Canisca

Canisca - Diplôme "Educateur canin" chez AoA Genève
- Diplôme "Educateur canin, rééducation et comportement"

17/05/2026

LA SOMMATION DE STIMULI ou SURCHARGE ÉMOTIONNELLE

Dans de nombreux cas où l’on pensera du chien qu’il est « imprévisible », sa réaction ne sera pas liée à un seul élément déclencheur, mais à ce qu’on appelle une « sommation de stimuli » : une accumulation de facteurs environnementaux et internes qui, combinés, dépassent son seuil de tolérance émotionnelle.

La sommation de stimuli désigne le fait que plusieurs éléments, chacun peu ou pas inquiétant pris isolément, s’additionnent pour déclencher une réaction émotionnelle forte (peur, fuite, agressivité…). Autrement dit, ce n’est pas un seul "stresseur" qui provoque la réaction soit-disant « disproportionnée » mais l’accumulation de plusieurs d’entre eux.

Le cerveau du chien (comme le nôtre) évalue en permanence son environnement. Chaque stimulus (bruit, mouvement, odeur, lumière, tension dans le corps des autres…) reçoit une “valeur émotionnelle”.
- Un seul stimulus léger = réaction faible ou inexistante
- Plusieurs stimuli combinés = addition des charges émotionnelles
- Trop de charge = dépassement du seuil = réaction (fuite, attaque, inhibition).

C’est l’image limpide de la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Par exemple, un chien pourra sembler « imprévisible » pour la personne qui l’accompagne.
S’il voit un humain, il ne réagit pas.
S’il croise une voiture, il ne réagit pas.
Si un bruit de claquement de portière ou d’éternuement vient s’ajouter = le chien s’élance vers l’humain, alors que le même bruit isolé ne provoquera aucun émoi chez lui.

Ce chien n'est pas incohérent. Nous sommes ici face à un cas de surcharge du système nerveux. Mais pour la personne qui vit avec lui, ce n’est pas toujours évident de faire la part des choses.

Pourquoi ?

Les déclencheurs sont parfois très subtils (odeurs, micro-gestes, simple regard, lumière…) ou variables selon les contextes (fatigue, douleur, vent…). Le chien les perçoit quand même. En plus, l’effet cumulatif augmente avec le temps. La sommation ne se fait pas seulement dans l’instant, mais aussi dans la durée (stress le matin, stimulation en promenade, frustration dans la journée…). Le niveau de base monte progressivement, le stress s’accumule.

C’est la raison pour laquelle la mise à l’apaisement complet est si conseillée et tellement importante avant de démarrer tout coaching environnemental. Le repos total agit comme un « reset » qui met un coup d’arrêt au mode survie dans lequel le chien se trouve régulièrement.

Biologiquement, les hyper-réactions (impulsives, explosives, dangereuses) impliquent l’activation du système de stress et la libération massive du cortisol, ce qui diminue les capacités d’analyse et d’apprentissage. Il faut tout stopper avant de pouvoir entreprendre quoi que ce soit.

Bien comprendre ce phénomène permet de cesser de se fatiguer à rechercher un déclencheur unique dans l’environnement, d’analyser l’ensemble du contexte via une étude approfondie, d’agir en prévention, de travailler sous le seuil d’exposition, et non après explosion.

C’est la clé majeure de la réussite.

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Son sujet sera dévoilé dans les semaines à venir, restez connectés !

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17/05/2026
09/05/2026

IGNORONS LES CHIOTS

Appeler un chiot que vous ne connaissez pas alors qu’il est en promenade avec son gardien n’est pas un comportement très sympathique ;-)

Un chiot qui vient vers vous ne le fait pas parce qu’il vous trouve particulièrement attirant, ou parce que vous avez sur vous des odeurs qui l’attirent, ou parce que vous avez « un feeling » particulier avec les chiens…

Le chiot va vers tout le monde et donc, vers n’importe qui.

