26/05/2026
Nous allons aborder un sujet qui va faire grincer des dents, nous en sommes conscients mais, nous nous focalisons sur le bien-être animal.. et les événements récents survenus lors de la marche Sainte Rolende doivent faire réagir.
À Cerfontaine aussi, la question se pose..
Chez nous, dans l’Entre-Sambre-et-Meuse, les marches folkloriques font partie du paysage, de la mémoire et de l’identité locale. À Cerfontaine, comme ailleurs, on connaît l’importance de ces traditions, notamment la marche du 15 août.
Mais ce respect du folklore ne devrait pas empêcher de poser une question simple : à quel moment la tradition devient-elle trop risquée pour les animaux ?
L’actualité de Gerpinnes rappelle que le sujet n’est pas théorique. Lors de la Sainte-Rolende, un cheval de marche est mort après une décharge à Hymiée, et un autre a foncé au galop dans la foule après une perte de contrôle. Ce ne sont pas des détails anodins.
Quand un animal meurt ou met des personnes en danger dans un contexte censé célébrer une tradition, il faut accepter d’ouvrir le débat sur les conditions de participation des chevaux.
Le problème est d’autant plus sérieux que ces événements se déroulent souvent dans des conditions difficiles. Le bruit des tambours, les décharges, la foule, l’agitation, et parfois une chaleur écrasante, comme ce fut le cas avec près de 29 degrés, créent un environnement éprouvant pour les animaux.
Les chevaux ne sont ni des symboles ni des accessoires de folklore : ce sont des êtres sensibles, qui peuvent être effrayés, épuisés, blessés, ou paniqués.
À Cerfontaine comme dans le reste de l’Entre-Sambre-et-Meuse, les marches font partie d’un patrimoine vivant. Mais un patrimoine vivant doit pouvoir évoluer.
Si les feux d’artifice sont aujourd’hui contestés pour leur impact sur le bien-être animal, pourquoi certaines pratiques des marches folkloriques ne seraient-elles pas, elles aussi, réexaminées avec lucidité ?
L’enjeu n’est pas de supprimer une tradition pour le plaisir de la critique. L’enjeu est de se demander si certaines habitudes restent défendables quand elles exposent les animaux à la peur, à la souffrance ou au danger.
Les accidents de Gerpinnes montrent qu’il est temps d’en parler sans détour.
Le folklore a une valeur. Le bien-être animal aussi. Les deux devraient pouvoir coexister, mais pas au prix du silence face aux risques.