personnelle. Et ce modèle est partout :
• à l’école, où l’on nous apprend qu’il faut « être sage » et « bien se tenir »,
• dans les entreprises, où la hiérarchie impose une vision du leadership basée sur la performance, l’autorité et la compétition,
• dans la vie quotidienne, où « bien faire » devient une norme que chacun s’efforce de suivre.

Dans ce schéma, lorsque le chien « déborde », s’excite, tire en laisse ou aboie, le regard social se porte immédiatement sur l’humain du chien. Celui-ci est jugé, évalué, étiqueté : « il ne sait pas s’y prendre », « il n’a pas d’autorité », « il est dépassé ».
Et ce jugement extérieur se transforme vite en jugement intérieur.

Le comportement du chien devient alors un miroir où l’humain croit voir son propre échec.
Un chien qui semble incontrôlable dans la rue ou devant des inconnus expose aux yeux de tous une part de vulnérabilité que beaucoup vivent comme une faute. Et cette pression peut être extrêmement lourde.

Car au-delà des passants, il y a aussi :
• les amis qui donnent des conseils culpabilisants,
• la famille qui compare le chien à leur propre chien «qui était parfait »,
• les voisins qui critiquent ou se plaignent,
• les réseaux sociaux, où montrer la perfection est devenue une norme.

Pour de nombreux humains, cette accumulation renforce la peur d’être jugés comme incapables, mal informés, pas assez fermes. Par conséquent, beaucoup adoptent malgré eux des méthodes autoritaires, non pas par envie, mais par peur : la peur de mal faire, la peur d’être critiqués, la peur de ne pas être à la hauteur.

🐶 Quand la peur guide les gestes, la relation se ferme

Cette peur engendre des réactions automatiques : tension sur la laisse, voix qui se durcit, gestes brusques, blocages émotionnels… Tout ce qui est censé « contrôler » le chien finit souvent par amplifier le problème.

Et c’est là que le cercle vicieux s’installe :
1. Le chien exprime un comportement difficile (stress, excitation, peur).
2. L’humain du chien craint d’être jugé et cherche à reprendre le contrôle immédiatement.
3. Cette pression émotionnelle se transmet au chien, qui réagit encore plus fortement.
4. L’humain se sent dépassé, coupable ou honteux.
5. Les critiques externes renforcent cette douleur intérieure.

Ce système pèse psychologiquement : il fragilise la confiance en soi, crée de la frustration, et parfois même un sentiment d’isolement. Beaucoup d'humains n’osent plus se promener dans certains endroits de peur des regards.

🐶 Et si on changeait de regard ?

Lorsqu’on met de côté cette vision hiérarchique — où certains commandent, d'autres obéissent, et où l'échec est inacceptable — on découvre autre chose.

On découvre un chien qui n'agit pas pour « défier » ou « tester », mais qui réagit en fonction de ce qu’il vit, ressent et comprend. Un chien qui peut apprendre, progresser, et coopérer avec enthousiasme… à condition qu’il se sente en sécurité, entendu et compris.

En quittant le chemin de la domination, nous ouvrons celui de la confiance.
Et alors, tout change :
• la communication devient plus fluide,
• l’apprentissage est plus rapide,
• la relation devient plus légère,
• et l’humain se libère du poids du regard des autres.

🐶 Construire une équipe plutôt qu’un rapport de force

Le chien n’a pas besoin d’un « chef » : il a besoin d’un guide.
Quelqu’un qui lui montre, qui accompagne, qui explique, qui sécurise.

Quand l’humain du chien comprend cela, la peur s'efface progressivement. Une véritable équipe peut alors se former, où chacun a sa place, où les erreurs ne sont plus des fautes mais des étapes d’apprentissage, et où l’obéissance n’est plus une contrainte mais une coopération naturelle.

🐾 Changeons de regard pour mieux comprendre nos chiens.