Pour le protéger et l’éduquer, la personne qui s’occupe de lui est en train de lui apprendre à rester avec elle, de construire la connexion avec lui dans l’environnement naturel, ou de se promener tranquillement sans aucune envie d’interaction extérieure.

C’est son droit.

Appeler son chiot ou l’attirer vers vous n’est pas respectueux.
Vous lui compliquez la tâche.
Vous mettez son chiot en danger car il risque de vouloir reproduire la situation.
Et vous fâcher parce qu’elle vous répond « non, je ne préfère pas » après lui avoir demandé l’autorisation de le caresser, est incompréhensible.

Si vous ne comprenez pas qu’une personne n’ait pas envie que son chiot soit touché ou appelé par des gens qu’elle ne connaît pas, demandez-vous simplement comment vous réagiriez si un humain inconnu appelait votre enfant de deux ans ou lui caressait la tête quand il passe à côté de vous.

C’est la même chose.

Les chiots ont besoins d’apprendre à rester avec leurs gardiens pour leur sécurité et leur éducation.
Si vous aimez vraiment les chiots, faites preuve de distance avec eux.
Observez-les si vous le souhaitez mais ne les appelez pas et ne les touchez pas sans autorisation.

VOUS AIMEZ LES CHIOTS ?
MONTREZ-LE EN RESPECTANT LEUR APPRENTISSAGE EN COURS... ❤

🙂 La sortie du troisième livre d'Audrey Ventura est annoncée pour juin 2026 ! Préparez votre lecture de vacances ! 🙂

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09/05/2026

Les clichés ont la vie dure, alors on en parle un peu 😁

La queue du stress, celle qui rentre sous le ventre et se plaque mais aussi celle qui bat rapidement en bas ou en hauteur ....

Le petit coup de langue qui dit stop aretté de me toucher je ne suis pas à l'aise , maître petit coup de langue qui n'est qu'une prise d'odeur et non un "je t'aime " t'elle que nous pourrons le penser .

La marche au pied à l'initiative du chien lui même , chien non conditionné dans cet ordre , indiquera potentiellement un mal-aise et non un attachement super fort qui dit tout va bien.

De petits signes qui peuvent être trompeurs et c'est normal, quand on n'a pas appris on ne peut pas savoir ☺️

N'hésitez pas si vous aviez besoin d'aide pour lire le comportement de votre chien à me demander conseil .

Christel - Le chien simplement
Comportementaliste canin éthique
Spécialisée chiens roumains et d'ailleurs
0609381674
[email protected]

03/05/2026

“Et si l’agressivité entre mâles entiers n’était pas HORMONALE mais FABRIQUÉE ?”

Les chiens mâles domestiques entiers subissent une pression sociale qui n'est pas observée chez les femelles intactes. Cette pression du "il doit bien s'entendre avec tous les mâles entiers" n’est pas des plus naturelles. Elle provoque souvent l'instrumentalisation des comportements agressifs chez les mâles intacts en raison de la répétition artificielle des contextes de tension provoqués par les rencontres.

L’INTERVENTIONNISME HUMAIN ET SES CONSÉQUENCES

Les conflits entre mâles entiers ne sont pas “anormaux”. Chez de nombreuses espèces sociales (dont les canidés), les interactions entre mâles sont plus compétitives (accès aux ressources, reproduction…). Chez le chien domestique mâle entier, on observe plus de consultations pour agressivité que chez les femelles.

Normalement, ces conflits sont censés être rares et se réguler naturellement. En effet, dans des conditions de libre-arbitre, les chiens mâles entiers évitent activement les conflits par la distance sociale. Leurs interactions passent par des rituels de communication et l’escalade vers la bagarre, quand elle survient, est courte et auto-limitée. Ici l’agression est un outil ponctuel et nécessaire de régulation en cas de compétition, pas un état chronique.

