30/05/2026
Le loup détruirait le travail des éleveurs ? Et les abattoirs, alors ?
On nous explique que le loup “détruit le travail des éleveurs”, comme si la vie d’un animal d’élevage avait pour seule menace la prédation sauvage.
Mais dans l’immense majorité des cas, ces mêmes animaux finissent à l’abattoir, non pas par accident, mais parce que le système d’élevage est organisé ainsi.
Alors soyons cohérents : ce n’est pas la mort de l’animal qui dérange certains responsables politiques. Ce qui dérange, c’est que cette mort échappe parfois au contrôle économique humain.
Le loup tue pour se nourrir. L’abattoir tue par organisation industrielle.
Et pourtant, on présente le premier comme un monstre, tandis que le second reste soigneusement absent du discours.
Oui, les éleveurs ont besoin d’aide pour protéger leurs troupeaux. Oui, la protection doit être financée, accompagnée et sérieusement mise en place. Mais utiliser la souffrance animale uniquement quand elle sert à justifier l’élimination du loup, c’est une manipulation.
Le vrai courage politique, ce n’est pas de désigner le loup comme bouc émissaire.
C’est d’assumer la complexité : protéger les troupeaux, soutenir les éleveurs, respecter la biodiversité, et arrêter de faire croire que tuer toujours plus de loups réglera les problèmes d’un modèle agricole déjà en crise.