19/12/2024
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Si je devais te dire comment je vais, je te dirais que cette année semble infinie, bien plus longue que les jours que j’ose compter. Je te confierais que j’ai ce nœud au creux de l’estomac depuis janvier, un poids invisible, et ces larmes qui brûlent, refusant de tomber une bonne fois pour toutes, préférant revenir encore et encore.
Si je devais te le dire, vraiment, je t’avouerais que j’ai été profondément déçu. Et si j’avais la force de m’écarter un peu de ma douleur, je te révélerais même par qui — par ceux en qui je croyais le plus. Depuis, la confiance a perdu son éclat, son évidence. Elle n’a plus le même goût. Je te dirais que j’ai peur, une peur viscérale, incontrôlable. Chaque jour, je me demande si ce n’est pas le dernier. Pas seulement pour moi, mais pour ceux que j’aime, ceux qui remplissent mes jours de leur présence fragile.
Si je devais te dire comment je vais, je te dirais que je porte une tristesse sourde, une mélancolie qui m’enlace. Et il y a des jours où mes forces vacillent, sans raison apparente, comme si le poids du monde devenait soudain insupportable. Je te dirais que j’ai besoin d’un câlin, mais pas n’importe lequel. Un de ces câlins qui te réparent, qui te serrent si fort que tu oublies tout le reste. Un de ceux dont tu ne veux jamais te détacher. Je te dirais qu’il y a des sourires qui s’éteignent avant même d’être esquissés, et d’autres qui flottent dans l’air, absents. Certains matins, le soleil se lève, mais je ne le ressens pas.
Si je devais me confier, je te dirais que je réfléchis bien trop, sans répit, et qu’il m’arrive de vouloir éteindre cette machine à pensées, juste pour quelques instants de silence intérieur. Je te dirais qu’il m’arrive de trembler, même quand l’air n’est pas froid. Et qu’il existe des cicatrices, invisibles, qui refusent de guérir malgré le temps qui passe.
Mais si je devais tout te dire, je te dirais aussi qu’il y a, au fond de moi, une flamme qui ne s’éteint pas. Une lueur d’espoir qui persiste, envers et contre tout. Et même si on essaie de me l’arracher, je m’accroche, car il reste toujours une force discrète qui me murmure que les belles choses, celles qui comptent vraiment, finissent toujours par peser plus lourd que les ombres.
Anna Grivalda.