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Laurence ROUX
Educatrice Comportementaliste Canin
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« Mon chien me fait des bisous, c’est qu’il m’aime ! » Nous avons tous déjà entendu cette phrase. Lorsque notre chien no...
31/08/2026

« Mon chien me fait des bisous, c’est qu’il m’aime ! »
Nous avons tous déjà entendu cette phrase. Lorsque notre chien nous lèche le visage, nous l’interprétons spontanément comme une démonstration d’affection. Après tout, chez nous, un bisou est un geste tendre, affectueux, intime.
Mais… et si nous nous trompions parfois sur ce que notre chien cherche réellement à nous dire ?

Chez l’humain, l’affection passe beaucoup par le contact
Nous sommes une espèce particulièrement tactile.
• Nous caressons.
• Nous prenons dans nos bras.
• Nous serrons ceux que nous aimons contre nous.
• Nous embrassons.
• Nous posons notre visage contre le leur.

Le contact physique fait partie de nos principaux moyens d’exprimer notre attachement. Alors, naturellement, nous transposons ces codes sur nos chiens.
• Nous les prenons dans nos bras parce que nous les aimons.
• Nous leur caressons la tête.
• Nous les embrassons.
• Nous rapprochons notre visage du leur.

Pourtant, le langage canin fonctionne avec des codes très différents des nôtres.
Imaginez la scène : Vous prenez votre chien dans vos bras. Vous approchez votre visage du sien. Vous l’embrassez sur la tête. Et votre chien vous lèche.
Vous pensez naturellement : « Trop mignon, il me fait un bisou ! » Mais son message peut être tout autre :
👉 « Éloigne-toi un peu. »
👉 « Ton visage est trop près du mien. »
👉 « Je ne suis pas très à l’aise avec cette proximité. »

Le léchage peut alors constituer un signal de communication destiné à modifier la situation. Et parfois, le chien insiste : il lèche davantage, détourne la tête, évite le regard, baisse les oreilles, cligne des yeux, tourne la tête ou cherche à s’éloigner. Tous ces éléments sont importants.

Et c'est là que notre incompréhension peut commencer
Notre chien nous lèche. Nous sommes heureux. Nous rions. Nous lui parlons. Nous le câlinons davantage. Pour lui, pourtant, le message qu'il vient d'envoyer n'a pas produit l'effet attendu. Il voulait peut-être obtenir davantage de distance… …et nous nous rapprochons encore !
Alors, progressivement, il peut apprendre que le léchage ne sert pas seulement à communiquer son inconfort : il fait aussi partie de l'interaction que nous apprécions.

Certains chiens vont alors continuer à utiliser ce comportement. D'autres vont apprendre à tolérer les embrassades et les contacts rapprochés. Et certains finiront même par rechercher ces interactions, parce qu'ils les ont associées à quelque chose d'agréable : attention, caresses, proximité, interaction sociale… Mais cela ne signifie pas pour autant que le bisou humain est un comportement naturellement affectueux pour le chien.

Tous les léchages ne veulent évidemment pas dire « éloigne-toi » C'est important de le préciser. Un chien peut lécher pour de nombreuses raisons. Il peut rechercher une interaction sociale, manifester de la tendresse. Un chien qui vient spontanément lécher la main ou le bras de son humain dans un moment calme n'est pas nécessairement en train de demander de la distance. En revanche, lorsqu'il lèche alors que nous avons notre visage très proche du sien, qu'il détourne la tête, se fige ou présente d'autres signaux d'inconfort… il est train de vous dire « éloigne toi, s’il te plait ». Alors, si notre chien nous dit : « Arrête, éloigne un peu ton visage du mien », écoutons-le.
• Il ne nous rejette pas.
• Il ne nous aime pas moins.
• Il nous communique simplement une limite, à cet instant précis.

Apprendre à écouter son chien, c’est apprendre à regarder ce qu’il dit réellement, plutôt que de traduire systématiquement ses comportements avec nos propres codes humains.

