Theriogenologie bovine

Theriogenologie bovine Partage de connaissances, d'expériences, de questions et de suggestions en Thériogenologie et santé mammaire bovine Enjoy it

Bonjour à toutes et tous
Le temps passe mais les bonnes idées restent. Admis à la retraite en septembre 2017, j'ai décidé néanmoins et avec plaisir de poursuivre la transmission d'informations aux passionnés de reproduction et santé mammaire des ruminants.A bientôt donc pour d'autres aventures.

LE POIDS (330 KG) PLUS QUE L’AGE (10 A 13 MOIS) POUR DECIDER D’INSEMINER LES GENISSES HOLSTEIN Référence : Lean AKG et a...
08/08/2026

LE POIDS (330 KG) PLUS QUE L’AGE (10 A 13 MOIS) POUR DECIDER D’INSEMINER LES GENISSES HOLSTEIN

Référence : Lean AKG et al. Age at first breeding in Holstein dairy cattle: Effects on age at first calving,
production, dystocia, health and reproduction in primiparous heifers. J. Dairy Sci. 2026.
En 20 ans aux USA le % de génisses Holstein ou Jersey accouchant à 22 mois a été multiplié par quatre. On le sait, une réduction de l’âge du premier vêlage s’accompagne davantage d’effets positifs (réduction des gaz à effet de serre et de l’intervalle entre génération, augmentation de la longévité et des performances de reproduction…) que négatifs (dystocies, augmentation de la mortalité néonatale, diminution de la production aitière en 1ère lactation…).
Cette étude australienne a été réalisée dans 5 exploitations sur 477 génisses Holstein mises à la reproduction une fois atteint le poids minimal de 330 kg et réparties en deux groupes selon la durée de la période d’attente (PA) : < (n=249) ou > 13 mois (n=228). En voici les principales caractéristiques générales :
• Poids lors de la 1ère IA : 370 ± 45.8 kg ( 13 mois : 394 ± 39.3 kg)
• Etat corporel moyen : 3.17 ± 0.26
• PA : 399 ± 43.6 jours (52 % < 13 mois et 48 % > 13 mois)
• Poids moyen 1 mois avant le vêlage : 598 ± 64.2 kg
• Gain de poids moyen : 0.79 ± 0.18 kg
• Age moyen au vêlage : 707 ± 56.1 jours (30 % < 22 mois ; 41 % 22 à 24 mois et 29 % > 24 mois)
• % de génisses ayant accouché : 92 %
• % de dystocies : 2,3 %
• Production laitière moyenne en 305 j (Lactation 1) : 7789 ± 3794 kg

La durée de la PA (13 mois) n’a pas d’effet significatif sur (1) le gain quotidien moyen entre le moment de l’insémination et le mois précédant le vêlage (0.83 ± 0.16 kg vs 0.76 ± 0.19 kg), (2) le score corporel lors de l’insémination, (3) le poids avant le vêlage (595 ± 67.1 vs 602 ± 61.1 kg), (4) le % de dystocies, (5) la période d’attente des primipares (74 vs 73 jours) (6) le temps nécessaire à l’obtention d’une gestation des primipares (95 vs 93,5 jours), (7) le nombre d’inséminations par gestation (2.11 ± 1.70 vs 2.13 ± 1.88), (8) le risque de réforme chez les génisses, (9) la production laitière en 305 jours (8808 ± 2758 vs 8687 ± 2915 kg), (10) les % de MG et de protéines. On note que par augmentation d’un kg du poids lors de l’insémination, la production laitière en 305 jours augmente significativement de 9,7 L.
L’allongement de la PA s’accompagne (1) d’une augmentation du % de mortalité néonatale (n=11 vs n=9), (2) d’une réduction des traitements des primipares, (3) d’une réduction du % de primipares gestantes (73 vs 83 %) et (4) une augmentation du risque de réforme des primipares.
Au vu de ces résultats, on peut continuer à se demander pourquoi la réduction de la période d’attente et donc celle de l’âge du premier vêlage n’intéresse pas davantage les éleveurs et … les vétérinaires.