Mais le contexte domestique change tout. La vie avec l’humain impose des rencontres répétées entre individus non familiers, beaucoup de promiscuité, la contrainte de la laisse avec impossibilité de fuite, et des interventions humaines à répétition (intervention, interruption, anxiété, etc.). Ces facteurs sont connus pour augmenter la tension entre deux mâles non familiers, perturber fortement leurs codes sociaux et favoriser l’escalade d’un conflit qui souvent, ne trouvera pas de phase d’apaisement.

L’humain crée sans le savoir des situations “artificielles” où des mâles entiers sont mis en confrontation de façon répétée dans leur quotidien, sans possibilité d’évitement. C’est ce que j’appelle la “répétition artificielle des contextes de tension” — une formulation qui correspond à l’idée scientifique de sensibilisation comportementale.

COMPRENDRE LA NOTION D’INSTRUMENTALISATION

On parle d’instrumentalisation de l’agression quand un comportement agressif devient appris et renforcé par le contexte. Si l’agression permet, de manière répétée, d’obtenir un résultat satisfaisant pour le mâle entier (distance, contrôle, décharge du stress subi…), il peut apprendre à utiliser l’agression comme seule stratégie face à un autre mâle entier. C’est en général ce qui arrive lorsqu’on nous présente un chien dont on nous dit qu’il est sociable, sauf avec les mâles entiers. Ici, l’agressivité est devenue une stratégie amplifiée par la répétition des situations créées par l’humain. On constatera que ces mâles entiers se montrent beaucoup plus détendus avec les autres chiens. Ils ne dégagent en effet pas les mêmes phéromones, n’ont pas les mêmes conduites lors des croisements. Le mâle entier sensibilisé aux autres mâles entiers les sent de très loin. Il anticipe, se tend et se montre près à en découdre sans raison particulière, alors même que l’autre ne l’a peut-être même pas regardé.

La recherche démontre que la testostérone est associée à une augmentation de la réactivité et des comportements de compétition. Mais attention, cette hormone n’est ni nécessaire ni suffisante pour produire de l’agression et la justifier. D’ailleurs, il est noté que la castration ne supprime pas l’agressivité instrumentalisé. Il faudrait pour cela que l’ablation des gonades efface en même temps la mémoire du chien. N’oublions pas que certaines agressions chez les mâles entiers sont aussi liées à la peur, la frustration, l’apprentissage, le stress. Aucune chirurgie ne peut intervenir sur ces difficultés. Seule la gestion environnementale le peut. En somme, en neurobiologie, la testostérone module la probabilité d’un comportement mais ne le déclenche pas sans contexte. Elle agit comme un amplificateur, pas comme une cause directe. Et c’est ici que la notion d’instrumentalisation prend tout son sens.

Les travaux de Robert Sapolsky sur les primates démontrent que la testostérone n’induit pas l’agression en soi, qu’elle renforce les comportements socialement pertinents dans un contexte donné et qu’elle augmente surtout la sensibilité aux provocations. Il explique que la testostérone ne crée pas l’agression, mais qu’elle facilite les comportements qui permettent de maintenir ou d’acquérir un statut.

Si l’on transpose au chien entier, placé dans un environnement où les rencontres sont fréquentes, les tensions répétées et les codes sociaux perturbés par l’intervention humaine, la testostérone va accentuer une stratégie agressive déjà activée. L’agressivité entre mâles entiers chez le chien domestique n’est donc pas simplement hormonale, elle émerge d’une interaction entre un terrain biologique (sexe, maturité, hormones) et un environnement social artificiel, contraint et inadéquat.

La répétition de ces situations conflictuelles favorisera l’apprentissage, stabilisera des réponses agressives et pourra transformer un comportement ponctuel en une stratégie instrumentalisée. Sapolsky écrit : « It's the aggressive behavior driving the testosterone not the other way around » : C’est le comportement agressif qui induit la testostérone, et non l’inverse. Il met le doigt sur le fait que la testostérone n’est pas une cause directe de l’agressivité mais un modulateur qui amplifie des dynamiques sociales déjà présentes.

