05/05/2025
Il est fréquent d'entendre, même parmi les professionnels du chien, que le Husky ou l'Akita Inu seraient des chiens dits "primitifs". Or, cette généralisation soulève plusieurs problèmes, autant sur le plan théorique que pratique.
Tout d’abord, rappelons que le terme "primitif" n’est pas un qualificatif officiel dans la nomenclature de la FCI (Fédération Cynologique Internationale). Puisque dans la nomenclature on parle de "type primitif" ou "type primitif de chasse". Juste primitif est un terme d’usage, souvent utilisé pour désigner des chiens dont les comportements ou les traits morphologiques semblent plus proches du loup, ou qui auraient été peu modifiés par la sélection humaine moderne. Mais attention : tous les chiens du Groupe 5 FCI (Chiens de type Spitz et de type primitif) ne sont pas des « primitifs » au sens comportemental du terme. Ni physique d'ailleurs.
Le problème, c’est que ce mot, comme celui de "dominant" dans d’autres contextes, est devenu au fil du temps un fourre-tout, vidé de sa précision, mais chargé de projections. Il regroupe à tort des chiens aux histoires, aux fonctions et aux comportements très différents, ce qui peut induire en erreur aussi bien les professionnels que les adoptants.
Prenons l’exemple du Husky sibérien : il est classé parmi les chiens nordiques de traîneau. Il a été sélectionné pendant des générations pour coopérer avec l’humain dans un but précis : tirer des charges sur de longues distances dans des conditions extrêmes. Il s’agit donc d’un chien certes rustique et indépendant, mais qui a toujours évolué en interaction étroite avec les humains.
De son côté, l’Akita Inu, classé parmi les spitz asiatiques, a également été façonné par des siècles de sélection humaine, notamment pour la garde et la compagnie. Là encore, on est loin d’un chien véritablement "primitif" dans le sens où il aurait conservé un mode de vie ou des comportements proches de ceux d’un canidé sauvage.
À l’inverse, certains chiens que l’on qualifie de primitifs, comme le Chien de Canaan ou le Basenji, ont longtemps survécu dans des contextes semi-sauvages, avec une sélection naturelle et humaine limitée. Leur relation à l’humain, leur réactivité, leur propension à la coopération ou à la réserve sont profondément différentes de celles de races sélectionnées pour la compagnie ou le travail intensif.
Pourquoi est-ce important ? Parce que la manière dont nous nommons les chiens influence directement notre manière de les comprendre, de les éduquer, et d’en parler aux adoptants. Confondre un Husky avec un chien primitif, c’est risquer de projeter sur lui des attentes ou des méthodes inadaptées. C’est aussi risquer de renforcer des mythes ou des clichés qui desservent à la fois le chien et l’humain.
Il ne s’agit pas ici de jouer aux puristes, mais plutôt d’encourager chacun à poser un regard plus nuancé, plus rigoureux, sur les catégories que nous utilisons. Comprendre les origines, les fonctions et les sélections de chaque race, c’est affiner notre regard professionnel, adapter nos méthodes et, surtout, mieux respecter la nature propre de chaque chien.
Texte écrit par Hélène Froudière 😊