QUEL EST LE DIAMETRE OPTIMAL DU FOLLICULE AU MOMENT DE L’INSEMINATION ? Référence : Keskin A. The effect of ovulatory fo...
01/08/2026

QUEL EST LE DIAMETRE OPTIMAL DU FOLLICULE AU MOMENT DE L’INSEMINATION ?

Référence : Keskin A. The effect of ovulatory follicle size at the time of insemination on pregnancy rate in lactating dairy cows. Turk J Vet Anim Sci (2016) 40: 68-74.

Chez la vache, un follicule dominant est susceptible d’ovuler spontanément ou sous l’effet d’une GnRH à partir du moment ou son diamètre est supérieur à 10 mm. Cependant pour diverses raisons, la fertilité dépend de ce diamètre. Ainsi la synthèse d’oestradiol et les manifestations d’oestrus sont proportionnelles au diamètre du follicule. L’oestradiol influence également la migration des spermatozoïdes et de l’embryon. A contrario, la compétence de l’ovocyte est moindre quand la durée de croissance du follicule et donc son diamètre se trouve allongée. Par ailleurs, la synthèse de progestérone après l’ovulation est fonction du diamètre folliculaire.
Les auteurs de l’étude ont mesuré par échographie, le diamètre de 1428 follicules de vaches laitières (9880 Kg en 305 jours) au moment d’une insémination réalisée systématiquement après divers protocoles de synchronisation de type Ovsynch. Ils en ont analysé les effets sur les % de gestation à 31 et 62 jours (voir figures jointes).
Compte tenu de ces résultats seriez-vous prêt.es à vérifier par échographie la présence et le diamètre du follicule et l’absence de corps jaune de diamètre >10 mm lors de l’insémination ?

TOUT SAVOIR (OU PRESQUE) SUR LE TRAITEMENT DES INFECTIONS UTERINES  (Deuxième partie)Référence : Kasimanickam R. et al. ...
25/07/2026

TOUT SAVOIR (OU PRESQUE) SUR LE TRAITEMENT DES INFECTIONS UTERINES (Deuxième partie)

Référence : Kasimanickam R. et al. From Infection to Infertility: Diagnostic, Therapeutic, and Molecular Perspectives on Postpartum Metritis and Endometritis in Dairy Cows. Animals 2025, 15, 2841.

MAIS QUE CHOISIR POUR TRAITER UNE INFECTION UTERINE ?
La métrite puerpérale et/ou clinique
• L’administration intra-utérine d’AB (tetracycline, céphapirine) a une efficacité limitée compte tenu du milieur purulent, d’un pH modifié et d’une atteinte limitée de l’endomètre.
• Un traitement par voie générale au moyen d’AB (ceftiofur 2.2 mg/kg IM /24h durant 5 jours) et/ou d’AINS contribue à réduire davantage la fièvre et/ou l’anorexie que les symptômes locaux. Il pose le double problème de la difficulté d’obtention d’une concentration optimale au niveau de l’endomètre et celui de l’antibiorésistance. Il ne résoud pas nécessairement le problème de l’inflammation au niveau moléculaire et à moyen terme ne se traduit pas nécessairement par une amélioration de la fertilité.

L’endométrite clinique
• En cas de présence d’un corps jaune, la PGF2α constitue le traitement prioritaire.
• On ne traite pas une endométrite clinique (ou subclinique) par voie générale.
• La cephapirine demeure l’AB de choix pour un traitement intrautérin. Le recours à une instillation d’isobetadine mériterait davantage évaluée (NDLR)
• L’injection prophylactique de ceftiofur n’est pas une pratique recommandable.

Au nombre des facteurs limitants les effets de l’antibiothérapie sur les infections utérines, on peut noter
• La difficulté d’obtention de concentrations inhibitrices minimales (CIM) au niveau utérin. Pour rappel la MIC50 (μg/mL) de l’oxytetracyline est de 1 contre E.coli et de 16 contr T.pyogenes. Celle de la cephapirine est respectivement de 4 et de 0.06 et celle du ceftiofur de 0.5 et 0.06.
• La présence du contenu utérin qui limite la diffusion de l’antibiotique
• Les critères de choix d’un antibiotique et les régulations locales y afférentes
• L’augmentation de l’antibiorésistance
• La formation par les bactéries de biofilms, ces barrières physiques et biochimiques qui les protègent des antibiotiques et en entraînent la persistance au niveau de l’endomètre

A-T-ON DES RAISONS D’ESPERER ?