Audrey Ventura /

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02/05/2026

🐾 QUAND Y EN A MARRE... 🐾

Lors de mes années de bénévolat en association de protection animale, j’ai fait avec tristesse le constat suivant : le nombre de chiens abandonnés pour cause de morsure est sans cesse croissant. Dans certains cas auxquels j’ai été confrontée, le fait pour le propriétaire de se séparer de son animal était justifié, non pas que le chien méritait l’abandon, mais parce que le risque que la situation d’agression se reproduise était réel (environnement non adapté, chien mal familiarisé aux enfants, chien de taille conséquente faisant de la protection de ressources +++, par exemple). Dans la plupart des cas cependant, la morsure avait été causée par le manque de vigilance (le « j’menfoutisme » total, même) des parents dans le cas d’agression sur enfants, le manque d’empathie aberrant de certains propriétaires (« Mon chien s’en prend toujours une dans la tronche s’il me grogne dessus quand j’approche de sa gamelle, ça permet de lui montrer qui est le chef -oh le con, il vient de me mordre sans prévenir ! »), l’obstination de certains à penser que les chiens ont envie d’être caressés à tout bout de champ, dans n’importe quelle situation, sans prêter attention à leur langage corporel qui leur hurle « S’il te plaît, laisse-moi un peu tranquille »...

Je me permets donc ce petit rappel qui me semble indispensable à l’heure où la science ne nous en a jamais appris autant sur le comportement animal, et où l’on n’a pourtant jamais autant abandonné (ou pire, tué !) pour cause de morsure :

- La méchanceté, le vice, la préméditation, la vengeance sont inexistants chez les animaux. Un chien qui mord répond à une émotion désagréable (la peur ou la colère, par exemple), il réagit à une stimulation négative à un instant T. C’est tout. Ne lui prêtez pas d’émotions humaines, c’est un chien, il ne vaut pas moins, pas mieux que nous, c’est juste une espèce totalement différente de la nôtre.

- On ne laisse JAMAIS un enfant de moins de 10 ans seul avec un chien. La plupart des propriétaires attendent de leur chien qu’il respecte les enfants, mais ces derniers ont le droit de tout faire subir au chien : NON. Un chien, pour être équilibré, a besoin qu’on respecte un minimum son espace vital, et certains plus que d’autres. De même, la caresse n’a pas toujours une valeur positive pour le chien : si le vôtre n’aime pas cela, ne le forcez pas, même si cela vous frustre. Il y a mille autres choses à partager avec un chien que les caresses.

- On n’importune pas un chien qui mange ou un chien qui dort ! J’en ai franchement ras-la-casquette d’entendre une personne sur deux me dire : « Mais il faut bien qu’il apprenne qu’on a le droit de toucher à sa gamelle sans nous faire mordre les mains... ». Alors d’une, les occasions que vous aurez de reprendre sa gamelle à votre chien pour une raison valable au cours de sa vie se compteront sur les doigts d’une main ; et de deux, si l’on m’enlève mon assiette une fois, deux fois pendant que je mange, à la troisième je plante ma fourchette dans la main de l’imprudent ! Pour un chien, c’est pareil, amusez-vous à lui enlever sa gamelle tous les jours, vous tiendrez la meilleure recette pour lui apprendre à la défendre bec et ongles. Si vraiment vous y tenez, faites-le intelligemment : mettez-lui un morceau de jambon dans sa gamelle, vous verrez qu’il associera bientôt votre main à quelque chose de super cool !

