17/12/2017
L’abeille saharienne. par le Frère ADAM, O.S.B.
de l’Abbaye St Mary de Buckfast, Angleterre
Traduction et adaptation française
par Georges LEDENT
Uccle, Belgique
La pure sahariensis n’est pas jaune, la couleur pourrait le mieux être dite fauve clair. Mais il y a une gamme de variations fort étendue, et la couleur s’étend de façon diversifiée aux segments dorsaux. En raison de la teinte foncée et des fortes différences dans le marquage, la Saharienne attire bien moins que les races à couleurs plus éclatantes. Par la taille, cette abeille se place à mi-chemin entre la ligustica et la syriaca. Les reines aussi diffèrent de l’une à l’autre par la couleur allant du jaune clair au brun foncé, bien que jamais noire. Les faux-bourdons sont remarquablement uniformes et ont deux segments nettement colorés bronzé.
J’ai trouvé les reines pures modérément prolifiques. Les abeilles sont relativement douces, bien que plutôt nerveuses, en particulier en période de sécheresse. Quand on ouvre une ruche, elles courent de-ci de-là, exactement comme le font les guêpes dont on dérange le nid. Elles prennent aussi l’air en grand nombre mais sans témoigner d’agressivité. Et lors des examens, elles tombent aussi facilement du rayon. Je ne connais pas d’abeille tenant aussi mal le cadre. A ce point de vue, l’abeille italienne se place à l’autre extrême : il faut la forcer pour la faire lâcher. Une autre caractéristique de la sahariensis est son vol rapide à partir de l’entrée de la colonie. Il n’y a pas la moindre flânerie quelconque, et Baldensperger, je crois, l’avait déjà noté. Il y a tendance à propoliser, mais sans excès. Les sahariensis pures ont souffert de lourdes pertes à Buckfast durant l’hiver rigoureux de 1962-63, mais les colonies ont survécu en bon état d’une façon surprenante et en restant fortes. Celles ayant des reines métissées au premier degré hivernèrent magnifiquement à tous points de vue.
Un métissage au premier degré de reines sahariennes avec nos faux-bourdons s’est révélée éminemment prolifique — en fait l’hybridation la plus prolifique jamais réalisée jusqu’ici à nos ruchers. En outre, le couvain est magnifiquement compact et — chose particulièrement remarquable dans une première hybridation — peu ou prou d’élevage de mâles. Cette caractéristique s’est manifestée dans toutes les colonies pourvues d’une reine de première hybridation de ce type. Je considère ce fait comme une qualité désirable au plus haut point, étant donné que la plupart des métis ont tendance à élever des mâles à l’excès, et certains croisements endommagent invariablement un jeu de rayons ou de cires gaufrées dans une mesure telle que leur utilisation ultérieure devient antiéconomique. Bien que la sahariensis pure ait la réputation d’être encline à l’essaimage, je n’ai pas constaté qu’il en aille de même pour de premiers métis. Il est prématuré de donner un avis sur la capacité de rendement en nectar récolté et sur le butinage en général de ces hybrides, vu que l’été 1962 fut un fiasco complet dans le sud-ouest Devon. De fait ce fut la pire saison de mes quarante-neuf ans d’apiculture. Je dirai cependant ceci : l’abeille saharienne, croisée convenablement, a de grandes possibilités. Par contre la pure sahariensis a peu de chances de se révéler de quelque valeur à l’apiculteur. On revendique pour cette race nombre de qualités, comme la langue qui est exceptionnellement longue, sa puissance de vol qui est supérieure et aussi sa capacité comme butineuse. Du côté langue on sera fixé dès que l’on sera en possession de données biométriques précises. La sahariensis est sans aucun doute une abeille exceptionnellement active, mais je ne pourrais dire si son aire de vol est aussi vaste que ce qui a été supposé. Des preuves pourraient être fournies plus t**d à l’appui, sur des bases auxquelles on pourrait se fier. Compte tenu du milieu dans son habitat natal, les suppositions qui ont cours auraient des chances de se révéler correctes.