• Ne négligeons pas l’effet de la PGF2α en cas de présence d’un corps jaune.
• L’administration d’acetylcystéine en irrigation intra-utérine semble intéressante compte tenu de son effet mucolytique susceptible de rompre la matrice des biofilms.
• La complémentation en omega3 en Se et en vitamine E ne doit pas être négligée.
• L’amélioration du score corporel est de nature à réduire la durée des effets inflammatoires.
• N’hésitez pas à consulter les alternatives thérapeutiques compilées par Lima en 2020.

TOUT SAVOIR (OU PRESQUE) SUR LES INFECTIONS UTERINES (Première partie)Référence : Kasimanickam R. et al. From Infection ...
18/07/2026

TOUT SAVOIR (OU PRESQUE) SUR LES INFECTIONS UTERINES (Première partie)

Référence : Kasimanickam R. et al. From Infection to Infertility: Diagnostic, Therapeutic, and Molecular Perspectives on Postpartum Metritis and Endometritis in Dairy Cows. Animals 2025, 15, 2841.

SAVOIR DE QUOI ON PARLE (Christian Hanzen) : voir figure jointe

S’INTERESSER AUX INFECTIONS UTERINES : UNE OBLIGATION ECONOMIQUE
D’une étude de simulation bio-économique d’une ferme de 200 vaches laitières aux Pays-Bas, il résulte que les coûts moyens d’une métrite et d’une endométrite sont en moyenne respectivement de 257 et 146 Euros (Wicaksono et al. 2025).

FACTEURS DE RISQUE ET CONSEQUENCES D’UNE INFECTION UTERINE
• Dystocie → lésions du tractus génital, → contamination augmentée par des germes
• Rétention placentaire : ↑contamination augmentée par des germes
• Gémellité : ↑dystocie et rétention placentaire → ↑contamination augmentée par des germes
• Hypocalcémie clinique (< 60 mg/L ou < 1,5 mmol/L) ou subclinique (< 80 mg/L et < 2 mmol/L) : → : ↑ rétention placentaire, ↑déplacement caillette et ↓ immunité (neutrophiles)
• BEN : ↑ cétose clinique (BHB ≥ 3 mmol/L) et subclinique (0,3 à 2,9 mmol/L), → : ↓ immunité (neutrophiles).
• Déplacement caillette : ↓ ingestion alimentaire : → ↑ BEN
• Dysbiose : prédominance de Trueperella pyogenes, Escherichia coli, Prevotella melaninogenicus, Fusobacterium necrophorum et Bovine Herpesvirus 4.

INFECTIONS UTERINES ET REPRODUCTION
L’infection entraîne
• une réaction inflammatoire et donc notamment la synthèse de cytokines qui contribuent à inhiber celle de la LH. Il en résulte une réduction de la croissance folliculaire et de l’anoestrus. La période d’attente se trouve allongée (> 60 – 90 jours).
• un re**rd d’involution utérine

MAIS QUE CHOISIR POUR FAIRE LE DIAGNOSTIC D’UNE ENDOMETRITE CLINIQUE (EC) OU SUBCLINIQUE (ESC) ?
Chaque méthode se caractérise par sa sensibilité (capacité à détecter la présence d’une infection : le % exprime le % de vrais positifs) et sa spécificité (capacité à détecter l’absence d’une infection : le % exprime le % de vrais négatifs) sur base de la présence ou non d’une gestation au cours d’une péiode plus ou moins longue du postpartum (VIF 120 à 150 jours selon les études).
Les méthodes sont en général plus aptes à confirmer l’absence que la présence d’une infection utérine. Leur choix implique la prise en compte de leur practicabilité. A ce titre, la vaginoscopie garde tout son intérêt.