Comprendre son langage, c’est respecter ses messages. Et lorsque nous savons reconnaître ces petits signaux et y répondre, nous évitons les erreurs d’interprétation et les situations dans lesquelles notre chien pourrait se sentir pris au piège et réagir pour faire respecter son espace.

❤️ Aimer son chien, c’est aussi apprendre à l’écouter.

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Laurence ROUX
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• « Il a peur des chiens ? Mettez-le au milieu d'un groupe de chiens, il finira bien par s'habituer. »• « Il a peur de l...
29/08/2026

• « Il a peur des chiens ? Mettez-le au milieu d'un groupe de chiens, il finira bien par s'habituer. »
• « Il a peur de la ville ? Emmenez-le directement en centre-ville. »
• « Il a peur de la voiture ? Il faut le mettre dedans et l'obliger à rester. »
• « Il a peur des inconnus ? Faites-le manipuler, il comprendra qu'il n'y a rien à craindre. »

Ces conseils peuvent encore être entendus aujourd'hui. Ils reposent sur une technique appelée immersion, ou flooding. Le principe est simple : placer le chien directement et parfois durablement face à ce qui lui fait peur, avec très peu ou aucune possibilité de s'éloigner, jusqu'à ce qu'il cesse de réagir.

Sur le papier, cela peut sembler logique. Dans la réalité, pour un chien phobique ou profondément anxieux, les conséquences peuvent être considérables.

🐕 « Il ne réagit plus » ne signifie pas « il n'a plus peur »

C'est probablement l'une des erreurs les plus importantes lorsqu'on utilise l'immersion. On place un chien qui a peur des humains au milieu de plusieurs personnes. Au début, il tremble. Il cherche à fuir. Il tente de se cacher. Il tire sur sa laisse. Puis… il ne bouge plus.

Certains pourront alors conclure : « Ça y est, il s'est habitué. » Mais est-ce réellement ce qui vient de se passer ? Pas nécessairement.

Un chien peut cesser de lutter parce qu'il ne trouve plus d'issue. Il peut se figer. Se tasser. Se faire petit. Ne plus chercher à fuir. Ne plus essayer de se défendre. Et cette absence de réaction peut être interprétée comme une amélioration alors qu'elle traduire un niveau de détresse extrêmement important.

Nous avons justement parlé récemment du freezing et de la sidération : un chien qui ne bouge plus n'est pas forcément un chien qui va mieux. L'immobilité n'est pas une preuve de réussite.

🐶 Le principe de l'immersion

Dans le cadre du flooding, le chien est exposé à un stimulus anxiogène à une intensité importante, parfois maximale, et empêché de l'éviter ou de s'en éloigner. L'objectif recherché est que la réaction de peur finisse par diminuer. Mais cette méthode expose le chien à une situation de peur intense.

Les références vétérinaires actuelles indiquent que le flooding peut provoquer des réactions de panique et aggraver la phobie, raison pour laquelle cette technique n'est plus recommandée en thérapie comportementale vétérinaire.

Un chien soumis à une peur intense peut être tellement dépassé qu'il n'est plus capable d'apprendre correctement. Lorsque l'émotion prend toute la place, le chien n'est plus dans une situation confortable lui permettant d'explorer, d'observer, de réfléchir et de faire des choix. Il cherche avant tout à gérer une situation qu'il perçoit comme menaçante.

« Mais il faut bien qu'il s'habitue ! »
Alors oui. Mais s'habituer ne signifie pas subir. C'est toute la nuance.

Lorsqu'un chien a peur, nous devons lui permettre de découvrir progressivement que ce qui l'inquiète peut être prévisible, gérable et sans danger.

C’est précisément grâce à une désensibilisation très progressive, en maintenant le chien dans un état où il se sent en sécurité, plutôt qu'une exposition de type flooding.

Il existe une immense différence entre : « Je te mets face à ce qui te terrorise jusqu'à ce que tu n'en puisses plus. » et « Je vais t'accompagner progressivement pour que tu puisses découvrir cette situation sans être submergé. »
Dans le premier cas, le chien subit. Dans le second, il apprend. Et c'est précisément ce que nous recherchons.

