04/08/2026
on a la chance (pour l'instant) d'être loin des feux mais voilà plein de bons conseils (comme tj avec dendrobate doctor)
Aujourd'hui, c'est dimanche. Vous êtes donc bien sur Radio Brumisateur, je suis le Dendrobate Doctor et nous sommes ensemble pour faire l'état de la recherche sur les conséquences de la canicule parce qu’il fait toujours chaud en maudit.
Si elle disparait, retrouvez la chronique sur le blog (https://www.the-dendrobate-doctor.fr/)
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Bienvenue à tous sur l'Echo des Labos, édition estivale, spécial « sauver les bestioles quand il fait 40C° », partie 3.
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PETITS MAMMIFÈRES (entre la musaraigne et le renard on va dire, globalement, si vous pouvez le tenir dans vos mains ou vos bras… en théorie, hein, allez pas vous faire mordre)
Encore une fois, je vais parler ici des espèces sauvages, si vous avez des mammifères domestiques, chiens, chats, furets, lapins, ce qu’on veut (et que la loi autorise, pour rappel, personne n’est censé avoir de hérisson ou de renard domestique, aussi adorables qu’ils soient), vous êtes censés être abondamment renseignés sur la manière d’en prendre soin.
Les petits mammifères sont généralement des espèces résilientes : la plupart sont omnivores et savent varier les ressources alimentaires quand la sécheresse épuise les ressources, étant endothermes il leur est plus facile de réguler leur température et leur taille modérée fait qu’ils peuvent facilement trouver quelque chose qui serve d’abri contre le soleil et la chaleur. Leur principale difficulté lors des périodes de canicules, encore et toujours, va être l’accès à l’eau. Egalement, selon la période, ils peuvent avoir du mal à s’alimenter assez pour nourrir leurs petits, car en tant que mammifères, et contrairement aux oiseaux, ils ne peuvent pas se priver pour nourrir leurs jeunes : l’allaitement impose que la mère soit assez nourrie pour produire le lait nécessaire aux nouveaux-nés.
Ce que vous pouvez faire : encore et toujours, installez des gamelles d’eau au sol, près des endroits où les plus fragiles (musaraignes, campagnols etc.) pourront rapidement se mettre à l’abri si le point d’eau a attiré autre chose (chat haret, fouine, renard etc.). Normalement, il est important de ne pas nourrir aux croquettes les hérissons, renards et autres blaireaux lors de la période de reproduction et de l’été en général, car les portées sont alors plus grandes que ce que l’environnement peut soutenir. Mais en vrai, au stade où en est, je ne suis pas sûre qu’il reste quoi que ce soit de normal, donc en vrai allez-y, installez des points de nourrissages (fixes : même endroit, mêmes heures) avec des croquettes (pour chien, si vous suspectez la présence de renards et autres de taille similaire, pour chat, si elles doivent être adaptées à des plus petites bouches comme les hérissons). Enfin, souvenez-vous que tout bassin, piscine, pédiluve, ce que vous voulez tant qu’il y a de l’eau dedans, va devenir un objet de convoitise pour la faune assoiffée, mais aussi un piège mortel si par malheur l’un de ses membres tombe dedans. Si vous ne l’avez pas déjà fait lors des épisodes précédents, installez des rampes anti-noyade, en ayant à l’idée qu’on parle ici d’animaux plus lourds que les précédents (en particulier pour les renards) ou moins habiles (typiquement les hérissons), donc soyez ceintures et bretelles : rampe, bâche, volets, échelle, marches, multipliez les dispositifs. Si votre piscine est installée en dur, le mieux est encore d’investir dans une alarme anti-immersion, pour eux, mais aussi pour vous : eux-même petits mammifères, chaque année en France, entre 200 et 300 petits Homo sapiens meurent par noyade dans les piscines privées.
Option cellule de crise : vous avez trouvé un petit mammifère en détresse. Il va falloir agir différemment selon si c’est un bébé ou un adulte, comme pour les oiseaux, mais surtout selon le type de problème (gardez bien en tête qu’on parle là des PETITS mammifères, les choses sont encore différentes pour les grands, qu’on verra une autre fois). Donc, quel est son problème ?