LES (C) OMIQUES SONT-ILS L’AVENIR EN MATIERE DE DIAGNOSTIC ?
Par « omiques » (ou omics en anglais), il faut entendre les disciplines biologiques qui visent à analyser de manière globale et quantitative l'ensemble des molécules d'un système biologique (gènes, protéines, métabolites). On parle donc plus spécifiquement de génomique, de protéomique, de métabolomique.
La protéomique se consacre à l’étude du protéome et de ses interactions avec le milieu utérin. Ces études concernnet également les exosomes sont de minuscules vésicules extracellulaires sécrétées par les cellules, agissant comme des messagers biologiques essentiels pour la communication cellulaire et la régénération tissulaire. Citons à titre d’exemple des ces protéines les acute-phase proteins, les métalloprotéinases ou encore la lactotransferrine.
La métabolomique a permis d’identifier au niveau du mucus vaginal plus de 400 métabolites et leurs différences de concentration entre des vaches saines et infectées, ces dernières présentant par exemple une augmentation des marqueurs de l’inflammation, une diminution de la concentration d’acides aminés comme l’arginine et la glutamine ou encore une modification de la concentration en glucose, en acides gras à courte chaîne et en pyruvate.
La transcriptomique étudie l'ensemble des ARN (le transcriptome) produits lors de la transcription du génome. Elle permet de mesurer l'expression des gènes codants et non-codants (miARN) dans une cellule ou un tissu à un moment donné. Les micro ARN (miARN) régulent l'expression des gènes après leur transcription et régulent donc celle des protéines. Ils constituent à ce titre de réels biomarqueurs.
Ainsi une étude a-t-elle observé une différence de la régulation de ces miARN chez des vaches saines et infectées.
Ces diverses méthodes laissent entrevoir la possibilité d’une détection plus précoce des infections utérines mais aussi une meilleure compréhension de leur pathogénie.

LA REPRODUCTION DE L‘ESPECE BOVINE EST-ELLE EFFICACE ?Je vous invite à méditer sur les indicateurs d’efficacité proposés...
15/07/2026

LA REPRODUCTION DE L‘ESPECE BOVINE EST-ELLE EFFICACE ?

Je vous invite à méditer sur les indicateurs d’efficacité proposés par l’Institut de l’élevage en octobre 2025 à partir des performances de vaches de différentes races laitières décédées en 2024. Il reste du chemin à faire pour allonger leur longévité…

AVOIR UN POIDS SUR L’ESTOMAC N’EST PAS INUTILERéférence Hajnal E. Applicability of Rumen Bolus Sensors in Sustainable Pr...
11/07/2026

AVOIR UN POIDS SUR L’ESTOMAC N’EST PAS INUTILE

Référence Hajnal E. Applicability of Rumen Bolus Sensors in Sustainable Precision Livestock Farming. AgriEngineering 2026.

En 2025, pas moins de 800 publications ont été consacrées à l’utilisation des bolus intrarumenaux.
Typiquement, un bolus ruménal aussi appelé réticulo-ruménal car certains sont placés dans le réseau est équipé d’un thermomètre, d’un accéléromètre (capteur de mouvement pour détecter les chocs, les vibrations, l'inclinaison et la vitesse d'un objet, d’un animal, d’un organe) d’un pHmètre, d’un système de mesure des gaz (méthane). Il dispose également d’un système de stockage et de transmission des données. Il est équipé également d’une batterie qui en permet le fonctionnement durant 5 années. Une solution serait d’en permettre le rechargement durant la traite ou à partir des gaz produits par le rumen. Selon les cas, le bolus est également équipé de systèmes d’analyse des données (IA).
L’analyse de la température est relativement complexe puisque les gaz en augmentent la température de 1 à 2°C et que l’ingestion d’aliments ou d’eau la diminue. Il en résulte une interprétation plus difficile de la température corporelle.
L’accéléromètre permet d’observer les contractions du rumen ou du réseau. Il pourrait permettre également d’évaluer la fréquence cardiaque ou respiratoire voir d’identifier le début de l’accouchement et de l’oestrus.
Le recours à des bolus pose le double problème de leur récupération à l’abattoir et de l’impact environnemental de leur fabrication.
Le bolus ruménal s’inscrit pleinement dans le contrôle des divers paramètres de stress (température corporelle, ingestion d’aliments et d’eau, fréquences cardiaque et respiratoire, comportement de couchage ou de déplacement) et donc de la productivité de l’animal et de son impact environnemental surtout s’il est intégré à d’autres capteurs environnementaux ou de mesure de la qualité et de la quantité de la production laitière.
Diverses recherches visent par ailleurs à équiper le bolus d’un système de quantification du méthane produit. Cette innovation permettrait de mieux mesurer l’impact des innovations visant à en réduire la production par les ruminants celle-ci étant estimée à 28 % de la production totale de méthane.
L’utilisation de capteurs pose le problème de la récupération des données de manière continue surtout quand les vaches sont au pâturage et même si elles rentrent à l’étable deux fois par jour pour la traite. On envisage l’installation de stations de récupération des données à proximité des points d’eau ou encore l’utilisation de drones.