- Un chien qui grogne ne doit pas être sanctionné : essayez de comprendre ce qui le met dans cet état. Il est forcément mal à l’aise. L’urgence est de le soustraire à cette situation qui l’embarrasse. Malheureusement, il y a encore les irréductibles : « Moi, s’il me grogne dessus, il s’en souviendra toute sa vie », mais eux, ça ne vaut même pas la peine de gaspiller sa salive pour essayer de les convaincre de quoi que ce soit. Il faut juste espérer que leur chien n’en viendra pas à les mordre, puisqu’on lui aura toujours interdit de prévenir. Parce que dans ces cas-là, c’est toujours le chien qui finit par trinquer.

- Un chien qui grogne ou mord n’essaie pas de vous dominer : je ne m’étendrai pas sur ce point, mais j’espère juste un jour ne plus entendre prononcer le mot « dominant » à tout bout de champ dès qu’un chien a le malheur de s’exprimer un peu.

- N’attendez pas avant de faire venir un professionnel du comportement à votre domicile si le comportement de votre chien vous inquiète : ce n’est peut-être qu’un problème mineur, un simple souci de compréhension inter-espèces, et un bon comportementaliste saura vous donner la direction à suivre pour éviter tout drame. Soyez bien attentif à la personne que vous choisirez : si le comportementaliste vous conseille de sanctionner le chien, fuyez. Régler un problème d’agressivité par la violence, c’est comme mettre un pansement sur une plaie infectée : à court terme, ça fait propre, mais à long terme, ça empire.

Les chiens n’ont pas besoin de paroles pour se faire comprendre, je vous l’assure. Apprenez à les observer. Apprenez à identifier leurs signaux de bien-être, de peur, de malaise. Vous verrez qu’ils ont un vocabulaire aussi riche qu’un Larousse tout entier. Je n’ai jamais compris l’expression « Il ne lui manque que la parole ». Les chiens parlent déjà, et leurs paroles sont pleines d’une infinie sagesse.

Elsa Weiss / Cynopolis Formations
© Tous droits réservés - 2021
🐕 Texte garanti sans IA 🐩

23/04/2026

COURBETTE D’INVITATION AU JEU
VERSUS
COURBETTE DE GESTION DE L’ESPACE

Les deux postures se ressemblent et sont toujours confondues. Or, les chiens qui les adoptent n’ont pas du tout la même intention.
L’amalgame est une cause régulière d’agression lors des rencontres : « Les chiens jouaient et d’un seul coup, sans raison, ils se sont battus ».

Deux chiens ne se battent jamais pour rien, et en réalité, ils ne jouaient pas.

Voici quelques éléments objectifs, observables et distinctifs qui vous permettront j'espère de ne plus mélanger des communications qui s’opposent autant.

LA POSTURE DE COURBETTE D’INVITATION AU JEU
- Avant du corps abaissé (le poitrail du chien touche le sol).
- Arrière-train bien relevé (le corps du chien forme une belle courbe).
- Posture maintenue et corps détendu.
- Queue souple et haute, avec un fouet lent et équilibré gauche/droite.
- Pattes avant parfaitement parallèles.
- Regard apaisé sur un chien « souriant », pas de détournement d’yeux.
Ici, le chien invite un humain ou un chien bien connu (déterminant) à jouer avec lui. Il lui indique par cette posture que tout ce qui suivra sera fait « pour du semblant » et qu’il ne doit pas s’en inquiéter. Sur la photo, Olga invite la personne qui la photographie à lui « voler » son bâton pour engager un jeu compétitif avec elle.