1- « J’ai pas eu le temps de suivre le tuto sur la rampe anti-noyade et je viens de le trouver au fond de la piscine » : Adulte ou juvénile, c’est pareil, sortez-le immédiatement, en particulier s’il est au fond de l’eau (ceci indique que la noyade peut être toute récente, et qu’il est encore possible de faire quelque chose). Commencez par le saisir par les pattes arrières et le balancer doucement la tête en bas afin d’évacuer l’eau des poumons. Si la manœuvre est impossible parce que le corps est raide, c’est qu’il est hélas trop t**d pour tenter une réanimation. Si en revanche vous arrivez à évacuer de l’eau, mais que pour autant l’animal ne respire pas, il faut alors le coucher, étirer le cou et pratiquer le « bouche à truffe » (entourez le museau de vos mains, collez votre bouche à l’ouverture faite par vos mains et soufflez) en insufflant doucement mais en continu (et plus ou moins longtemps selon si vous réanimez un blaireau ou un hamster). Si la poitrine ne se soulève pas du tout, retentez de vider les poumons. Si elle se soulève et que la respiration reprend, n’insistez pas plus et essayez simplement de sécher et frictionner l’animal avec des linges (et éloignez-vous dès qu’il montre des signes de réveil). Si elle se soulève mais que la respiration ne reprend pas, le cœur est probablement à l’arrêt. En ce cas, il faut coucher l’animal sur le côté droit (la majorité des espèces ont le cœur à gauche comme nous), et masser avec les deux mains, une seule main ou deux doigts selon la taille (je vous mets ici une vidéo réalisée par une véto pour les chiens, mais la technique est globalement identique https://www.dailymotion.com/video/x8pi9ub). Toutefois, sachez que, comme chez les humains, un arrêt cardiaque découvert plus de 6 minutes après qu’il ait eu lieu est presque impossible à rattraper et que, passé 10 minutes de tentatives, il n’y a plus rien que vous puissiez faire pour l’animal, il ne reviendra pas...
2- « Je l’ai trouvé prostré au bord de la route/blessé dans mon jardin/dans le parc avec du sang sur le museau » : Adulte ou juvénile, il s’agit d’un cas urgent qui nécessite l’intervention de spécialistes de la faune sauvage. Toutefois, si personne ne peut ou ne veut intervenir, alors il faut étudier deux options. Si l’animal est agité, il vous faut malheureusement rester à distance : oui, vous voulez l’aider, mais de son point de vue, votre action est incompréhensible, il ne peut pas comprendre que vous lui venez en aide et il tentera par tous les moyens de se défendre de ce qu’il croit être un prédateur profitant de sa blessure. Si possible, utilisez votre présence ou des objets pour le guider vers un endroit calme, où il pourra se reposer, mais ne vous mettez en aucun cas en danger (et en cas de morsure, rendez vous immédiatement à l’hôpital pour recevoir des injections contre la rage). Si en revanche l’animal est calme, voire prostré, vous pouvez essayer de le faire rentrer dans une cage de transport (ou une boite à chaussure, selon la taille), avant de contacter à nouveau des refuges de la faune sauvage, qui parfois sont trop chargés pour se déplacer mais peuvent trouver une place quand même. Si tout cela est infructueux, et que vous vous sentez l’âme d’un gardien de la forêt option Internet Haut-Débit (c’est fou tout ce qu’on trouve comme infos sur les forums de passionnés), sachez qu’il possible de contacter le service de votre département de l’Office National des Forêts pour demander une tolérance provisoire à la détention ou le transport d’animaux protégés (comme les hérissons). Expliquez bien toutes les démarches infructueuses effectuées auparavant, et que votre initiative a pour but d’essayer de le sauver pour le rendre à la vie sauvage. Je ne sais pas à quel point ils accordent ce type d’autorisation, mais je pense qu’ils vont être amenés à s’assouplir sur ces questions à l’avenir...
3- « Il me semble sonné, en état de choc ou déshydraté » : Placez-le dans un endroit sécurisé d’où il pourra s’échapper lorsqu’il aura repris ses esprits, et à proximité d’une forêt, un champ, un jardin, quoi que ce soit qui ne soit pas une route ou une ville. Proposez une coupelle d’eau mais ne le faites pas boire vous-même, hormis s’il est vraiment amorphe. Auquel cas, essayez de proposer un biberon pour rongeur ou d’insérer une pipette aux coins de la gu**le et de pousser tout doucement. S’il ne répond pas et semble « s’enfoncer » ou si c’est un juvénile, retour au cas 2.