Accompagner un chien qui a peur demande bien davantage que de connaître une technique. Il faut savoir lire le chien, connaitre ses signaux de communication et savoir les interpréter correctement.

Notre travail, en tant que comportementaliste, consiste précisément à écouter ces informations. Pas à les faire taire. Notre objectif ne devrait jamais être : « Comment faire pour que le chien arrête de réagir ? » Notre première question devrait être : « Comment pouvons-nous l'aider à se sentir mieux face à cette situation ? »

Lorsqu'un chien souffre d'une phobie, notre rôle n'est pas de gagner un rapport de force. Notre rôle est de créer les conditions qui lui permettront progressivement de retrouver de la sécurité. Cela peut demander du temps. Parfois beaucoup de temps. Il faut parfois modifier l'environnement. Éviter certaines situations. Travailler à distance. Fractionner les apprentissages. Utiliser des renforcements adaptés. Permettre au chien de faire des choix.

Notre métier ne devrait jamais consister à apprendre au chien qu'il n'a pas le choix. Il devrait consister à lui apprendre qu'il peut être en sécurité. Parce que nous ne voulons pas un chien qui n’a plus besoin de fuir parce qu’il a appris à se résigner. Nous voulons un chien qui n’a plus besoin de fuir parce qu’il se sent en sécurité.

📌 Pour information, l'image de cet article a été créée par l'IA

📂 Pour en savoir plus sur la peur chez le chien 👉 https://www.comportementaliste-canin78.fr/boutique/dossier-la-peur-chez-le-chien/

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Il marchait tranquillement… puis soudain, il s'arrête. Il ne bouge plus. Il regarde. Son corps devient immobile. Et parf...
28/08/2026

Il marchait tranquillement… puis soudain, il s'arrête. Il ne bouge plus. Il regarde. Son corps devient immobile. Et parfois, quelques secondes plus t**d, il repart. Que vient-il de se passer ?

On entend parfois :
« Il fait son têtu. »
« Il ne veut plus avancer. »
« Il a vu quelque chose. »
« Il réfléchit. »

Peut-être. Mais il existe une autre possibilité que nous oublions souvent : il vient de faire du freezing.

Le freezing est une réponse défensive qui peut apparaître lorsqu'un chien perçoit une situation comme menaçante, inquiétante ou très incertaine. Et contrairement à ce que l'on pourrait penser, un chien qui se fige n'est pas forcément un chien qui ne fait plus rien. Il est parfois en train d'observer très attentivement ce qui se passe.

🐶 Le freezing, c'est quoi exactement ?

Le terme freezing signifie littéralement « geler ». Face à une menace perçue, les animaux disposent de différentes stratégies défensives. Ils peuvent chercher à s'éloigner. Fuir. Se défendre. Ou… s'immobiliser.

Le freezing correspond à une diminution ou un arrêt temporaire du mouvement, alors que le chien reste attentif à son environnement. Cette réponse fait partie du répertoire défensif face à une menace. Elle n'est donc ni de la mauvaise volonté, ni de la désobéissance.

Et c'est justement ce qui rend ce comportement intéressant. Parce que le chien peut être parfaitement immobile… tout en étant extrêmement vigilant.

Un chien qui « freez » n'est pas forcément « absent »
C'est une différence importante avec l’état de sidération. Dans le freezing, le chien peut :
• interrompre brusquement sa marche ;
• rester immobile quelques secondes ;
• fixer un élément de son environnement ;
• garder le corps très tendu ;
• déplacer légèrement son poids ;
• rester extrêmement attentif à ce qui se passe ;
• sembler hésiter avant de poursuivre son déplacement ;
• observer la personne, le chien, l'objet ou la situation qui l'inquiète.

Il peut même sembler parfaitement « sage ». Mais cette immobilité peut être une réponse émotionnelle à une situation qu'il juge difficile.

🐶 Pourquoi un chien se fige-t-il ?