LA POSTURE DE COURBETTE DE GESTION DE L’ESPACE
- Avant du corps légèrement abaissé mais le poitrail ne touche pas le sol.
- Arrière-train relevé mais beaucoup moins. La courbe du dos est moins nette.
- Posture non maintenue car le chien n'a aucune envie de rester statique. Il fait des petits sauts à gauche et à droite pour s’extirper de la zone d’inconfort et/ou des charges sur le sol avec ses pattes avant pour faire reculer le chien envahissant.
- Queue agitée, les mouvements sont déséquilibrés gauche-droite et moins souples.
- Pattes avant en oblique ouvert. Cette position vise à faire comprendre au chien ou à l’humain qu’il ne doit pas avancer ou passer. Plus les pattes avant sont en oblique, plus le chien veut protéger son espace ou contrôler les déplacement de l’autre.
- Regards détournés et/ou clignements d’yeux sur un visage tiré.
Ici, le chien va communiquer son besoin d’espace dans une situation de tension ou d’excitation excessive qui l’amène à devoir contrôler les déplacements de l’autre (ex : le chien rencontré se montre très agité ou invasif ou un humain se montre irrespectueux). Il ne joue pas du tout, il communique. S’il n’est pas écouté et que la gêne persiste, la tension peut monter et l’échange peut dégénérer. Par sa courbette, Arizona indique à ce chien qu'elle ne connaît pas « je ne veux plus que tu avances vers moi ».

NUANCE À GARDER EN TÊTE...
Si deux chiens qui se connaissent bien (c’est un facteur déterminant) veulent jouer à contrôler leurs déplacements mutuels (comme un enfant jouerait à empêcher son copain de passer), ils adopteront des postures de gestion de l’espace « pour du semblant » à la suite d’une courbette d’invitation au jeu qui a annoncé « c’est pour du jeu ». Il s’agira alors d’un jeu de contrôle consenti par les deux.

Comment le savoir ?

Tout simplement : Deux chiens qui se rencontrent pour la première fois ne joueront jamais à ça, comme un enfant ne jouera jamais à la bagarre avec un autre enfant qu'il vient tout juste de rencontrer.
Les postures de courbette de gestion de l’espace et les comportements de charges vers l’avant ou de petits sauts latéraux, aussi "mignons" soient-ils, doivent être pris pour ce qu’ils sont : une demande visant à éviter un conflit.
Si le chien rencontré écoute, pas de problème : l’interaction s’arrêtera d’elle-même et les deux chiens pourront même se balader ensemble puisque les règles de distance et d’espace personnel auront été établies et comprises par les deux.
Si le chien rencontré n’écoute pas, s’il insiste pour se déplacer autour du chien qui demande que son espace soit respecté, il faut intervenir et demander à son gardien de le rappeler.

Audrey Ventura / Cynoconsult
Merci à Christelle et Olga et à Laurence et Arizona pour leurs photos 😉
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Photos : Merci à Christelle et Olga et Laurence et Arizona pour leurs photos.

19/04/2026

🐾 Quel est le piège du Fawn chez les chiens traumatisés issus de l'étranger? 🐾

Adopter un chien issu de l’étranger implique de prendre en compte un vécu souvent marqué par l’insécurité, le manque de contrôle et des expériences répétées d'adaptation. Ces chiens n’arrivent pas “neutres”. Leur comportement est le reflet de ce qu’ils ont dû mettre en place pour survivre. Parmi ces stratégies, le Fawn est fréquent, mais encore largement méconnu.

🟦 Les réponses au stress et le corps

Face à une situation perçue comme menaçante, le corps active automatiquement des réponses de survie. Ces réponses ont été décrites notamment par Pete Walker.

👉 Le Fight correspond à l’affrontement.
👉 Le Flight correspond à la fuite.
👉 Le Freeze correspond au figement.
👉 Le Fawn correspond à l’adaptation à l’autre pour éviter le conflit.

Ces réactions ne sont pas réfléchies. Elles sont pilotées par le système nerveux autonome, c’est-à-dire la partie du corps qui gère automatiquement les états de stress et de sécurité. Le chien ne choisit pas de réagir ainsi, son organisme s’adapte pour se protéger.