4- « En vrai, il a pas l’air mal, mais il est seul (ou ils sont seuls) et il est tout petit quoi » : ici, bas les pattes, car contrairement aux oiseaux, les mammifères reconnaissent leurs petits majoritairement à l’odeur, et il est important de ne pas les toucher. S’ils ont l’air en bonne santé et que vous les avez découverts par hasard (genre terrier de lapins en soulevant un tas d’herbes), remettez tout comme vous l’avez trouvé en touchant le moins possible avec vos doigts, il n’y a aucune raison que la mère ne revienne pas dès que vous aurez le dos tourné. S’ils ont l’air en bonne santé, mais ne sont absolument pas à un endroit normal (genre un bébé belette se traîne péniblement sur votre terrasse, ou Mr Moustache a installé dans son panier un bébé lapin miraculeusement indemne, quoique peut-être un peu traumatisé), ça va être plus délicat. Vous pouvez tenter de l’installer dehors, dans un endroit sécurisé et qui ne sente pas trop l’humain, et voir si la mère revient le chercher (mais cette technique exige la surveillance de l’aigle et les réflexes du serpent pour qu’il ne soit victime d’aucun des deux). Si elle ne revient pas, ou si le petit semble faible, malade ou blessé, retour à l’étape 2
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BONUS DE L’APOCALYPSE : quoi faire quand tout crame en plus ?
Les animaux ont naturellement peur du feu, et tenteront de s’enfuir. Tous n’y parviendront pas. Certains ont des petits au terrier, et refuseront de partir, vous ne pouvez rien pour eux. Mais il est possible de venir en aide aux autres.
Si vous habitez une région sinistrée, tout d’abord, je suis désolée pour vous, et j’espère que toute votre famille et vous-même êtes en sécurité. Ensuite, si vous devez évacuer et que vous avez le temps, essayez d’abattre les clôtures, couper les grillages ou laisser les portillons ouverts. Ca ne vous rendra pas plus vulnérables au pillage, cette partie de notre espèce est née avant la honte et rien ne la fait reculer. En revanche ça permettra à ceux qui fuient les forêts en flammes de ne pas se retrouver derrière un obstacle que seuls les plus grands ou les plus forts peuvent franchir (pour tout ce qu’ils peuvent générer de dégâts, il est possible en ce moment que beaucoup d’habitants de la forêt doivent leur survie aux sangliers qui s’enfuient devant eux…).
Si vous êtes voisins des sinistrés, ou simplement très motivés, et que vous avez des moyens d’aider (vous êtes vétérinaires, ASV, secouristes formés premiers soins animaliers, vous avez un grand van, vous avez plein de cages, vous savez attraper un cheval paniqué à une main en faisant le poirier, que sais-je), proposez-vous auprès des associations sur place qui agissent pour venir secourir les animaux domestiques restés dans les maisons évacuées (on ne juge pas, vous connaissez pas la vie des gens, ça se trouve ils sont partis au boulot et quand ils ont voulu revenir la ville était interdite d’accès, on en sait rien) ou les animaux sauvages retrouvés blessés sur le bord des routes, comme la Brigade de Secours de la Faune Sauvage.
Si vous êtes rien de tout ça, mais que vous voulez aider, contactez les refuges faune sauvage locaux et demandez-leur de quoi ils ont besoin : nourriture, couvertures, brosses à mascara (oui, c’est comme ça qu’on fait les soins aux chauve-souris), bandages, litières, médicaments, c’est gens-là sont sur tous les fronts et ils manquent de tout, il y a forcément quelque chose qui tombera dans vos cordes.
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En espérant avoir pu apporter un peu de lumière dans le chaos ambiant, je rends l'antenne, et on y retourne la semaine prochaine, en espérant que les feux soient éteints, et que ceux qui prendront immanquablement leur relai arrivent le plus t**d possible. En attendant, prenez soin de vous, des bestioles en tout genre qui ont chaud, et des chercheurs qui bossent dur, et, aimez la science, la vraie, et ceux qui la font. Bisous.