Imaginez que votre chien se promène avec vous. Tout va bien. Puis, au bout de la rue, il aperçoit quelque chose. Un chien. Un humain. Un objet inhabituel. Un bruit. Un véhicule. Une situation qu'il ne connaît pas. Vous continuez à avancer. Mais votre chien… s'arrête. Il regarde. Il ne tire pas. Il n'aboie pas. Il ne cherche pas immédiatement à fuir. Il se fige.
Ce moment peut correspondre à une phase au cours de laquelle son système de défense évalue la situation.
• Est-ce dangereux ?
• Est-ce que ça se rapproche ?
• Est-ce que je peux m'éloigner ?
• Est-ce que je dois agir ?

Le freezing peut ainsi constituer une sorte de pause comportementale face à une menace perçue, avant une éventuelle autre réponse.

La réponse défensive n'est pas toujours immédiatement « fuir ou attaquer ». Les différentes stratégies peuvent s'enchaîner ou alterner selon le contexte, la distance avec la menace et les possibilités dont dispose le chien.

Et c'est là que notre réaction humaine devient importante. Parce que lorsque notre chien s'immobilise, nous avons souvent envie de faire exactement l'inverse. « Allez, avance ! » On tire sur la laisse. On l'encourage. On insiste. On se rapproche de ce qui l'inquiète pour lui montrer qu'« il n'y a rien ». Ou parfois, on le gronde. « Arrête de faire ton cinéma ! »
Mais si notre chien est en train de faire du freezing parce qu'il ressent une menace… le pousser davantage dans cette situation peut augmenter son inconfort. Et surtout, nous risquons de manquer une information précieuse. Parce que le freezing nous dit : « Cette situation mérite ton attention. »

Le freezing peut être très subtil. C'est probablement pour cette raison qu'il passe si souvent inaperçu. Nous imaginons parfois un chien complètement pétrifié. Mais le freezing peut être beaucoup plus discret.

Par exemple : Votre chien marche normalement. Lorsqu’il aperçoit un chien, ses mouvements s'arrêtent brusquement. Il ferme la bouche. Son corps se tend. Son regard se fixe. Il reste ainsi deux ou trois secondes. Puis il repart. Pour nous, il ne s'est presque rien passé. Pour lui, il vient peut-être de vivre un moment de forte vigilance.
C'est pourquoi observer le changement par rapport au comportement habituel du chien est essentiel. Ce n'est pas seulement la posture qui compte. C'est aussi le changement soudain de posture et de mouvement.

Prenons un autre exemple : Imaginez un chien qui a peur des autres chiens. Il en aperçoit un à une vingtaine de mètres. Il s'arrête. Son humain pense : « Il fait encore son cinéma. » Il avance avec lui. Le chien reste figé. L'autre chien continue de se rapprocher. Le chien baisse légèrement son corps. Son regard devient fixe. Son humain tire sur la laisse. Le chien finit par grogner. Puis aboyer. Et éventuellement charger.
À la fin de la scène, on pourrait raconter : « Il était calme et, d'un coup, il est devenu agressif. » Mais si nous regardons toute la séquence… Ce n'est pas forcément « d'un coup ». Il y a eu plusieurs étapes. Et le freezing faisait partie des premières.

🐶 Et si nous lui laissions parfois le temps de regarder ?

C'est une chose que nous oublions facilement. Nous voulons souvent que notre chien avance. Qu'il continue. Qu'il ne s'arrête pas. Qu'il « passe à autre chose ».
Mais parfois, lui laisser quelques secondes pour observer peut être beaucoup plus intéressant que de le forcer à poursuivre. Cela ne signifie pas qu'il faut laisser le chien rester indéfiniment dans une situation qui lui fait peur. Cela signifie simplement : observer avant d'intervenir. Parce que nous ne savons pas toujours ce que notre chien est en train de traiter comme information.