🟦 Le piège du chien “parfait” et "sans problème

Le Fawn donne souvent l’image d’un chien facile. Calme, discret, tolérant, il semble s’adapter rapidement à son nouvel environnement.
Certains chiens vont même suivre leurs adoptants partout dès les premiers jours, rechercher le contact, se montrer très proches, voire “collants”. Ce comportement est souvent interprété comme de l’attachement rapide, de la confiance ou une bonne socialisation 👉 C’est là que se situe le piège

Ce chien ne va pas forcément bien. Il s’adapte. Il anticipe. Il cherche à maintenir une proximité sécurisante pour éviter toute incertitude. Ce lien rapide n’est pas le signe d’un attachement construit mais celui d’une stratégie d’adaptation. Et c'est logique car il vient juste d'arriver dans un monde inconnu fait d'humains qui ont souvent été sources de danger dans sa vie passée.

L’absence de réaction ou l’hyper-proximité peuvent masquer une difficulté à exprimer un inconfort.

🟦 Une phase normale mais trompeuse

Chez les chiens issus de refuge ou de l’étranger, il existe presque toujours une première phase où le système de stress est activé. Le chien est en état d’alerte, même s’il ne le montre pas de manière visible.

Durant cette période, beaucoup de chiens utilisent des stratégies comme le Fawn pour s’adapter à leur nouvel environnement. Ils observent, encaissent, évitent le conflit, et peuvent même aller spontanément vers l’humain pour sécuriser la relation.

Puis, avec le temps et un début de sécurité, une seconde phase peut apparaître: la levée d’inhibition. Le chien commence alors à exprimer davantage ses émotions, ses inconforts ou ses besoins.

🟦 Quand le chien “change”

C’est souvent à ce moment-là que les adoptants ont le sentiment que leur chien change, régresse ou développe des problèmes.

👉 En réalité, le chien ne va pas plus mal. Il commence à aller suffisamment bien pour ne plus avoir besoin de s’inhiber autant. Il devient capable d’exprimer ce qu’il ressent, y compris ses limites.

Sans cette compréhension, cette phase est souvent mal vécue, car elle contredit l’image initiale du chien “facile” et proche.

🟦 Des signaux discrets mais importants

Même en Fawn, les chiens communiquent. Ils utilisent des signaux d'inconfort (détourner le regard, ralentir, se figer légèrement, lécher leurs babines, se secouer...) Ces signaux sont discret, mais essentiels. Lorsqu’ils ne sont pas vus ou respectés, le chien continue de s’adapter, et le stress s’accumule progressivement.

🟦 Ralentir pour sécuriser

Avec ces chiens, le rythme est fondamental. Aller trop vite, multiplier les stimulations ou les attentes peut renforcer cette adaptation forcée.

👉 Un environnement stable, prévisible et peu exigeant permet au système nerveux du chien de redescendre en pression. C’est dans cette sécurité que le chien pourra progressivement retrouver des comportements plus spontanés.

🟦 Redonner du contrôle

Permettre au chien de faire des choix est essentiel. Pouvoir s’éloigner, refuser une interaction ou simplement observer sans être sollicité aide à sortir de cette dynamique d’adaptation constante.

🐶 Conclusion

Le Fawn n’est pas un signe de facilité, ni l’indicateur d’un chien sans traumatisme. C’est une stratégie de survie.

Comprendre cela permet d’éviter un piège fréquent: aller trop vite parce que le chien semble bien ou très attaché. Tous les chiens issus de l’étranger passent par une phase d’adaptation où leur système de stress est mobilisé.

Le véritable objectif n’est pas d’avoir un chien qui s’adapte à tout, mais un chien qui se sent suffisamment en sécurité pour ne plus avoir besoin de s’effacer ou de se sur-adapter 🤍

👉 Avez-vous vécu cela avec votre chien sans le savoir?

14/04/2026

Nous sommes tactiles, le contact nous rassure, la douceur du poil ramène parfois à l'enfance, au lien réconfortant , on l'aime en le voyant.

Mais lui, le chien, ne fonctionne pas ainsi dans son comportement d'espèce. Il ne caresse pas ses congénères, il les sent .

En prenant l'odeur de l'autre il a accès à un monde d'analyse qui ne nous est même pas perceptible tant son sens de l'odorat est développé par rapport au nôtre.