SmaXtec Rumen Bolus : Health, reproduction, feeding (https://smaxtec.com/us/ )
Moonsyst Smart Rumen Bolus : Heat detection, health & reproduction alerts (https://moonsyst.com/bolus )
LoRaWAN Rumen Bio-Cap-sules (HKT Lora) : Cattle health & heat detection : https://www.hktlora.com/product/lorawan-rumen-bio-capsules/
Xbolus RBS (Rosimits / Xbolus) : Health monitoring & early detection
LoRaWAN Smart Rumen Bolus (HKT Tech, CB10) : Advanced cattle herd monitoring
WellCow Rumen pH Bolus : Rumen health, acidosis detection : https://wellcow.co.uk/bolus/
ANB Sensors Rumen pH Bolus : Rumen pH monitoring : https://www.anbsensors.com/rumen-bolus-ph-sensor/

Efficient health, reproduction and feeding management for dairy farms - thanks to smaXtec bolus technology & professional support.

UN STRESS THERMIQUE EN FIN DE GESTATION HYPOTHEQUE LA CROISSANCE ET LE DEVELOPPEMENT MAMMAIRE DES VEAUX FEMELLES Référen...
04/07/2026

UN STRESS THERMIQUE EN FIN DE GESTATION HYPOTHEQUE LA CROISSANCE ET LE DEVELOPPEMENT MAMMAIRE DES VEAUX FEMELLES

Référence : Davidson BD et al. Utero heat stress compromises whole-body growth and mammary development from postweaning through puberty. J. Dairy Sci. 2025. https://doi.org/10.3168/jds.2025-26458.

Le stress thermique induit une réduction de l’afflux sanguin au niveau utérin. Il en résulte des altérations placentaires, une réduction du poids des veaux à la naissance et une absorption moindre des immunoglobulines. Il est également de natre à induire des altérations épigénétiques réduisant la fonction de divers organes (surénales, thymus, glande thyroïde, glande ammaire, cœur, ovaires, reins). On sait par ailleurs, le rôle permissif joué par les hormones ovariennes sur le développement mammaire au moment de la puberté.
COMMET ONT-ILS FAIT ?
Les auteurs de l’étude ont comparé les effets du stress thermique sur la croissance, le développement ovarien et le développement mammaire. Pour ce faire les mères (génisses de race Holstein) d’un premier groupe de veaux (n=19) ont été exposées à un stress thermique (THI 75 à 83) durant les deux mois précédant le vêlage. Le second groupe (n=21) ont été exposée au même stress thermique mais ont bénéficiés de mesures (ventilation forcée et non pas naturelle, pulvérisateurs d’eau) visant à en réduire significativement les effets sur la fréquence respiratoire (77.4 vs. 53.5 ± 0.6) et a température cutanée (36.0 vs. 34.1 ± 0.05°C). Des mesures mensuelles du développement corporel et mammaire ont été effectuées. Un suivi hormonal hebdomadaire a été mis en place à partir du 7ème mois. Un suivi hormonal et échographique a été réalisé au cours de l’oestrus et du metoestrus induit à 12 mois par un protocole de synchronisation. Après leur naissance, les veaux femelles ont été élevées (vaccination, alimentation, hébergement …) de manière identique.