🐶 Le freezing ce n'est pas de la désobéissance

C'est probablement le message que j'aimerais vous laisser. Lorsque votre chien s'immobilise brutalement, ne pensez pas immédiatement : « Il ne veut pas. » Demandez-vous plutôt : « Qu'est-ce qui vient de se passer ? »
• Il a peut-être vu quelque chose.
• Entendu quelque chose.
• Senti quelque chose.
• Anticipé quelque chose.
• Ou rencontré une situation qu'il ne sait pas encore gérer.

Le freezing est une réponse défensive. Et comme toutes les réponses défensives, elle mérite d'être comprise. Parce qu'un chien qui se fige ne nous donne pas forcément un problème à résoudre. Il nous donne une information à écouter. Et parfois, quelques secondes d'immobilité suffisent à nous dire : « Cette situation est difficile pour moi. »
À nous de savoir l'entendre. Le langage du chien commence souvent par des détails que nous ne remarquons pas.

🐾 Changeons de regard pour mieux comprendre nos chiens.

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Comprendre l’état de sidérationIl ne bouge pas.Il ne cherche pas à fuir.Il ne grogne pas.Il ne se débat pas.Alors certai...
26/08/2026

Comprendre l’état de sidération

Il ne bouge pas.
Il ne cherche pas à fuir.
Il ne grogne pas.
Il ne se débat pas.

Alors certains pourraient penser :
« Il est calme. »
« Il est gentil. »
« Il se laisse faire. »
« Il a compris qu’il ne devait pas bouger. »

Et si, au contraire, ce chien était en train de vivre une peur immense ?

Aujourd’hui, j’aimerais vous parler d’un état dont on parle finalement assez peu chez le chien : la sidération, ou réponse de figement.

Face à une situation menaçante, un chien dispose de différentes réponses de défense. Il peut chercher à prendre de la distance, fuir, se défendre, grogner, aboyer, mordre… Mais il peut aussi se figer.

Le figement est une réponse défensive automatique. Ce n’est pas une décision consciente du chien. Lorsque la situation est perçue comme extrêmement menaçante et que les possibilités d'action semblent limitées ou impossibles, le système de défense va conduire à une diminution très importante des mouvements. Le chien peut alors rester immobile, parfois presque totalement. Et cette immobilité peut être trompeuse.

Parce qu'un chien qui ne bouge pas n'est pas nécessairement un chien qui va bien. Un chien « figé » peut être à tort considéré comme coopératif ou bien élevé alors qu'il est en réalité totalement terrorisé.

Tout va bien, « il a compris »
C'est probablement l'une des erreurs d'interprétation les plus importantes. Un chien immobilisé par la peur n'est pas nécessairement en train d'apprendre que ce que nous lui demandons est acceptable.
Il est simplement incapable de mettre en œuvre une autre stratégie à cet instant précis.

Prenons un exemple : Un chien est extrêmement mal à l'aise lorsqu'une personne s'approche de lui. Il baisse la tête. Il se fait petit. Il détourne le regard. Puis il cesse complètement de bouger lorsque la personne le saisit. La personne peut alors penser : « Finalement, il se laisse manipuler. » Mais si le chien est figé par la peur, son absence de réaction ne signifie absolument pas qu'il est à l'aise et qu’il est consentant.

Le figement peut prendre différentes formes.
On peut observer :
• un chien qui reste parfaitement immobile ;
• une posture très basse ;
• une musculature extrêmement tendue ou, au contraire, une apparence de relâchement inhabituel ;
• la queue basse ou plaquée ;
• les oreilles rabattues ;
• un regard fixe ou fuyant ;
• une respiration modifiée ;
• des tremblements ;
• une absence apparente de réaction ;
• une diminution importante de l'exploration ;
• une diminution ou un arrêt de la prise alimentaire ;
• un chien qui semble « absent » ou déconnecté de ce qui l'entoure.

Mais attention : il ne faut pas attendre que le chien soit complètement immobile pour considérer qu'il est en difficulté.
Avant le figement, le chien a souvent déjà envoyé de nombreux messages.
• Il cherche à éviter.
• Il détourne la tête.
• Il ralentit.
• Il se plaque au sol.
• Il tente de s'éloigner.
• Il se cache.
• Il se fige quelques secondes.

