17/08/2026
La qualité du foin conditionne la ration de votre cheval !
Pour ceux qui ont déjà fait appel à mes services, vous savez que ma visite inclut d'office une analyse de foin.
Beaucoup m'ont déjà demandé pourquoi, ou ont souhaité retirer cet élément de ma prestation, disant qu'un "foin, c'est un foin". Mais non !
L'expérience m'a démontré que ma démarche était bonne, car je suis régulièrement confrontée à des résultats "surprises" des foins. Un déséquilibre parfois important est mis en évidence et explique certains problèmes de santé du cheval ou augmente fortement le risque d'apparition ultérieure de certains problèmes.
Autre "argument" qui m'a souvent été avancé : "un foin ça change tout le temps". Oui et non. En conditions d'entretien de prairie et de fauche égales, j'ai pu constater que les valeurs nutritives des foins restaient similaires ou conservaient une tendance claire au fil des ans. Les changements surviennent quand on change quelque chose dans l'entretien, ou quand nous sommes confrontés à des conditions météo extrêmes qui n'ont pas été anticipées. J'insiste sur le "pas anticipé".
J'observe qu'avec les changements météorologiques réguliers de ces dernières années, il ne faut plus vraiment se fier au calendrier pour récolter son foin, mais plutôt au stade de croissance de l'herbe.
En 2024, année très pluvieuse, la majorité des foins ont été récoltés trop tard ou ont été lessivés par les pluies. Durant l'hiver qui a suivi, j'ai été contactée pour de très nombreux chevaux (ou écuries !) qui maigrissaient et pour lesquels il m'était impossible d'établir une ration en raison des carences parfois très sévères présentes dans le foin. Ceci en plus de la présence élevée de mycotoxines qui ont causé quelques cas d'ulcères gastriques et des problèmes de foie.
En 2025, situation inverse, la grande majorité des foins étaient explosés en sucres. Résultat : l'hiver suivant, beaucoup de cas de surpoids (voire d'obésité) et de fourbures, uniquement à cause du foin !
Et nous voici en août 2026, où je commence à compiler les premières analyses de cette année. Certains ont été prévoyants et ont récolté leur foin fin mai-début juin. J'observe que ces foins sont de bonne qualité, même s'ils présentent un taux de sucres généralement légèrement au-dessus de la moyenne, tout en restant plutôt raisonnables. Par contre, pour les foins récoltés fin juin-début juillet, c'est un tout autre constat : la majorité sont très chargés en sucres et fortement carencés en protéines et minéraux. Il s'agit pour moi du pire profil nutritionnel, et je commence à enchaîner les rations "impossibles à équilibrer". C'est très frustrant pour moi et surtout pour le propriétaire, qui se retrouve sans solution ! On doit alors se contenter d'un "à peu près".
Il y a les grandes tendances, et il y a toujours des exceptions bien sûr.
Mais donc oui, l'analyse de foin a toute son importance et je continuerai à la mettre en avant !