Force est de constater que nous, humains, avons ce réflexe de caresser avant de demander un consentement.

Une femme, ou un homme, se balade dans un métro et un homme, ou une femme met sa main sur son épaule, sa cuisse . C'est un geste qui recevra potentiellement une claque car il aura été intrusif et non consenti , la loi même le réprimera.

Toucher le coros de l'autre sans son consentement créé un malaise .

Et il en est de même pour nos chiens 😊

N'hésitez pas à m'envoyer des vidéos sur ce sujet elles pourront être très intéressantes à travailler 😉

Christel - le chien simplement
Comportaliste canin éthique

France et étranger partout en visio
Présentiel Aisne /Laon

☎️ 0609381674
🔗 [email protected]

30/03/2026

🐾 Pourquoi le téléphone portable abîme la relation humain/chien? 🐾

Le téléphone portable fait partie de notre quotidien. Il nous suit partout, y compris dans nos moments avec notre chien. Pourtant, son utilisation, souvent banalisée, peut avoir des effets bien réels sur leur bien-être et sur la qualité de la relation que nous construisons avec eux.

🟦 Photographier son chien: une posture perçue comme inconfortable.

Prendre une photo ou filmer son chien est souvent un geste spontané. On veut garder une trace, capturer un moment. Mais du point de vue du chien, la situation est toute autre.

👉 Lorsque vous utilisez votre téléphone, vous vous immobilisez. Votre posture devient fixe, votre regard se pose directement sur lui de manière soutenue. Le tout avec cet objet noir, étrange pour lui, dans votre main. Dans le langage canin, cela peut être perçu comme une forme de pression/d'agression.

Beaucoup de chiens vont alors manifester un inconfort: ils détournent la tête, se lèchent les babines, clignent des yeux, se figent ou s’éloignent... Ces comportements sont des signaux d’apaisement qui permettent au chien d’exprimer qu’il n’est pas à l’aise dans cette interaction.

Chez certains chiens, notamment ceux ayant vécu des situations de survie, de l’errance ou venant de l’étranger, cette posture peut être encore plus difficile à supporter. Leur vigilance est souvent plus élevée, et ce type d’interaction peut renforcer un sentiment d’insécurité.

👉 Derrière une simple photo, il peut donc y avoir un vrai malaise pour le chien.

🟦 Le téléphone en balade est une déconnexion et un manque de sécurité.

La promenade est un moment essentiel pour le chien. C’est un temps d’exploration, mais aussi un moment de lien et d'interaction avec son humain.

Lorsque vous êtes absorbé par votre téléphone, votre attention n’est plus disponible. Vous perdez le contact avec votre chien, vous ne voyez plus ses signaux, ses hésitations, ses besoins. Le chien, lui, ressent cette absence. Il peut se retrouver sans repère, sans accompagnement. Cela peut générer de l’insécurité ou favoriser certains comportement inadaptés, simplement parce que vous n’êtes plus pleinement présent.

Il y a également un enjeu de sécurité. Une interaction avec un autre chien, un humain, un vélo ou un élément inhabituel peut nécessiter votre intervention rapide. Si vous regardez votre écran, vous ne voyez pas les signaux monter, vous ne pouvez pas anticiper.

👉 La promenade perd alors de sa qualité et de sa fonction relationnelle.

🟦 Revenir à l’essentiel et être présent pour son chien.

Nos chiens n’ont pas besoin d’être filmés pour exister dans notre vie. Ils ont besoin de présence, de compréhension et de sécurité. Être avec son chien, c’est être disponible. C’est observer, ajuster, accompagner. C’est partager un moment réel, sans distraction.

Utiliser son téléphone n’est pas un problème en soi. Mais savoir quand le poser fait toute la différence.
Parce que ce que votre chien attend, ce n’est pas d’être capturé en image.C’est d’être réellement rencontré et considéré 🤍

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