Tous ces changements de comportement sont importants à observer.

Chez les chiens récemment adoptés c'est une situation que l'on peut notamment rencontrer lorsqu’ils arrivent dans un environnement totalement nouveau. Imaginez ce que peut représenter, pour un chien qui vient de changer de vie, l'arrivée dans une maison inconnue.
• Nouvelles personnes.
• Nouvelles odeurs.
• Nouveaux bruits.
• Nouvelles règles.
• Nouvelles manipulations.
• Nouveau rythme de vie.
• Parfois d'autres animaux.
• Et surtout… aucun repère connu.

Certains chiens vont explorer immédiatement. D'autres vont se cacher. Certains vont chercher énormément le contact. Et certains vont sembler incroyablement faciles. Ils ne bougent pas. Ils ne protestent pas. Ils se laissent porter. Ils suivent leur humain. Ils restent dans leur panier. Ils ne semblent poser aucun problème.

Mais cette apparente « facilité » peut parfois être une inhibition comportementale liée à un niveau de stress très important.
C'est pourquoi les premiers jours, voire les premières semaines, ne permettent pas toujours de connaître véritablement le fonctionnement émotionnel d'un chien.

Et chez les chiens ayant vécu des traumatismes ?
La situation peut être encore plus complexe. Un chien ayant vécu des expériences répétées de peur, de douleur, de violence ou d'imprévisibilité peut avoir appris que certaines réactions ne lui permettent pas d'échapper à la situation. Dans certains contextes, il peut alors présenter des réponses d'inhibition très importantes. Un chien maltraité peut, par exemple, ne pas se défendre lorsqu'une personne le manipule brutalement.

Et c'est précisément là que notre regard humain peut devenir dangereux. Parce que nous pouvons interpréter : « Il ne réagit pas. » alors qu'il faudrait peut-être comprendre : « Il n'a plus la capacité de réagir. »

Le silence n'est pas forcément l'absence de souffrance. L'immobilité n'est pas forcément l'absence de peur. Et l'absence de comportement agressif n'est certainement pas une preuve que le chien accepte la situation.

Nous avons parfois tendance à valoriser les chiens qui ne bougent pas. Chez le vétérinaire. Chez le toiletteur. Lors d'une manipulation. Lorsqu'un enfant les prend dans ses bras. Lorsqu'un inconnu les caresse. Lorsqu'on leur met un harnais. Lorsqu'on les contraint physiquement. « Il ne dit rien, il est adorable ! »
Mais parfois… il ne dit rien parce qu'il n'arrive plus à dire non autrement.

Alors, que faire ?
La première chose à faire est de ne pas profiter de cette immobilité pour continuer ce qui fait peur au chien. Ne pas se dire : « Puisqu'il ne bouge plus, je peux continuer. » Au contraire. On va chercher à comprendre.

Lorsque les réactions sont importantes, persistantes ou associées à un passé traumatique, un accompagnement professionnel adapté peut être nécessaire, en collaboration avec le vétérinaire lorsque cela est pertinent.

Parce que l'objectif n'est pas simplement d'obtenir un chien qui « ne bouge plus ». L'objectif est d'obtenir un chien qui se sent suffisamment en sécurité pour pouvoir bouger, explorer, communiquer et faire des choix.

🙋‍♀️ Et vous, avez-vous déjà rencontré un chien qui semblait incroyablement calme ou « soumis », avant de découvrir qu'il était en réalité en profonde détresse ?
💬 N'hésitez pas à partager vos expériences en commentaire. Elles peuvent aider d'autres familles à apprendre à mieux observer leur chien.

Laurence ROUX
Educatrice Comportementaliste Canin
www.comportementaliste-canin78.fr

Autrice du livre : Notre chien, ce compagnon qui illumine nos vies 👉 https://www.comportementaliste-canin78.fr/boutique/livre-notre-chien/











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