LEURS OBSERVATIONS
Le stress thermique induit une réduction du poids des génisses à 3 mois (105.8 vs. 116.1 ± 4.1 kg), à 7 mois (221.7 vs. 235.4 ± 4.1 kg) et à 8 mois (250.2 vs. 262.3 ± 4.1 kg). Il s’accompagne également d’une réduction de la taille au garrot, aux hanches, du périètre thoracique et du diamètre de la tête.
Le gain quotidien moyen a été comparable mais à 9 mois d’âge il fut supérieur si les mères ont été exposées à un stress thermique (1.00 vs. 0.86 ± 0.05 kg/j).
L’exposition à un stress thermique entraîne notamment une réduction de la longueur des trayons (25.5 vs. 28.3 ± 0.6 mm). La distribution des différentes cellules mammaires est également différente.
Lors de l’oestrus induit, la concentration en oestadiol est moindre si la génisse a été exposée in utero un stress thermique. Par ailleurs, on observe une réduction du diamètre (13.5 vs. 15.5 ±0.6 mm) et du volume (6,170.4 vs. 10,506.0 ±617.7 mm3). Le diamètre (22.2 vs. 26.9 ± 0.7 mm) et le voluime (6,170.4 vs. 10,506.0 ± 617.7 mm3) du corps jaune qui se développe est également moindre.

PARLONS-EN
On le sait, du sevrage à la puberté, le développement mammaire est de type allométrique, son développement est différent du reste du corps. Ce développement peut être altéré par une exposition à un stress thermique durant la gestation mais dépendre également de la concentration en oestrogènes et à leurs récepteurs au niveau des cellules épithéliales et des adipocytes lors de la puberté.
Les changements climatiques observés nous invitent à savoir prendre les mesures qui s’imposent aux vaches en fin de gestation pour en éviter les conséquences possibles sur la production laitière de leur descendance. Je vous invite pour en savoir plus à lire les 4 articles consacrés au stress thermique, publiés récemment dans la R***e d’Elevage et de Médecine Vétérinaire Tropicale.

EN REPRODUCTION, UN AVORTEMENT EST TOUJOURS UN ECHEC. MAIS QUELLES EN SONT LES CONSEQUENCES ECONOMIQUES ET DE PRODUCTION...
27/06/2026

EN REPRODUCTION, UN AVORTEMENT EST TOUJOURS UN ECHEC. MAIS QUELLES EN SONT LES CONSEQUENCES ECONOMIQUES ET DE PRODUCTION ?
Référence : Vindas-van der Wielen E. et al. Productive and reproductive losses associated with abortion in specialized dairy cattle from Costa Rica. J. Dairy Sci. 2025, 108:5287–5295. https://doi.org/10.3168/jds.2024-25283

L’étude concerne 953.181 lactations de 322.873 vaches de 1.133 troupeaux laitiers (Holstein, Jersey et croisés) du Costa-Rica de 2010 à 2022. Les toupeaux ont fait l’objet d’un suivi mensuel de reproduction impliquant notamment un constat de gestation 35 à 60 jours et 4 à 7 mois après l’insémination.
Par avortement, il faut entendre une interruption observée de gestation entre le 42ème et le 260ème jour de gestation ou supposée si après une confirmation de gestation l’animal a eu une nouvelle insémination suivie d’une nouvelle confirmation de gestation.
Le % total d’avortements a été de 6 %, 36 % ont été observé après 42 à 120 jours de gestation et 64 % entre 120 et 260 jours.
Un avortement se traduit lors de la période du postpartum suivante par une augmentation (0.72) du nombre d’inséminations et du temps (15 jours) nécessaires à l’obtention d’une nouvelle gestation. Ces effets sont plus importants si l’avortement a été précoce.
Un avortement réduit de 123 jours la durée de vie productive totale (intervalle entre le 1er vêlage et la réforme) et de 18 jours la durée moyenne d’une lactation. Il a également un effet négatif sur la production de lait lors de la lactation suivant l’avortement et la production totale.
Les effets observés sont influencés par la race, le numéro de lactation et la zone d’étude.
Il serait intéressant de réaliser ce type d’étude dans des contextes de production laitière plus élevée, la moyenne des élevages observés étant relativement faible (4023 à 5053 kg).

Pour elles,  la vie de laitière va commencer. Prenons en soin.
20/06/2026

Pour elles, la vie de laitière va commencer. Prenons en soin.

Glissades – conflits – blessures – boiteries – stress d’adaptation 1. Risque principal La primipare découvre simultanément : lactation, traite/robot, logettes, ration VL, béton, hiérarchie sociale et forte compétition. Elle est plus petite, dominée, moins rapide à manger et plus sen...

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